Référendum sur le projet de NDL : un stratagème de plus de l’Etat pour ne pas assumer ses responsabilités !

-- Politique --

Communiqué de presse de Parti Breton
Porte-parole: Sébastien Girard

Publié le 17/02/16 19:05 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L’Etat qui à travers ses ministres successifs, administrations, préfets et nombre de ses élus est le concepteur (1966) de ce bébé mal formé dès la naissance, après l’avoir confié à un tuteur-exploiteur (Vinci en 2011), voudrait s’en débarrasser et le faire élever par des élus locaux serviles, avides, et quelque peu naïfs : Mr Chauty, entre autres, plusieurs fois maire et sénateur, déclarait, avec enthousiasme, en 1970, que Nantes allait devenir le Rotterdam aérien ! Quel visionnaire ! Il avait sans doute été ébloui comme tant d’autres, par les chiffres et les estimations habilement surévalués par les tenants du projet qui au fil du temps est passé du statut d’aéroport international a inter-régional puis a un simple transfert local (comme vient de le reconnaître implicitement B. Retailleau dans une diatribe supportrice –un lapsus sans doute !)

La réalité, est que 46 ans plus tard, 1650 ha de terres risquent d’être détruits alors que l’on nous rabat les oreilles avec les bienfaits de la COP 21, que plus d’une centaine d’emplois risquent d’être perdus alors que la priorité est parait-il l’emploi et la défense de l’agriculture.

La réalité c’est que, comme le conclue une étude du 10 septembre 2014 effectuée à la demande du préfet des Pays de Loire auprès de la direction régionale de l’environnement et de l’aménagement, l’allongement de la piste de Nantes Atlantique est envisageable sans aucun risque et moins préjudiciable qu’un transfert (le Canard enchaîné publie le 17/02/2016 les conclusions de l’enquête). Et curieusement aucune communication n’est faite sur la procédure d’infraction de la commission européenne envers la France pour non-respect des directives ratifiées.

Un tel projet (qui présente des risques considérables en termes de financement, de rentabilité et d’impacts divers) dans un état démocratique, aurait dû faire l’objet d’études concurrentes pour estimer son opportunité, son intérêt pour le citoyen-contribuable et d’éventuelles alternatives. Et les bonnes questions auraient dû être posées au vu des retentissants échecs de projets aéroportuaires qui se terminent en fiasco comme par exemple les aéroports de Ciudad real en Espagne, de Mirabel au Quebec, de Vatry dans la Marne et tout près de Nantes, de Angers-Marcé !

La réalité c’est que l’on ne dit pas aux Nantais et habitants de Loire-Atlantique que, en cas de transfert, ils devront supporter la charge financière de 2 aéroports, l’actuel au profit d’Airbus et le nouveau au profit de Vinci !

Un référendum local en France, c’est un comble pour un Etat qui depuis toujours s’oppose, réfute et invalide toute initiative consultative populaire et pour Mr Valls qui a fustigé (de quel droit ?) l’initiative de consultation populaire catalane. Quel tour de passe-passe va-t-il réaliser pour élaborer une question, à côté du vrai problème mais efficace en termes de manipulation, et déterminer le périmètre de son référendum ?

La Loire-Atlantique où l’on sait que Nantes, qui regroupe plus de la moitié des habitants est le fief historique du projet de transfert tellement supporté par JM Ayrault ?

Les Pays de la Loire dirigés par B Retailleau autre supporteur acharné ?

La Bretagne et les Pays de Loire, la Bretagne étant co-financière (on se demande bien pourquoi puisque la Loire- Atlantique lui a été enlevée) d’un projet désormais local ?

Le grand-ouest à définir (après-tout Poitiers est aussi proche que Quimper et plus proche que Brest).

Ce énième épisode rocambolesque dans « l’affaire » Notre-Dame –des Landes illustre, hélas une fois de plus, l’imprévision et la faillite économique, intellectuelle et politique de l’Etat, de son gouvernement, de son administration, et l’irresponsabilité de nombre de nos représentants.

