Produit en Bretagne change de Cap

-- Entreprise --

Reportage
Par Philippe Argouarch

Publié le 7/02/20 22:31 -- mis à jour le 12/02/20 07:29
Loic Hénaff explique les nouveaux engagements de Produit en Bretagne (160 vues)
Aziliz Gouez et Erik Orsenna sur la désertification de la Bretagne rurale (162 vues)

L'AG de Produit en Bretagne est devenu un rituel. Ce grand rassemblement annuel de plus de 1000 chefs d'entreprises et autres dirigeants de structures productives et créatrices d'emplois, qui par leur savoir-faire font rayonner la Bretagne, est devenu le principal rendez-vous de l'économie bretonne. Cette 27e AG n'a pas démérité avec une atmosphère highly spirited pour utiliser une expression anglaise sans équivalent en français. Pendant trois heures se sont succédés sur l'estrade, success stories, remises de prix, témoignages, interventions émerveillées d'Erik Orsenna, encouragements du président de la région Loïg Chesnais-Girard, applaudissements du public et votes à l'unanimité de tous les bilans et motions présentées ... que du positif. Dans cette ambiance fleurie, mais les circonstances le voulaient, seule Aziliz Gouez a sonné l'alarme sur la désertification rurale et la nécessite de retisser des liens entre l'urbain et le territoire, entre Nantes et l'arrière-pays breton.

Tout n'est pas si rose

Bien sûr nous savons tous que la réalité n'est pas si rose. L'agriculture bretonne et même l'agrobusiness breton font face à une mondialisation impitoyable, elles sont en crise. Aujourd'hui les cours du lait dépendent de la météo en Nouvelle-Zélande, les cours du porc dépendent de la grippe porcine en Chine. Le marché agricole est devenu mondial. Beaucoup d'élevages disparaissent. Des agriculteurs se suicident. Du côté des aides, la PAC ne semble pas être distribuée avec équité (voir notre article) . Il reste que face à la crise Produit en Bretagne s'est positionné, à juste titre, sur le créneau d'une marque de qualité. L'association mise sur le savoir faire, sur le terroir, les saveurs, sur l'image culturelle, sur tout ce qui ne pourra jamais être délocalisé.

Nouvelle direction

Loïc Hénaff, le président, et son équipe ont annoncé une inflexion dans les critères d'adhésion. Si depuis des années Produit en Bretagne fédère les énergies avec le slogan «Pour une Bretagne belle, prospère, solidaire et ouverte sur le monde», aujourd'hui l'association a ajouté le mot «responsable», le slogan devenant «Pour une Bretagne belle, prospère, solidaire, responsable, et ouverte sur le monde». Les entreprises devront dorénavant répondre à des exigences en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Produit en Bretagne va signifier bien plus que produire dans une certaine région de l'hexagone. En plus du label de qualité, les entreprises membres devront s'engager à favoriser l'économie circulaire, le local, le durable , le respect de l'environnement, et bien sûr les conditions de travail de leurs employés. Le tout est basé sur la norme internationale de développement durable ISO 26 000 que Produit en Bretagne a érigée en code de conduite le Code Produit en Bretagne 26 000. On ne peut qu'applaudir.

Dans ce contexte, si tous le monde s'est réjoui de l'adhésion du groupe Les Mousquetaires, certains se posent des questions à propos de l'adhésion de marques du groupe Lactalis comme Lactalis Beurre et Crème (ex Bridel). Même si Bridel, une entreprise familiale bretonne, a toujours été exemplaire, son intégration dans le groupe Lactalis a changé la donne. Le groupe basé à Laval est réputé pour son opacité. Jusqu'à l'année dernière il refusait de publier son chiffre d'affaires. Depuis le début des années 2010, le groupe est régulièrement la cible des critiques des agriculteurs de la filière laitière qui lui reprochent d'acheter le lait à un prix trop bas. Pire, le groupe laitier Lactalis est nommé cette année par l’association « Les Amis de la Terre » qui épingle chaque année une entreprise pour ses pratiques de greenwashing, via le prix Pinocchio. On ne peut que douter et se poser des questions sur ces adhésions. Les entreprises du groupe Lactalis respectent-elles le Code Produit en Bretagne 26 000 ? On peut en douter.

La matinée s'est terminée par un Bro gozh dont les paroles avaient été distribuées sur tous les sièges avec de petits gwenn-ha-du

Pour rappel, Produit en Bretagne créée en 1993 pour favoriser l'emploi local, est une marque regroupant 110 000 salariés sur les 5 départements bretons, 436 entreprises, 5500 produits porteurs du logo et 800 magasins adhérents.

Voir aussi :
©agence bretagne presse

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. (voir le site) et (voir le site)

Vos commentaires :

Lucien Le Mahre
Samedi 8 février 2020

Belle analyse : passionnante, rationnelle et prometteuse !

Encourageante percée du Bro gozh final !

jakez Lheritier
Lundi 10 février 2020

L'évolution est intéréssante sur l'intégration de la solidarité que ce soit entre bretons en Bretagne et ceux vivant loin du pays.

Je voudrais que l'on parle de structurer une BOURSE a L'EMPLOI.

J'avais évoqué cet objectif lors du projet de Marche Bretonne le long du Canal de Nantes à Brest.

Je souhaiterais mettre cela en place pour la Journée Bretonne le 26 Avril pour le match de Rugby à St Nazer qui reçoit Auray.organisée avec les artisans vignerons nantais,produit en Bretagne,Diwan avec animation du groupe Tal ar yeun de Brière.

P. Argouarch
Lundi 10 février 2020

@Philippe LR: Vos diatribes de guerre de classe dignes du 19e siècle ne nous intéressent pas. J'ai créé ABP il y a 16 ans pour aider la cause commune : rassembler tout le monde: salariés et patrons, citadins et ruraux, gauche et droite, jeunes et vieux, afin de sauver la Bretagne des oubliettes de l'histoire où elle est en train de sombrer. Il n'est pas question que je donne la parole aux fouteurs de m....aux diviseurs et autres provocateurs. ABP n'a jamais été créée pour donner la parole à tous. Je vous censure ? Oui, mais ce n'est aucunement un problème puisque vous avez tous les réseaux sociaux pour vous exprimer. Vous pouvez aussi créer un blog en 5 minutes et même un webmedia comme ABP en une matinée avec wordpress. Ne vous en privez pas, mais par pitié foutez nous la paix. Et vous parlez de courage ? Si vous aviez le courage de publier sous votre nom véritable et si vous ne changiez pas de numéro ip à chaque commentaire par peur que l'on vous localise, on pourrait passer vos contenus pour engager un débat. Un planqué qui parle de courage... c'est le summum pour un rat d'internet. Quand on n'a pas le courage de ses opinions on ne fait pas de politique.

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