Quatre listes avec des parfums de Bretagne aux européennes et une compétition à plusieurs dimensions

-- Politique --

Dépêche
Par Christian Rogel

Publié le 26/04/14 20:31 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Comme il a été prédit sur l'ABP (voir notre article) , c'est un trop-plein de listes pour séduire les électeurs de Bretagne lors de l'élection européenne du 25 mai qui sera offert. Il y aura deux listes présentées par des formations politiques s'inscrivant, en priorité, dans le cadre de la Bretagne et deux autres qui verront l'admission de quelques candidats bretons sur une liste promue par un parti hexagonal ou européen.

L'Union démocratique bretonne est partie la première avec une liste intitulée « La Bretagne dans une Europe sociale », dont elle assure qu'elle est composée en majorité de personnes non adhérentes chez elle. Elle aurait aimé que cette « liste d'ouverture » puisse accueillir Christian Troadec, qui a épisodiquement travaillé avec elle. Mais, personne ne croirait que celui-ci accepte une autre position que la première, d'autant plus que sa notoriété a dépassé les frontières de la Bretagne, ayant eu le culot, finalement payant, de narguer le Premier Ministre en novembre 2013.

L'UDB argue du fait qu'il est un personnage controversé en Bretagne et ailleurs, mais, la logique médiatique de notre temps lui donnera un avantage auprès de ceux, Bretons ou non, qui voudraient exprimer un vote contestataire. Et le précédent du Front national, qui, malgré une image longtemps très négative, vient d'accéder au statut de parti au moins respectable.

Le Parti fédéraliste européen a déposé une liste dans toutes les circonscriptions de France, mais a réservé une place à « En Avant Bretagne ! » pour la circonscription Ouest. Cette formation, qui n'est pas un parti, a pour animateur principal, Jean-Jacques Page, connu pour avoir été conseiller municipal à Vannes et pour avoir été membre de l'UDB, puis s'en être éloigné depuis plusieurs années. Il défend une ligne modérée dans une vision politique de la Bretagne dans une Europe fédérale basée sur les régions, une vision qui ne s'appuierait pas, par principe, sur un axe droite-gauche (voir notre article).

Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) vient tout juste d'annoncer que, sur la circonscription Ouest (13 départements de Brest au Mans et de Saint-Malo à Jonzac), il donnerait des place de candidats à «Breizhistance », donnant ainsi une couleur bretonne à une ligne socialiste révolutionnaire, sous l'intitulé « Pour l'Europe des peuples et des travailleurs» qui est traduit en breton sur l'affiche. Seuls ceux qui ne connaissent pas l'esprit breton des sections bretonnes du NPA peuvent trouver cela inhabituel. On peut rappeler, à cet égard, que le NPA soutient la promotion du breton et que son responsable pour le Centre Bretagne est aussi membre du Pôle ouvrier des « Bonnets rouges ».

Précisément, le leader le plus connu des « Bonnets rouges », Christian Troadec conduira une liste du Mouvement Bretagne Progrès (son micro-parti) qui accueille deux petits partis autonomistes, le Parti Breton et Breizh Europa. Ceux qui s'étonnent du fait qu'il n'envisage que la première position pour lui-même font semblant de ne pas le connaître et il avait annoncé sa présence aux européennes, dès novembre dernier. Ce même mois, à l'assemblée générale de « Bretagne réunie», il avait estimé que le mouvement des « Bonnets rouges » était un « antidote au FN». La principale difficulté qu'il aura à affronter, outre la concurrence, sera que beaucoup, à l'intérieur et à l'extérieur des « Bonnets rouges » parleront, à tort de récupération, puisque ses intentions ont été affichées plusieurs mois à l'avance. Compte-tenu de sa notoriété, même si elle est parfois négative, il devrait faire la course en tête et même faire des scores détectables dans les huit départements non-bretons.

Beaucoup verront deux listes de droite et deux listes de gauche se présentant aux électeurs en poussant des thèmes bretons, mais, l'actualité récente, qu'on mette en avant le prisme offert par les « Bonnets rouges » ou qu'on considère les élections municipales de mars, amène à penser qu'une partie de la population n'a plus envie de cette grille de lecture. Tout est donc possible et plus particulièrement un gonflement global pour toutes les listes alternatives aux grands partis, FN inclus, d'autant que l'abstention sera très haute.

Christian Rogel

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