Régionales en PDL : la seule liste pro-réunification ''Choisir nos Régions et Réunifier la Bretagne'' entre en campagne

-- La réunification --

Reportage
Par Didier Lefebvre

Publié le 27/09/15 18:07 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Ce samedi 26 septembre, Gilles Denigot et Anne-Claire Quiviger, têtes de la seule liste pro-réunification en Loire-Atlantique, ont lancé leur campagne par une conférence de presse et une réunion publique devant un public de militants et sympathisants acquis et enthousiastes.

Tout aurait été parfait, si ce n'est le petit couac de la salle. Au dernier moment, pour des raisons que nous n'avons pas réussi à éclaircir, l'accès à la salle municipale à la Manufacture n'a pas été possible. Repli dans la salle de l'Auberge de la jeunesse proche, mais moins adaptée et plus petite.

Dès le début de la conférence de presse, Gilles Denigot, tête de liste montre sa détermination. « Notre campagne, nous la ferons contre vents et marées ». La liste qu'il conduit, avec Anne-Claire Quiviger, a plusieurs mérites. Le premier est dans les partis qui la soutiennent. Breizhistance, le Mouvement Bretagne et Progrès, l'Union Démocratique Bretonne et le parti Breton, soit les quatre principaux mouvements démocratiques bretons visibles en Loire-Atlantique.

Le second mérite est qu'elle sera présente dans les cinq départements de la région administrative PDL. D'où la première partie de son nom ''choisir sa région''.

Une liste présente dans les cinq départements... pays-de-loiriens

Loin de vouloir imposer une région pour les quatre autres départements, la liste invite à démanteler les PDL. Bon nombre de citoyens ne se reconnaissent pas dans cette région bidon PDL. Voter pour la liste ''choisir sa région'' leur permettra d'exprimer leur révolte devant le manque de cohérence de cette région. Si l'on pressent que les habitants du Maine-et-Loire (49) ont vocation à rejoindre à rejoindre une belle région du Val de Loire, libre aux habitants des autres départements de se construire leur choix. Les contacts ont déjà été pris, et suffisamment de relais y existent pour y monter cette liste dans les cinq départements. Un vivier de sympathisants bretons pourront éventuellement les rejoindre.

Nous sommes une liste de premier tour, pas de second tour

Gilles Denigot insiste pour dire que la liste est une liste de 1er tour. Aussi, dans tous les bureaux de vote des cinq départements, des bulletins seront déposés ; la propagande électorale s'effectuera normalement (affiches, professions de foi). Toutefois, précise lucide Gilles Denigot, « nous n'atteindrons pas 5 % au niveau de toute la région, plancher pour un remboursement des dépenses. Notre liste affiche bien son objet de démantèlement de la région PDL. Mais ne propose rien (voir plus haut) ».

Pour ce qui est de la Bretagne, l'objet est bien plus précis : la réunification. « Nous sommes la seule liste pro-réunification présente en Loire-Atlantique. D'ailleurs, en Bretagne administrative, les quatre principales listes devraient nous soutenir, qui toutes se revendiquent aussi pour la réunification ». Gilles Denigot constate que la problématique en B4 n'est pas la même qu'en Loire-Atlantique. « Là-bas, ils sont déjà en Bretagne administrative, ils peuvent donc se distinguer sur d'autres dossiers. C'est pour cela qu'ils n'ont pas d'union. En revanche, nous, nous ne sommes pas dans la région administrative. Et on veut tous y être. L'union est donc logique.

Les quatre mouvements (voir plus haut) ont fait appel à moi. J'étais d'accord pour figurer sur leur liste, mais il est vite apparu qu'il fallait que la tête de liste ne soit pas issue de l'un d'eux. Les regards se sont naturellement tournés vers moi, j'ai accepté dès lors qu'il y avait union ». Michel Beaupré, de l'UDB, confirme d'ailleurs que la démarche d'union remonte à la mi 2014. Notons que lors de la réunion, chacun des mouvements présents indique son cheminement pour arriver à cette liste d'union (Breizhistance n'avait pu se déplacer). Anne-Claire Quiviger, apolitique elle aussi comme Gilles Denigot, s'appliquant avec bonheur au même exercice de préciser la logique intellectuelle de son engagement dans cette liste.

Une campagne musclée

Plusieurs étapes vont jalonner la campagne d'ici le 6 décembre. Tout d'abord, le lancement du site (voir le site) et du compte facebook. « Déjà 1000 likes », jubile Denigot. Ensuite viendra le temps de recenser tous les soutiens. Le ''vivier''. C'est dans ce vivier que les candidats seront trouvés. Ce vivier comprend déjà 150 personnes, et beaucoup se sont déclarées officiellement. Les photos passent en boucle sur un écran durant la réunion. « Tout le monde peut nous soutenir, dès lors qu'il se reconnaît dans la charte » (voir le site) . Après viendra le temps de la recherche de financement. « L'ensemble du matériau de propagande reviendra à 40 000 Euros, puisque nous serons présents dans tous les bureaux, et dans toutes les boîtes aux lettres. ». Une campagne de financement participatif va donc être lancée.

