Quand les Bretons relèvent la tête : à contre-sens et à contre courant (1943-1944)

-- Histoire de Bretagne --

Agenda de Jean-Jacques Monnier
Porte-parole: Jean-Jacques Monnier

Publié le 30/05/15 8:14 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

C'est Kristian Hamon qui présentera la 4e conférence du Printemps des historiens, placée sous le thème général “ Quand les Bretons relèvent la tête ”. Son titre est “ un réveil à contre-sens et à contre-courant (1943-1945) ”.

Kristian Hamon est bien connu pour ses ouvrages sur la collaboration en Bretagne et pour ses recherches d'archives. Il évoquera d'abord la Bretagne comme enjeu stratégique pour le 3e Reich, du fait de sa position géographique face au Royaume uni. Durant toute la guerre, elle sera soumise à une très forte occupation allemande. Sur terre comme sur mer, avec une Kriegsmarine très présente dans les nombreux ports ou bases de sous-marins de Lorient et Saint-Nazaire. Tout ceci explique que les Bretons ont été parmi les premiers à résister aux Nazis.

Malgré les bombardements des alliés, et la propagande vichyssoise relayée par la presse locale, les Bretons n'ont jamais été anglophobes. Très tôt, les filières d'évasion vers l'Angleterre se sont mises en place au départ des Côtes-du-Nord. Il n'y a pas eu de manifestations populaires en faveur du maréchal Pétain. Les mouvements collaborationnistes étaient présents, mais leur implantation était faible. La Résistance s'est donc développée dans un environnement plutôt favorable, malgré une répression implacable des nazis et le chantage aux otages. Des 5 départements bretons, les résistants des Côtes-du-Nord et du Morbihan ont certainement été ceux qui ont payé le plus lourd tribut pour la Libération du pays.

De tous les partis collaborationnistes autorisés en Bretagne, le Parti National Breton a été le plus important et le mieux implanté. Une liste d'adhérents pour les Côtes du Nord comprend une centaine de noms de personnes “ se réunissant très fréquemment ”, dont 11 médecins. Paradoxalement, le PNB va aller totalement à “ contre-sens et à contre-courant ” du peuple qu'il prétendait représenter. Il y aura bien une inflexion de ses positions vis-à-vis du Reich, mais trop tard. Depuis novembre 1942, les Alliés ont débarqué en Afrique et la zone libre est envahie. En décembre 1943, une poignée de jeunes nationalistes va rejoindre le Bezen Perrot et participer au combat contre les maquisards sous l'uniforme allemand. L'exposé traitera de cette collaboration politique et armée dans les Côtes-du-Nord .

(Camlez, le Couvent alternatif, 4 juin, 20h30).

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Jean-Jacques Monnier est historien et écrivain.

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