Travelling 2020. Beyrouth à l'honneur

-- Festivals --

Reportage photos
Par Agnieszka Misiura

Publié le 25/02/20 0:32 -- mis à jour le 25/02/20 08:19

La 31e édition du festival de cinéma Travelling vient de s'achever, il a eu lieu du 11 au 18 février à Rennes et alentours.

Ce festival, comme d'habitude, était très riche en événements : des films pour publics adulte et jeune, des ciné-concerts, urba-cinés en compétition, courts à l'ouest, des films élus par le public et des expositions.

Depuis des années, c'est un festival accessible aux personnes handicapées. il y eut aussi un ciné-concert pour les personnes hospitalisées.

Cette année, la ville à l'honneur était Beyrouth qui fête les 30 ans de la fin d'une guerre civile qui a duré 15 ans.

C'est aussi le centenaire de la création du Grand Liban.

Cette influence historique s'est révélée dans l'excellent film  L'Insulte  de Ziad Doueri.

La guerre a laissé des traces inoubliables dans la vie de deux hommes, l'un chrétien et l'autre réfugié palestinien. Quand leur destin se croise, une simple insulte les conduit devant le tribunal.

Les vieilles histoires sortent de l'ombre. Leur conflit devient une affaire d'Etat...

Dans Seule avec la guerre de Danielle Arbid, une des réalisatrices libanaises les plus connues, on interroge les habitants au début des années 2000 sur la question de la guerre. Elle tombe sur un mur de silence. Les gens veulent oublier. Les seules qui n'oublient jamais sont les mères qui attendent en vain leurs fils disparus depuis 15 ans...

En ville, il n'y a même pas une statue en hommage aux civils assassinés. Un guide a voulu montrer les places de batailles mais il fallait payer.....

Le plus dramatique sont les confidences des anciens soldats : l'un qui s'est battu sous l'influence des médicaments et l'autre qui se sent uniquement bien sur le lieu des batailles.

C'est un grand documentaire qu'il fallait voir.

Le film d'ouverture 1982 d'Oualid Mouaness a représenté le Liban à la cérémonie des Oscars 2020 dans la catégorie du meilleur film étranger.

C'est l'histoire de la première amourette de Wissan qui est fasciné par une camarade de classe.

Beyrouth est séparé entre ouest et est. Lors du dernier jour d'école, il décide de lui montrer ses sentiments. Malheureusement, des bombardements détruisent ses projets mais il sauve la vie de sa bien aimée.

C'est un film très poétique et tendre.

Le film cherche des distributeurs en France.

On a pu voir un portrait très sombre de la génération née après la guerre dans One of these days de Nadim Tabet.

Ces jeunes prennent de la drogue, ils boivent, changent facilement de partenaire.

Ils prennent les manifestations qui les entourent comme des occasions de sortir.

Ils sont inconsistants politiquement et concentrés sur eux...

Mais ils commencent très vite à en payer le prix.

« Ciné-concerts

« Travelling » à également présenté d'excellents ciné-concerts créés pour l'occasion.

Le très attendu Häxan a fasciné son public.

Ce film muet, suédois, traitait de la sorcellerie au Moyen âge.

Réalisé en 1922 par Benjamin Christensen, il fut censuré à l'époque.

Le metteur en scène a voulu faire un film féministe car, en dernière partie, il montre « les sorcières » du début du XXe siècle. C'était souvent des femmes célibataires envoyées par leurs familles dans des cliniques car elles était trop frigides. La sorcière n'était pas forcément une femme qui a conclu un pacte avec le diable mais plutôt une femme trop intelligente, qui était en avance sur son temps ou qui connaissait trop des choses sur la vie. Ce film pose la question de qui sont les sorcières du XXIe siècle ?

Pour l'occasion la musique électronique a été composée par Bardi Johannsson

Pour les fans de Gus van Sant, il y avait un ciné-concert de son film Gerry

Après des longues négociations, l'artiste rennais Ô Lake ( Sylvain Texier) a eu l'autorisation de réaliser cette performance.

La musique hallucino-dérangeante a habillé cette odyssée dans le désert.

Sylvain Texier a créé une ambiance rappelant Angelo Bandalementi dans la série « Twin Peaks »

Très belle expérience.

A l'Opéra était également diffusé le ciné-concert Dark Star avec la musique de Ropoporose.

C'est le film de fin d'étude de John Carpenter, tourné en 1974.

Un vaisseau spatial a la mission de détruire les planètes autour du système solaire, mais les problèmes s'accumulent .

Ce film à petit budget, avec des effet spéciaux très rudimentaires, reste un bon commencement, une parodie du genre.

Les dialogues prennent beaucoup de place et il n'en reste pas beaucoup aux musiciens pour placer leurs morceaux.

Avant- premières

Parmi les avant-premières qui ont été présentées, il y avait ce film féministe Une mère incroyable du réalisateur colombien Franco Lolli.

Le film est sorti en salles en France cette semaine.

C'est l'histoire de Sylvia, une mère célibataire qui est confrontée à la maladie de sa mère. Cette dernière est au stade terminal d'un cancer et a refusé une nouvelle chimiothérapie. En plus Sylvia est accusée de corruption dans son travail. Son seul espoir dans la vie est un amour trouvé par hasard mais sa mère n'accepte pas l'homme de sa fille. Les relations sont très tendues.

D'après le réalisateur On ne peut pas choisir qui a raison, il faut s'identifier à tous les personnages.

C'est un film autobiographique. j'ai fait ce film car j'ai été élevé par des femmes

Le rôle de la mère est joué par la propre mère de Franco Lolli.

Avec Mes jours de gloire, Antoine de Bary s'impose comme un nouveau talent de la comédie dramatique. C'est le premier long métrage de ce jeune réalisateur. Une dose d'humour est garantie même dans le scènes plus dramatiques. Il sort mercredi prochain, le 26 février.

Le personnage principal, Adrien, joué par un formidable Vincent Lacoste, approche de la trentaine et est immature dans plusieurs domaines. Durant son adolescence, il joué dans des films mais dans sa vie adulte, il reste sans travail et retourne dans la maison familiale. Le réalisateur a voulu montrer comment ce saut à l'age adulte peut être délicat. On a le système des comparaisons, des notes depuis notre plus jeune âge, la vitrine de la vie sur les réseaux sociaux. Pour les plus fragiles, ça peut finir tragiquement, comme pour Adrien, mais on peut toujours se révéler.

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Journaliste-photographe ABP pour Rennes
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