En nous définissant comme une organisation qui lutte pour un «Homerule» en faveur de la population bretonne, cela va de soi que nous n'acceptons pas la partition qui nous a été imposée sans consultation aucune des habitants de la Loire-Atlantique pas plus d'ailleurs que celle des habitants des quatre autres départements.

Depuis 65 ans que dure cet état de fait, nous remarquons au passage qu'aucun des gouvernements au pouvoir à Paris - de droite ou de gauche - n'a voulu remettre en cause ce dictat d'un régime pourtant considéré depuis comme une parenthèse dans l'histoire de la République française.

On en conclut que, dans «certains cas», les décisions prises par le régime de Pétain, puisqu'il s'agit de lui, sont non seulement acceptables mais même justes pour la Ve République parce qu'elles visent un but essentiel : affaiblir considérablement la Bretagne en la privant non seulement d'une partie de son histoire mais aussi son potentiel économique. Et c'est bien sur ce dernier point qu'il nous faut focaliser la lutte car c'est ce qui conditionne l'avenir. C'est pourquoi nous ne voulons pas entendre parler de «Bretagne historique» qui fait trop référence au passé pour mieux nous enterrer, nous parlons de Bretagne intégrale qui évoque une Bretagne dont la surface, les poids démographique et économique, et par conséquent la capacité globale de lutte, conduiront à mettre en place une forme de représentation politique en résonance avec les nécessités de notre temps. Il faut pouvoir concilier des impératifs apparemment contradictoires: garder cohésion sociale et identité tout en étant acteur d'un monde globalisé. C'est là une démocratie juste.

Si beaucoup sont d'accord avec le but à atteindre, le problème reste entier quant à la méthode pour y arriver. Il semble bien que jusqu'ici on se soit trop contenté de slogans appuyés à intervalles plus ou moins longs de «manifs» répétitives faisant office de grand-messe. Certains trouveront peut être iconoclaste de mettre en doute les méthodes du CUAB, devenu et c'est un progrès sémantique «Bretagne Réunie», il n'empêche, cet organisme ne s'est pas assez penché sur un «modus operandi» clair pour éclairer les militants engagés dans ce combat.

Erreur aussi d'avoir, par une vision erronée d'un risque de noyautage fantasmatique, accepté la règle d'écarter les formations politiques bretonnes en tant que telles alors que les plus sérieuses et les plus solides d'entre elles ont toujours dans la pratique été à la pointe du combat.

Erreur encore de localiser, la plupart du temps, les démonstrations en Loire-Atlantique. Pourquoi ne pas aussi se rappeler au bon souvenir des autres 3 millions de Bretons ? Les dirigeants de Bretagne Réunie ont-ils aussi bien pesé ce qu'implique un référendum : un travail de préparation intense et aussi la mise en place d'une logistique capable de contrer la propagande de la machine étatique ?

Pourquoi, sans attendre 2008, ne saisissent-ils pas l'occasion des élections présidentielles de 2007 pour faire de la Réunification un enjeu du scrutin au niveau de la Bretagne intégrale ? C'est sur tous ces points que nous voulions nous entretenir avec le président et son staff. Or à notre grand désappointement, nous n'avons reçu à ce jour aucune réponse à nos 3 courriers ! Devons-nous en conclure que le combat pour la réunification doit rester une cause digne seulement des «happy-few» ? Nous voulons encore espérer qu'il ne s'agit que de malentendus et que cette fois-ci le dialogue se nouera.

Sans attendre, nous donnerons ici notre point de vue en quelques lignes directrices :

1. Sur le fond : la population bretonne dans son ensemble doit se sentir concernée. Pour ce faire, une offensive auprès des médias des 4 autres départements s'impose avec «manifs» à l'appui.

2. Sur la forme : les formations qui le désirent retrouveront leur place en tant que telles au sein des instances de Bretagne Réunie. Bretagne Réunie doit se manifester de façon plus énergique, donc plus «visible» auprès des directions d'organismes régionaux localisées à Rennes.

3. Bretagne Réunie doit entrainer les élus des 5 départements signataires de la charte sur la Réunification à se constituer en Assemblée des Élus de Bretagne comme l'ont fait les Élus du Pays Basque nord et sud. La commission mixte étendra sa compétence aux questions économiques et européennes.

4. Demande doit être faite aux principaux candidats aux Présidentielles d'inscrire la Réunification dans leurs programmes.

Unis par l'histoire, l'économie, le cœur...et notre volonté.

Emglev Kevredel Breizh - Alliance Fédéraliste Bretonne

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