QUI VEUT LA PEAU DE LA LANGUE BRETONNE ?
Communiqué de presse de UDB

Publié le 13/09/04 21:04 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

QUI VEUT LA PEAU DE LA LANGUE BRETONNE ?

Qui veut la peau de la langue bretonne ? Ce titre pourrait paraître

provocateur. Il ne l'est pas. Il correspond à la réalité du moment.

La langue bretonne est menacée de disparition et certains semblent

s'ingénier à accélérer le mouvement.

Il y a eu l'épisode des cours de breton en visioconférence dans les

collèges et lycées. Il y a aujourd'hui celui de la carte scolaire.

Jusqu'au jour d'aujourd'hui, les classes bilingues de l'enseignement

public, au même titre que les classes d'intégration (CLIS), n'étaient

pas soumises à la carte scolaire. Les communes d'origine des élèves

de ces classes ne pouvaient leur refuser leur « bon de sortie » et

les communes d'accueil étaient tenues d'accepter leur inscription.

Ceci, « dans un souci de promouvoir les langues régionales » (réponse

du Ministre de l'Intérieur à Pierre Yvon Trémel en avril 2000).

Changement de ton en octobre 2003. Répondant à un député du Haut-

Rhin, le Ministre de l'Education Nationale refuse de prendre en

compte à titre dérogatoire « les enseignements particuliers tels que

l'enseignement bilingue ». Dès lors, la répartition des charges entre

les communes concernées ne pourraient plus être réglées « que par

accord entre les communes concernées » par cet enseignement. Réponse

identique du Ministère de l'Intérieur en décembre 2003 : «

L'enseignement des langues régionales est exclu des cas dérogatoires

imposant aux communes de résidence le paiement des frais de

fonctionnement »… Pourtant le Guide de l'Elu diffusé par ce même

Ministère indique exactement le contraire.

Il y a donc un vide réglementaire, un flou juridique, dans lequel se

sont engouffrées certaines communes du Trégor et du Goëlo. Que

constate-t-on ?

- d'un côté, des communes « centre » - Paimpol, Lannion, mais

aussi Pabu - qui mettent en place ou modifient unilatéralement les

règles de la carte scolaire ;

- de l'autre, des communes « périphériques » - de plus en

plus nombreuses – qui profitent de cette nouvelle interprétation des

textes pour refuser les « bons de sortie ». Elles ne veulent plus

payer, pour les enfants inscrits en classe bilingue, les frais de

fonctionnement que leur imposaient les dispositions jusque là en

vigueur ;

Qui fait les frais de cette partie de ping-pong ? Tout d'abord les

enfants et les familles concernées, bien entendu. Ensuite le service

public d'enseignement, qui ne permettrait plus, dès lors, l'accès de

tous les élèves, notamment ceux des petites communes, à la

spécificité que constituent les classes bilingues. Enfin la langue

bretonne, qui n'a pas besoin de bons sentiments ni de bonnes paroles,

mais bien de mesures rapides et concrètes destinées à assurer son

avenir.

Grâce au volontarisme des parents d'élèves et des enseignants, et à

l'écoute de quelques élus à l'esprit ouvert, un réseau de classes

bilingues a pu se mettre en place dans le public, et s'étendre

lentement mais sûrement. Cet enseignement est aujourd'hui menacé,

pris en tenaille entre cette hostilité latente à l'égard des langues

régionales qui s'exprime dans les ministères parisiens et la logique

strictement comptable et financière de certains élus locaux.

La langue bretonne, sa survie, son avenir, sont – ou devraient être -

l'affaire de tous les Bretons. Nos élus continueront-ils de

manifester à son encontre une totale indifférence ou au contraire

choisiront-ils de se ressaisir et de prendre enfin conscience du

risque réel de disparition de cette richesse ?

Dans l'immédiat, l'UDB du Trégor-Goëlo leur demande de jouer la carte

d'une réelle concertation entre communes d'accueil et communes de

résidence, afin d'assurer la pérennité et le développement de la

filière bilingue. Pour cette rentrée scolaire toute proche, elle leur

demande instamment de faire en sorte que les enfants qui, avec leur

famille, ont fait le choix légitime de l'enseignement bilingue,

puissent poursuivre dans cette voie. Toute autre attitude serait

criminelle, tant vis à vis de nos enfants que de notre langue.

Pierre MORVAN

Fédération UDB du Tregor-Goëlo

Philippe Argouarch


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