Réunification de la Bretagne : il faut de la pression, toujours de la pression, encore de la pression

-- La réunification --

Reportage
Par Didier Lefebvre

Publié le 15/05/14 9:50 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'optimisme peut être mauvais conseiller, qui tendrait à faire croire que les choses avancent dans la tête de nos gouvernants. Aussi à croire que Auxiette, et son attitude ridicule et pitoyable, est grillé auprès de ses amis parisiens. Bretagne Réunie (voir le site) et 44=Breizh (voir le site) l'ont bien compris, qui ont invité les militants de la Réunification à faire un pique-nique devant le Conseil régional de PdL (1) mardi 13 mai à midi (voir notre article) et (voir notre article) pour les comptes rendus de ce rassemblement.

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13 mai 2014 - Rassemblement devant le Conseil régional des PdL.

Environ 150 personnes ont pu dégager du temps pour venir, un midi, en semaine. Ceci n'est pas facile, car le bâtiment est situé à l'extrême est de l'Île. C'est simple, c'est l'endroit de l'Île le plus éloigné de la région (administrative) Bretagne.

L'argent, il y en a, en PdL. Déjà le bâtiment, en son temps, faisait jaser, tant son prix était élevé. C'était le joujou des baronnets locaux, baronnets et baron (du RPR), puisque le premier président était Olivier Guichard.

Prouver qu'on existe

Dès lors que l'on a son bâtiment, on continue de dépenser son argent (enfin, ce n'est pas son argent, c'est le vôtre. Ben oui, PdL n'existant pas, et n'ayant jamais existé, contrairement à sa fière et belle voisine administrative (je parle de celle à son nord-ouest), il faut faire croire qu'elle existe.

Vous savez, pour que quelque chose existe, il lui faut une image. Et bâtir sur du vent, ça coûte !!! Trois logos en 16 ans, et personne n'a pensé à mettre une hermine sur un seul !!! C'est plutôt ballot (notez quand même qu'ils n'ont heureusement pas changé de bâtiment au même rythme).

Maintenir sa baronnie

« Bon, on a son bâtiment, son image. Qu'est ce qu'on fait, maint'nant ? » disent-ils. Vous allez rire, mais je ne sais pas (2). Mais je sais ce qu'ils ne font pas. Il ne faut surtout pas que quiconque se rappelle que la Loire-Atlantique est bretonne. Surtout pas. Alors on dénigre les Bretons, on casse près 1.200 ans d'histoire. Pétain avait amputé la Bretagne, eux, ils cherchent à faire disparaître le membre amputé. Quand nous, nous voulons le recoller. Pourquoi ? Une fois enlevée la Loire-Atlantique, que reste-t-il de leurs PdL ? Rien ! La baronnie disparaîtrait. Holala ! Alors, on n'hésite pas à se ridiculiser, ramant contre vents et marées, contre l'air du temps. Pour rester. Pour garder son joujou. Ça doit rapporter, dites donc !

Une région qui serait belle : la région du Val de Loire

J'écoute Christian Troadec (3), grand militant de la réunification (voir notre article), sur tous les media. Oui, son discours est convaincant quand il parle de la Bretagne. Il était présent mardi, et l'a redit avec conviction. Mais il devrait aussi vanter les mérites de la belle région que serait le Val de Loire. Elle irait de l'est d'Orléans à l'ouest d'Angers, avec la Loire en épine dorsale et tous les châteaux de la Loire. Trois villes majeures, en n'omettant pas d'ajouter Tours aux deux villes citées plus haut. Tiens, ça me rappelle l'axe Brest-Rennes-Nantes. Elle aurait ses vignobles, aussi (et nous laisserait notre Muscadet). Elle aurait un sens auprès des Américains !!! (comme la Normandie réunifiée). Et chacun chez soi !!! Et peut-être nos amis des autres départements (Vendée exclue, car non concernée) adhéreraient plus facilement à la disparition de leur région ?

Le grand dessein de Hollande

Mais pourquoi MM. Hollande et Valls pourraient faire cette réunification ? Dans l'état où est le président dans l'opinion publique, et avec la veste qu'il va se prendre en 2017 s'il ne fait rien, c'est évident. Le coup d'éclat politique, en laissant son nom dans l'histoire avec la Simplification du mille-feuilles administratif. Durant la campagne de 2017, il se vantera d'avoir fait un grand pas. S'il n'est pas réélu, il lui sera facile de dire que c'est à cause de sa réforme qui a été incomprise. C'est tout. Il sortira la tête haute, disant que l'Histoire lui rendra son honneur bafoué.

Donc, il n'y aura pas de référendum, car il perdrait trop tôt...

Mais on n'a pas gagné pour autant

Hopala, pas trop d'optimisme. En effet, réforme il y aura, oui, Hollande ira jusqu'au bout. Mais méfions-nous quand même, il sait ce qu'il fera, lui. La pseudo concertation n'est qu'habillage. Mais nous, nous ne le savons pas. Il y a encore un risque qu'il nous fabrique un grand-ouest (sans majuscules) à offrir comme lot de consolation à son ami Jean-Marc. Méfiance, donc, et vigilance. Et la pression, ne la relâchons pas. Et nous voici de retour en début de cet article. « De la pression, toujours de la pression, encore de la pression... ».

Nous aurons d'autres moyens de nous faire entendre

Yann-Fañch Le Bihan conclut le rassemblement, après avoir constaté le refus d'Auxiette de recevoir une délégation de militants : « Nous aurons d'autres moyens de nous faire entendre ». Ça a le mérite d'être clair. Plus de 10.000 manifestants dans les rues de Nantes il y a peu, et le message n'est pas encore entendu. Au contraire, Auxiette joue dans la provocation en faisant voter un v½u à la noix (de la noix de voeu ?) contre la Réunification, mais pour une fusion. Perdu, on est encore là. Et on va savoir se faire entendre. Autrement s'il le faut.

On notera en conclusion que la police était en petit nombre, quelques cars, mais très discrète. Même un peu souriante : voir les photos.

Notes

(1) désolé, je ne sais pas écrire (ni prononcer) cette chose

(2) bon là, je suis de mauvaise foi

(3) Christian Troadec a raccroché son Bonnet rouge le temps de la campagne pour les élections européennes (voir notre article)

Voir aussi :
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