
L'article paru dans Ouest-france sur la débretonnisation de l'école Coat-Edern a permis au maire de Plouzane Yves Du Buit de ne pas répondre à nos interrogations légitimes et de nous caricaturer en nous traitant de "nationalistes" . Cela méritait une réaction de notre part. Surtout, cet exemple démontre une fois le plus le désintérêt de certains élus pour notre patrimoine breton.
KOUN BREIZH répond au maire de Plouzane
La réaction de M. Du Buit, Maire de Plouzane, dans l’article d’Ouest-France du 26 octobre, à notre interpellation sur la débretonnisation de l’école de Coat-Edern et celle de Kroas-Saliou à suivre, ainsi que pour l’ensemble de son œuvre puisque de nombreux lieux-dits en langue bretonne ont dégagé par les vertus de son adressage récent, mérite que l’on s’y attarde un peu.
Monsieur le Maire a refusé de répondre à Ouest-France aux questions que nous lui soumettions, pour botter en touche. Il prend soin de la langue bretonne, nous dit-il et nous traite de nationalistes obtus.
Que faut-il en déduire ?
Bien sûr, on est toujours libre de répondre ce que l’on souhaite dans une démocratie. On a même le droit de mentir ! Et pourtant le fonctionnement régulier d’une démocratie recommande aux élus de rendre des comptes aux citoyens, en répondant de manière claire et précise aux interpellations rarement illégitimes. C’est ce qui se passe au sein des démocraties affirmées.
Libre à Monsieur Du Buit de nous répondre qu’il prend soin de la langue bretonne, sans préciser ce qu’il a fait de concret. On aimerait juste comprendre comment peut-on à la fois se dire favorable à la langue bretonne et jeter de nombreux lieux-dits dans les poubelles de l’histoire alors que l’on se situe au niveau 2 de la charte Ya d’ar Brezhoneg. Nous regrettons aussi l’absence de réaction de Paul Molac à notre questionnement légitime.
Les Bretons que nous sommes, attachés à leur patrimoine, peuvent d’autant moins entendre le mépris de M. Du Buit qu’il lui était demandé de faire preuve d’une petite ouverture en associant Rosa bonheur au nom de l’école Coat-Edern. Même ça c’était trop lui demander !
Contrairement à ce que sa réponse laisse entendre, Yves Du Buit n’est pas libre de tout faire dans sa commune. Il a des comptes à rendre au peuple breton qui tient à son patrimoine immatériel.
Pour ne pas répondre à une question gênante, il est d’usage d’attaquer et de délégitimer celui qui la pose. C’est l’esprit du temps et c’est ce qu’il a fait ici en nous traitant de « nationaliste ».
Koun Breizh est une association patrimoniale, reconnue d’intérêt général par M. Le Préfet et qui s’efforce de défendre le patrimoine et la culture bretonne, dans des conditions parfois difficiles. Nous pourrions même ajouter qu’elle se sent parfois très seule.
Nous serions le bras armé du « nationalisme » breton ? Monsieur le Maire a-t-il cherché à se renseigner un peu sur ce que nous faisons depuis des années ? Tout est sur internet ! Le seul nationalisme que nous connaissons, il est français et se caractérise par sa dangerosité actuelle. Notre objet social est celui d’une association préoccupée par nos langues, notre culture et notre patrimoine. Il rappelle que rien n’est possible sans le respect des valeurs humanistes.
Et si nous évoquons le « peuple breton » c’est parce qu’il existe malgré les siècles de désinformation publique. Il existe suffisamment pour vous demander compte publiquement de la légèreté avec laquelle vous débretonnisez son patrimoine. En cela, nous sommes dans le droit fil de notre objet associatif.
Même si l’affaire est difficile, nous allons tenter de recenser l’ensemble des lieux-dits en langue bretonne que vous avez dégagés de l’adressage ou mis en adressage complémentaire, ce qui revient au même et nous irons vous les offrir symboliquement. Ce travail devrait être accompli par l’OPAB car le peuple breton est en droit de savoir.
Nous aimerions également pouvoir récupérer le panneau "école Koat-Edern" à titre symbolique, bien sûr, s'agissant d'un exemple de la débretonnisation actuelle, à l'attention des générations futures.
Nos élus sont des gens méritants. Mais beaucoup d’entre eux pratiquent encore cette curieuse manière d’aborder la langue bretonne. De beaux discours de salons sur les bienfaits de la diversité et dans la réalité, aucun effort digne de ce nom ou un désintérêt souverain.
Beaucoup ne voient aucun problème à débretonniser des noms de lieux pour des considérations techniques avancées ou de simples raisons de commodité.
Comment la Région, qui devrait se sentir concernée au premier chef, et qui contrôle Megalis en charge de la fibre -et qui pousse à la normalisation de l’adressage- n’a-t-elle pas posé immédiatement le principe du respect intégral de la toponymie en langue bretonne ? Les communes auraient suivi et ce sont les contraintes techniques qui auraient plié devant la langue bretonne et notre héritage le plus précieux !
Nous aurions évité un scandale breton. Car le pire dans cette histoire, c’est que ce sont les Bretons qui débretonnisent leur terre. Mais ça, il ne faut surtout pas le dire !
Pour Koun Breizh
Yvon Ollivier
Président
Commentaires (5)
Opprimer la langue bretonne, le cœur sur la main.
On va devoir devenir des légitimistes à défaut de nationalistes !
On va devoir devenir des légitimistes à défaut de nationalistes !
Mes dieux, serais-je le seul à ne pas avoir de pudeur de gazelle et à accepter d'être qualifié de « nationaliste breton » ?
Comment la commune de Plouzané peut-elle afficher un engagement dans la charte « Ya d'ar brezhoneg », alors que son maire piétine le patrimoine immatériel et linguistique de la Bretagne ?
Peut-on associer ce maire au jacobinisme ? Il ose faire croire qu'il participe à la défense du patrimoine breton sans aucune action concrète. Autant pour moi ! Pour se faire de la pub et peut-être passer sur une chaîne nationale, il a soutenu et promu la candidature de la pointe du Minou au Loto du Patrimoine (Stéphane Bern).