-- Patrimoine --

Sur le chemin des Pardons

Bernard Rio sur ARTE
Bernard Rio sur ARTE

La Bretagne est le pays des pardons. Chaque année, les Bretons se rassemblent autour des milliers de chapelles qui maillent le paysage. Ils y célèbrent des saints dotés de pouvoirs mystérieux et se prêtent à des rites ancestraux : procession autour du sanctuaire, baiser des reliques, accolement des statues, ablution aux fontaines, embrasement des bûchers, joutes et danses...

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Ces manifestations de la piété populaire ont évolué au fil des siècles : aux pardons équestres se sont ajoutés ceux des motards ou des tracteurs, tandis que le pardon des surfeurs représente une version contemporaine du pardon de la mer.

Bernard Rio, qui y assiste depuis de nombreuses années, a accompagné cette évolution. Il a également emprunté les routes de pèlerinage qui connaissent une renaissance spectaculaire. De Locronan à Sainte- Anne-d'Auray, sur les chemins de Saint-Jacques ou du Tro Breiz, il restitue d'un style alerte l'âme de cette Bretagne intérieure et nous incite à le suivre.

Bernard Rio est journaliste et écrivain. Après plusieurs années d'enquête sur le terrain à suivre et étudier l'évolution des pardons bretons, il leur a consacré un premier ouvrage en 2006, (éditions Le Télégramme), puis un second en 2007 (Rando éditions), et un troisième en 2015 (éditions Le Passeur). C'est en véritable précurseur qu'il s'est intéressé à ce phénomène, religieux et populaire, unique au monde. Ses travaux ont notamment été repris par une ethnologue de l'université Waseda de Tokio.

En 2018, le Conseil culturel de Bretagne et l'association Bretagne Culture diversité ont entamé une procédure pour inscrire les pardons bretons au patrimoine immatériel de l'Unesco. Un recensement des pardons et pèlerinages est en cours en Bretagne, en partenariat avec les commissions diocésaines.

Auteur d'une soixantaine d'ouvrages, Bernard Rio a publié Voyage dans l'au-delà : les Bretons et la mort (2013), un Guide du Tro Breiz (2014), Pèlerins sur les chemins du Tro Breiz (2016), Le livre des saints bretons (2016, nouvelle édition revue et augmentée en 2018), Sur les chemins de France (2017) et Sur les chemins des pèlerinages en France en 2018.

La chaine Arte diffusera aujourd'hui vendredi 5 avril à 16h30 dans l'émission invitation au voyage un reportage d'Anne Loussouarn tourné à Landévennec cet hiver, où l'auteur parle des saints bretons.

SUR LES CHEMINS DES PARDONS ET PÈLERINAGES DE BRETAGNE est une réédition augmentée en particulier, Saint Columban y fait son entrée.

Prix TTC : 19,90 €

ISBN : 978-2-7373-8002-0

Editions OUEST-FRANCE

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la rédaction de l'ABP

Vos commentaires :

Naon-e-dad
Samedi 6 avril 2019

"ces manifestations de piété populaire".

Je me souviens être entré en relation avec un jeune chercheur japonais - que j'avais repéré non seulement à son visage, mais aussi au livre japonais, sur les pardons bretons précisément, qu'il tenait en main. Cela se passait au pardon de Lannedern / Lan Edern (Penn-ar-Bed), il y a quelques années. Ce pardon, assurément très authentique l'intriguait et/ou l'intéressait. S'ensuivirent quelques échanges mail. C’est cela la mondialisation : la rencontre de personnes de cultures différentes.

Ce jour-là, je me souviens aussi de l’impression, tout à fait singulière, ressentie en passant sous le reliquaire d’Edern au moment d’entrer dans l’Eglise. Dévotion ? Appelons cela comme l’on veut. Mais les humains (qu’ils soient défunts ou encore immergés dans la très provisoire situation terrestre) ont quelque chose en commun. Appelons le « présent » ou « éternité », qu’importe, ces désignations sémantiques n’enlèvent rien à la réalité. Alors que l’on soit de ce côté-ci de la matière (accessible à l’investigation scientifique) ou de l’autre côté du rideau (inaccessible, impensable même pour certains, quoi que approchable pour d’autres parfois, fut-ce à travers la piété populaire mais pas seulement. La Foi, spécialement chrétienne, est aussi affaire de raison n’en déplaise aux contradicteurs), quelle que soit sa position dans l’ «ici » ou dans l’ «au-delà », les Pardons bretons n’ont rien de folkloriques, ni rien qui appelle un regard goguenard. Dans l’idéal ils sont ou peuvent être de formidables moments d’interfaces, entre ceux d’aujourd’hui et nos prédécesseurs d’hier, dans une société continuée. A travers le chaînage des siècles. Ce qui, en Bretagne, en fait l’originalité, parmi d’autres propositions dites religieuses.

La piété, mystérieuse, expérimentale, échappant au risque du cléricalisme, peut enseigner beaucoup, de façon parfois imprévue. Elle est l’apanage de grands mystiques au long de l’Histoire. Très démocratiquement, il est légitime qu’elle puisse être offerte à quiconque, c’est-à-dire au peuple. A toutes les époques.

Edern, et les autres, vous tous les saints bretons, voyageurs qui nous avez précédés sur cette belle terre d’Armorique, qui parfois recevez les sarcasmes à peine voilés des matérialistes - ces grands ignorants - d’aujourd’hui, merci à vous pour ce que vous avez été et que vous continuez d’être, en nos jours incertains. Salutations de part et d’autre du rideau provisoire de la matière. Salud deoc’h-c’hwi Edern hag ar reoù all. Que continuent encore longtemps, ces pardons, fragiles miracles dans nos sociétés distraites. Ra gendalc’ho ar pardonioù-se, ha pa vefent dister a-wechoù, gant ma chomfent liv ar wirionez warne, ha digarezioù evit ar Feiz d’en em ziskouez, d’en em kanañ, d’en em lâred...

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