Et la campagne ? « Musclée, elle sera musclée » nous prédit Denigot. « Nous serons très présents et nous aurons des actions visibles ». Et oui, quand on n'a pas un grand poids financier, il faut une présence médiatique. « D'ailleurs, » précisera Philippe Renaud, représentant le Parti Breton, « nous sommes face à des dépenses de propagande de cette région PDL très importants, et en hausse constante. Il suffit de voir cette dernière histoire d'hymne des PDL » (qui s'annonce être un nouveau flop gigantesque, ndla) (voir notre article) et (voir notre article). Denigot, toujours aussi enthousiaste, annonce « des actions spécifiques pour dénoncer le déni le démocratie ».

Une coopérative, une ruche

Une autre caractéristique de cette liste réside dans son côté participatif. Gilles Denigot la compare à une coopérative, où chacun apporte sa pierre. Ainsi, dans les échanges avec la salle, un sympathisant regrette la non-mise en valeur de la dimension culturelle (voir plus loin les cinq axes tels qu'ils sont définis actuellement). Tieri Jamet, le fameux éditeur (voir le site) , représentant ici le Mouvement Bretagne et Progrès, rappelle les engagements en faveur de la langue, mais tous notent que la remarque est pertinente est sera approfondie et intégrée. « Nous devons fonctionner comme des abeilles, comme des coopérateurs. D'ailleurs, dans cette salle, nous animons une réunion ; ce n'est pas un meeting. Le projet, nous allons l'élaborer en commun. C'est un travail collectif » reprend Gilles Denigot.

Les cinq axes

Tour à tour, Anne-Claire Quiviger et Gilles Denigot déclinent les cinq axes majeurs le campagne, et les échanges avec la salle sont nombreux.

1- Choisir notre région

2- La démocratie

3- Les questions économiques

4- Les questions environnementales

5- Choisir nos solidarités.

Pour le premier, Denigot note perfidement que et la droite, et la gauche ont voté la réforme territoriale qui est un acte anti-démocratique, il suffit de remarquer le manque de consultation d'une part, et le droit d'option qui n'est pas un droit mais une interdiction. Les choses sont verrouillées, le droit d'option est impossible à appliquer ! Il faut aussi en finir avec cette République centralisée !

Jean-Louis Jossic, bien que PS, a beaucoup de « sympathie » pour cette liste

Jean-Louis Jossic, présent dans la salle, intervient en précisant qu'il ne sera pas sur la liste, car il est membre du parti socialiste. En revanche, sur la question de la réforme territoriale, il juge que c'est un véritable scandale. « Une vaste fripouillerie ». Hors de lui, Jossic, dès lors que sa Bretagne est promise à rester amputée, continue à s'emporter : « En 2010, la gauche a frisé le grand chelem, en 2015, ce sera la droite. Si B4 peut espérer être la seule région restant à gauche (les travaux de Jean-Jacques Monnier dressent un portrait statistique démontrant la tendance), la droite peut l'emporter dans les PDL. Et Retailleau  » (tête de file LR pour les PDL, ndla) « est un chevènementiste de droite, un Dupont-Aignan. Un jacobin. Un anti-européen », termine-t-il, avant ce fameux proverbe (plus Argoat que Armor) : « C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses ».

De la Loire-Inférieure vers la Loire-Atlantique

Les questions économiques tournent autour de la mer, point commun, force et ciment des cinq départements bretons. Yves Laîné, dans une intervention très technique, rappelle à l'auditoire que la Loire Inférieure est devenue Loire-Atlantique en 1957, afin d'affirmer son ancrage à la mer, mais que peu après, le département était confirmé comme faisant partie des PDL, région éminemment tournée vers la terre, s'isolant ainsi des problématiques bretonnes.

Enfin, les axes environnementaux et de solidarité montrent combien, exemple du RSI à l'appui, une Bretagne à 5 serait au combien plus cohérente et performante.

Une délégation de Breizh Tobacco

En fin de réunion, la parole est donnée à Olier Anezo, salarié de la Seita, usine de Carquefou, en cours de liquidation. Il présente un projet de SCOP et s'insurge devant le comportement de Seita-International-Tobacco, qui préférerait mettre à la ferraille les machines plutôt que de les céder à la SCOP en cours de constitution. Un article sur ABP reviendra prochainement sur le projet d'Olier Anezo.

Le Muscadet, un vin en danger

Avec le verre de l'amitié, un Muscadet de chez Chon, producteur à Saint-Julien de Concelles, un militant du Comité de Promotion du Vignoble Nantais rappelle le livre d'Alan Coraud Sauvons le Muscadet d'une mort programmée de Alan Coraud (voir notre article).

J'avais cinq enfants

Rédigeant cet article, j'écoute Clarisse Lavanant dans sa bouleversante chanson « J'avais cinq enfants » (voir le site) . Elle était à Vannes la semaine dernière dans le cadre de Celti'Vannes (voir le site) , où elle a fait une prestation extraordinaire. Une seule chanson, écrite splendidement, résume mieux qu'un long discours, ce qu'est la douleur de l'amputation pour la Bretagne.

Notes :

- (voir notre article) : Régionales en 44 : la Bretagne se présente unie derrière Gilles Denigot

- (voir notre article) : Élections régionales : réunion publique à Nantes pour présenter la liste bretonne dans les Pays de Loire samedi 26 septembre à 14 h 30

- Citons l'article de Ouest-France sur cette réunion publique (voir le site)

Voir aussi :
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