Trop-plein de listes bretonnes aux européennes ?

-- Politique --

Point de vue
Par Christian Rogel

Publié le 21/04/14 16:05 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

En Bretagne, le gong pour le départ de la campagne électorale pour les européennes du 25 mai a retenti : la manifestation pour la réunification de la Bretagne qui a eu lieu, avec succès, à Nantes, le 19 avril. Le succès s'est autant mesuré en terme de participants (près de 10 000) que de l'unanimité montrée par des représentants des partis parlementaires (minoritaires dans leur formation, il faut le préciser), en plein accord avec les formations bretonnes, sur la nécessité de réunifier la Bretagne pour en faire une région forte de l'Europe (voir notre article), (voir notre article) et (voir notre article).

La Bretagne est noyée dans une énorme circonscription ouestienne

La circonscription Ouest retenue par le gouvernement pour la Bretagne, comprend les 5 départements qui la composent, plus le Poitou-Charente et les Pays-de-la Loire non bretons, soit 13 départements. 9 députés européens y sont désignés, parmi les 74 que la France envoie à Strasbourg. La population bretonne y représente environ 52,50% de la population de la circonscription (4,5 millions d'habitants sur 8,6 millions).

Les chances de l'élection d'un député issu d'une petite formation, par rapport aux partis parlementaires « vus à la télé » sont donc déjà mathématiquement très faibles, mais, elles sont proches de l'infiniment petit, lorsque plusieurs listes voulant occuper le créneau de la bretonnité s'y bousculent. C'est ce qui va arriver, car, rééditer le score de la liste présentée aux régionales en 2010 par Christian Troadec (Mouvement Bretagne Progrès et Parti Breton (voir notre article)) apparaît comme presque impossible. Elle n'avait pourtant pas atteint les 5% de voix requis pour le remboursement par l'État des frais de campagne (elle les a manqué de peu).

Tous Bretons, donc, voulant tous être sur le pont

On peut tenir pour très probable que Christian Troadec, le seul homme politique breton, avec Jean-Yves Le Drian, qui bénéficie d'une aura médiatique dans la presse parisienne, relancera sa liste avec le Parti Breton ou Breizh Europa ou les deux (si c'est humainement possible). Il devra « ramer » pour essayer d'éviter que sa liste soit trop strictement référée au mouvement des « Bonnets rouges », dont il est l'un des porte-paroles, mais, pas le stratège et, encore moins le gourou. Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », qui n'est pas intéressé par les compétitions électorales, y veillera. Cela devrait l'obliger à retarder au plus tard possible son entrée officielle dans la compétition.

L'Union démocratique bretonne a décidé de lancer sa liste en solo, bien qu'elle ait proposé à Troadec une humiliante troisième place et il n'y a qu'eux qui n'ont pas compris, compte tenu du comportement habituel du Carhaisien, que la proposition valait même pas le papier sur laquelle elle était écrite (voir notre article). Une troisième liste sera annoncée le 23 avril et réunira divers partenaires, « des modérés qui pensent Bretagne » selon la formule d'« En avant Bretagne » qui veut créer un label électoral et non pas un parti, mais ils seraient Troadec compatible. Elle aurait pu être aussi UDB compatible, si celle-ci avait mis en accord son discours devenu modéré et son positionnement.

Les« Bonnets rouges », pas sur la scène, mais, toujours sous les projecteurs

Sauf, miracle, chacune des listes risque de ne pouvoir atteindre les 5%, sauf, peut-être, la liste de Christian Troadec, qui ne jouera pas dans la même division. Le plus piquant est que toutes les listes bretonnes, quelles qu'elles soient, seront prises comme outil de mesure de l'influence du mouvement des« Bonnets rouges », qui comme à Nantes, n'aura pas besoin d'organiser les choses pour en être.

Christian Rogel

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