Réaménager Nantes-Atlantique coûterait deux fois moins cher que de construire un nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes

-- Environnement --

Chronique
Par Maryvonne Cadiou

Publié le 28/06/14 7:26 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

C'est ce que démontre la nouvelle étude menée par des architectes présentée ce mercredi 25 juin à Nantes. Les architectes ont travaillé à une solution de réaménagement de Nantes-Atlantique aux horizons 5, 7 et 9 millions de passagers et ont expertisé le travail précédemment réalisé par la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC).

Les jeunes architectes, sensibilisés par le sujet et concernés par les zones urbaines et péri-urbaines, ont demandé à rencontrer les associations qui luttaient contre le projet d'aéroport et ont rencontré Françoise Verchère à l'aéroport de Bouguenais dit Nantes-Atlantique à l'automne dernier.

Depuis ils sont revenus plusieurs fois, sont aussi allés sur le terrain du projet NddL et ont mené leur étude à 5 personnes : 2 étaient venues à la conférence de presse : Ivan Fouquet, vendéen d'origine travaillant à Paris à l'atelier bam, et Franco Fedele d'origine italienne.

La conférence de presse s'est déroulée en présence de Françoise Verchère, coprésidente du Collectif des élus qui Doutent de la pertinence de l'aéroport (CéDpa) (1) et de Geneviève Lebouteux, conseillère régionale (EELV), qui prirent largement part à l'exposé.

Leur étude ne concerne que l'aérogare et ses annexes, les évaluations chiffrées de la DGAC pour la réfection des pistes de Nantes-Atlantique étant encore inaccessibles, donc la comparaison des coûts qu'ils avancent avec une nouvelle étude de leur part est impossible pour le moment.

Leur étude les a amenés à comparer plusieurs données liées à l'aérogare billi à prix réduits (low cost) de Bordeaux (voir le site) Ils sont aussi allé chercher par le Net des normes d'aérogares en vigueur aux États-Unis.

Ils ont de plus le projet de créer un atelier citoyen à Nantes et de proposer aux Nantais de s'exprimer, persuadés qu'un aéroport non loin de la ville est un vrai atout de développement. Ils veulent proposer de faire aller le tramway jusqu'à Bouguenais pour desservir l'aéroport. Beaucoup de voyageurs pourraient ainsi ne pas avoir à payer de parkings, qui seraient en silo plutôt que d'en augmenter l'emprise au sol.

Communiqué de presse - Nantes, le 25 juin 2014

La rénovation de Nantes-Atlantique serait beaucoup moins coûteuse que la réalisation d'un nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes. C'est ce que montre avec précision un travail de fond mené par plusieurs architectes, à tous les horizons d'étude demandés par la commission du dialogue (5, 7 et 9 millions de passagers).

La DGAC (voir le site) a voulu faire croire l'inverse (en novembre 2013) en comparant un coût TTC de Nantes-Atlantique configuré pour 9 millions de passagers à un coût HT de Notre-Dame des Landes configuré pour 4 millions de passagers. Mais les propres chiffres de la DGAC montrent que développer Nantes-Atlantique est moins coûteux à chaque étape (économies respectives de 400, 250 et 167 millions d'euros TTC pour 5, 7 et 9 millions de passagers).

Le travail des architectes a également mis en évidence que la DGAC a multiplié par 4 les coûts des bâtiments, des transports et des parkings ! Surestimation des besoins, oubli des potentiels et des technologies actuels, multiplication de travaux inutiles comme le choix de démolir et reconstruire la quasi-totalité des bâtiments de l'aéroport…

Du côté des architectes, l'optimisation qu'ils proposent représente, à terme, une économie de 349 millions d'euros TTC ! Leur étude de faisabilité montre aussi que l'aéroport existant, loin d'être saturé, peut être agrandi et développé de multiples manières dans son emprise foncière existante.

Par ailleurs, même si l'on intègre le propre chiffrage de la DGAC sur une rénovation totale de la piste (domaine non pris en compte dans l'étude et qu'il faut de toute évidence expertiser), la comparaison est toujours à l'avantage d'une rénovation-optimisation de Nantes-Atlantique.

À l'horizon 9 millions de passagers par exemple, développer Nantes-Atlantique coûterait au minimum deux fois moins cher que de construire et développer un nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes (475 millions d'euros TTC versus 992 millions d'euros TTC ).

Les conclusions de cette étude s'ajoutent à la longue liste des irrégularités commises par les services de l'État dans le dossier de Notre-Dame des Landes : chiffres truqués sur les bénéfices économiques du projet, coûts oubliés, mépris de l'avis des experts scientifiques concernant le respect de la loi sur l'eau, exagérations des nuisances sonores, etc.

Sur tous ces sujets, le CéDpa réitère sa demande d'un réel dialogue et d'une expertise indépendante. Continuer à pousser l'avancement du projet de nouvel aéroport sur des bases aussi fausses est indigne d'un État démocratique.

En conclusion les architectes déclarent

« Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance aux membres du groupe de travail du CéDpa (par ordre alphabétique) :

Claude Bord,

Geneviève Lebouteux,

Jean-Marie Ravier,

Françoise Verchère pour leur aide et leurs conseils.

Nous avons apprécié l'accueil chaleureux de Julien Durand, Agnès Belaud et Thierry Hervouet de l'ACIPA (2) et voulons témoigner toute notre gratitude à Jean-Paul Naud, maire de Notre-Dame-des-Landes.

Enfin nous adressons nos sincères remerciements à toutes les personnes ayant permis et aider à la réalisation de cette étude ». (p. 26 de l'extrait).

Contacts presse :

CéDpa :

Geneviève Lebouteux 06 75 40 32 79

Françoise Verchère : 06 73 37 67 76

Architectes :

Ivan Fouquet : 06 19 31 80 74

Franco Fedele : 06 64 74 12 62

Notes

(1) Liens CéDpa = (voir le site)

Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame des Landes

Voir l'article de juin 2014 Oui, nous garderons Nantes-Atlantique... avec d'autres réflexions.

(2) L'ACIPA : (voir le site) où est publié le dossier de presse au 24 juin.

Une interview sur TéléNantes ?

Que ce soit sur la page Actualités (voir le site) ou sur la page du dossier NDDL : (voir le site) elle n'apparaît pas en ligne (photo 3).

Voir aussi :
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Correspondante ABP depuis février 2007.

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