Jean Claude Rivallain

Membre du Conseil National du Parti Breton

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Le Parti Breton a pour but de rassembler, d'unir et d'organiser tous les bretons et amis de la Bretagne décidés à réveiller la conscience nationale du Peuple Breton afin que celui-ci se dote enfin des structures politiques, économiques, sociales et culturelles lui permettant d'assurer en tant qu'entité internationalement reconnue, son avenir et son épanouissement dans le cadre d'une Europe des Peuples et de la Solidarité
Vos 7 commentaires
JP. Touzalin
Jeudi 18 février 2016

«Le grand-ouest à définir (après-tout Poitiers est aussi proche que Quimper et plus proche que Brest).»
J'aime bien cette phrase...
JP. Touzalin

Naon-e-dad
Jeudi 18 février 2016

En matière de fiasco aéroportuaire, il y en a aussi un en Bourgogne!
Il serait bien que les journalistes de TV ressortent leurs anciens reportages sur ces aéroports oubliés, qui en fait de réseau ne connaissent que les toiles d'araignées, et procèdent à une rediffusion groupée sur ce sujet.
NDDL impacterait gravement l'avenir à moyen terme de la périphérie nantaise. Ce projet d'hier va à l'encontre de l'économie nouvelle que l'on nous annonce, plus raisonnée et plus respectueuse des ressources de notre planète.
Quand les politiciens vont-ils décider d'arrêter de saccager et d'hypothéquer le pays? Pegoulz e baouezo ar bolitkourien da zistruj ar vro?

An Floc'h
Jeudi 18 février 2016

Ne perdons pas espoir ! Le référendum n'est pas gagné d'avance. Le refus de NDDL pourrait être un coup d'éclat amenant d'autres victoires. L'EF peut se prendre une claque. Et vu qu'il tient de moins en moins sur ses giboles...

jocharruau
Vendredi 19 février 2016

Nantes a besoin d'un aéroport international qui n'empêchera aucunement l'expansion des autres aéroports bretons.
Il y a davantage d'inconvénients à refaire Nantes-Atlantique ( Château-Bougon comme on dit chez nous en Loire-Atlantique ) que de construire Notre Dame des Landes.
Personnellement, concernant l'aménagement du territoire, je préfère NDDL à la construction du 3ème aéroport parisien.
C'est le CG 44 qui a acheté les terres du côté de Notre Dame des Landes, les propriétaires sont donc les contribuables de Loire-Atlantique...
Si l'Etat ne s'en n'était pas mêlé, cet aéroport serait construit depuis au moins quinze ou vingt ans.
La Loire-Atlantique attire certes, c'est aussi un département solidaire. A quand la prochaine Assemblée de Bretagne?

spered dieub
Samedi 20 février 2016

Quoique qu'ayant peu de compétences dans ce domaine ,j'aurais tendance personnellement à partager votre point de vue .Seulement vous donnez de fait, un exemple parmi tant d'autres de sujets qui contribue à la division du mouvement Breton , car il y a des militants de l'émancipation de la Bretagne (des régionalistes aux indépendantistes) favorables à Notre Dame des landes .Je veux dire plus généralement qu'il faudrait mettre en avant quelques dénominateurs communs au lieu d'un nombre innombrables de diviseurs communs , bien cibler pour être efficace Pour cette fois je trouve le communiqué de l'udb sur ce sujet moins clivant ,plus adroit et consensuel

Sébastien Girard
Dimanche 21 février 2016

L'UDB mélange deux sujets la réunification et NDDL qui ne sont pas à traiter sur le même plan. Le Parti Breton donne son avis sur NDDL qui a été voté et étudié par nos spécialistes concernant NDDL depuis plus de 10 ans. Cet avis n'est pas clivant dans la population et dans le mouvement breton. Concernant NDDL il faut bien se mettre dans la tête que ce ne sera jamais aéroport international mais comme l'a dit Retailleau une simple plate forme d'échange. L'aéroport NDDL sera plus petit que l'actuel aéroport de Nantes Bouguenais. Dans ce cas ce projet n'a aucune utilité pour la Bretagne et son économie. C'est un projet d'un autre âge comme cela a été fait à Villa Réal en 2008 et cet aéroport a été fermé en 2013 et revendu à un promoteur pour 10 000 euros. Nous avons suffisamment d'aéroport à développer en Bretagne comme à Lann Bihoué avec 600 hectares de foncier qui ne dérangerait personne. L'aéroport de Nantes peut recevoir des aménagements performants en terme d'accueil des passagers, de réaménagements des pistes et surtout une tour de contrôle digne de ce nom. L’État propose donc un référendum car il maitrise la question, il la limite au 44, et il connait le résultat 59% d'avis favorable.

Louis Le Bars
Samedi 5 mars 2016

59 % sur le cadre départemental, alors même qu'il n'y a eu aucun vrai débat ou campagne sur la question, c'est peu en réalité.
En Alsace pour la fusion des départements c'était bien plus que 59 % peu de temps avant le référendum, et on a vu le résultat.
De mon côté, j'espère qu'il y aura un débat et campagne digne de ce nom avant cette consultation, bref une consultation démocratique normale, ensuite je pense que le Non va l'emporter car parmi les 59 % de gens favorables dans les sondages, beaucoup ne se déplaceront pas aux urnes.

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