SonElena, Ballades e Breizh. Nolwenn Monjarret, chant, Philippe Le Gallou, guitare

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Musique de Culture et Celtie
Porte-parole: Gérard Simon

Publié le 23/09/11 10:46 -- mis à jour le 00/00/00 00:00
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pochette

Distribué par Coop Breizh, un bien joli disque nous est, il y a quelques temps déjà, parvenu.

Paru en juillet 2011, nous ne souhaitions vous le faire découvrir que bien après la logique vague annuelle des toniques et estivales « offres » de musique bretonne, tant cet opus, « griffé » Nolwenn Monjarret et Philippe Le Gallou est beau !


Limpide, reposant, harmonieux, serein, profond et si joliment chanté et joué, « Son Elena – Ballades e Breizh » (la chanson d'Hélène – Ballades en Bretagne) est le double titre de cet album de 13 pièces, dont 11 chantées en breton, sont intelligemment transcrites en français dans le pédagogique livret de 24 pages qui accompagne ces belles plages musicales. Deux traditionnels, « J'avais un amant pour époux » et « Ne pleurez pas les jeunes filles du bourg » sont chantés en français. Ils ont été recueillis, en 1951 et 1952 par Zaïg et Polig Monjarret !

Monjarret ?… Monjarret ?… Oui, évidemment, ce nom claque au vent de l'ouest comme le Gwenn ha Du !

Il s'agit bien du père de Nolwenn, « Général des binious » comme le baptise Gilles Servat dans son très émouvant hommage qui figure, en envoi, sur son sublime album « Sous le ciel de cuivre et d'eau » et de la mère, figure majeure dans les années 50, du célèbre label breton « Mouez Breizh » !

Nolwenn qui, de sa très suave et grave voix, chante, ici, son premier CD est l'une des trois filles de ces deux figures incontournables de la culture bretonne.

Épousant avec créativité l'expression vocale de la chanteuse, le guitariste Philippe Le Gallou qui signe les arrangements des morceaux choisis par Nolwenn nous propose, également, en césure médiane du programme, un instrumental de sa composition : « March for Robin ».

« Ballades en Bretagne »… nous pourrions, tout aussi bien, orthographier ce premier vocable : « Balades » puisque ces 50 minutes de notes et de mots nous proposent une véritable promenade, très personnelle, superbement ressentie, au sein d'un répertoire traditionnel, dans les années 50, collecté ou interprété par les parents de la chanteuse.

Les musiciens invités, le sonneur et talabarder, Ronan Le Dissez, ici, à la flûte traversière… en bois et Pierre Sergent, bassiste et contrebassiste de jazz, salsa ou musique irlandaise, sur cet enregistrement, à la contrebasse, enjolivent avec talent et tact cette randonnée sur les sentiers des souvenirs, allant de terroirs en terroirs.

Les thèmes abordés sont aussi traditionnels et enracinés que l'on puisse le souhaiter pour ce style d'album.

Ils racontent des ambiances et des us de naguère qui font, aussi, par de petites histoires… la grande histoire de la Bretagne : un bouquet de noces, une promenade dans les rues de Langonnet, des

rencontres houleuses à la fontaine, un pommier abattu… de Poher en Cornouaille, du Vannetais au Pays Fisel, en passant par le Centre Bretagne, les clochers semblent défiler sous les ailes de l'aérienne et douce voix de Nolwenn Monjarret.

Il est très difficile de vous extraire de ce disque ce que nous avons, particulièrement, aimé, mais il faut bien, dans un temps compté, vous présenter, en écoute, après cet article, une petite sélection, la plus représentative possible, de cette fresque de ballades traditionnelles.

Nous avons, donc, choisi :

- « Pa oan me o pourmen », un traditionnel arrangé par Philippe Le Gallou où, sur cet air de marche de la Cornouaille morbihannaise (Gourin, Langonnet - une pensée pour Stivell des années 70 et pour Claude BESSON qui, à Kerouze, y sculpte, toujours ses magnifiques chansons boisées) tous les acteurs de cet enregistrement sont présents au chant, à la guitare, aux flûtes traversières en bois et à la contrabasse.

- « Margaridig », traditionnel vannetais recueilli par Zaïg et Polig Monjarret et chanté, a cappella, par Nolwenn. Ce titre met en valeur la voix profonde et veloutée de l'artiste qui reprend cette mélodie chantée, en 1956, par sa mère.

- « J'avais un amant pour époux », chant vannetais, également, recueilli par Zaïg et Polig Monjarret et chanté, sur cette plage, en Français sur les magnifiques spires guitarisitiques de Philippe Le Gallou.

Ce disque, humble, respectueux et précautionneux, notamment, quant à ses approches linguistiques,est fécond, documenté, précis, ciselé, enrichissant… enthousiasmant !

Que l'on aime le kan ha diskan, la musique de bagad ou le rock breton, on peut aussi énormément apprécier ce « fondamental » à inclure, impérativement, dans sa « discothèque armoricaine »... mais surtout prendre tout le temps de l'écouter et de le ré-écouter si l'on aime, profondément, la Bretagne, toute la Bretagne et ses interprètes, comme ceux-ci, d'exception !


Gérard SIMON

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