-- Editorial --

Prix jeunesse de Produit en Bretagne attribué au roman "Quelque chose de pourri au Royaume du Français"

Communiqué de presse de Locus solus (porte parole Sandrine Pondaven) publié le 22/06/14 20:36

C'est quoi ce roman pour adolescents ?

Robinson Des Jurons, fils du richissime chevalier du même nom, n'a pas le choix : il doit épouser la fille désargentée du duc de l'Imparfait du subjonctif afin de redorer le blason de la famille. Au royaume du Français où l'on vénère la Très Sainte Langue, les aristocrates reçoivent en effet des pensions proportionnelles à l'usage qui est fait de leur spécialité linguistique. Evidemment, on profère des grossièretés bien plus facilement qu'on ne s'exerce aux verbes en -eusse et -asse... Cependant, Robinson découvre vite qu'Olympe, jeune fille aux apparences hautaines, est amoureuse d'un rebelle, un réformé de l'Orthographe dont le groupe veut renverser le roi. Que dire ? Que faire ? Bien contre son gré, le pondéré jeune homme se retrouve au c½ur d'un vaste complot politique opposant le peuple désireux d'un vocabulaire libre, et le policé comte de la Langue de Bois, promoteur du concept d'interdiction positive (!).

C'est un roman extrêmement drôle, entièrement bâti sur une comparaison entre la France d'Ancien régime et une société aux valeurs inégalitaires justifiées par, et seulement par, l'usage qui est fait de la langue (française). Si l'auteur doit bien penser aux élèves, aux collégiens, en développant son intrigue abracadabrantesque, il réussit malgré tout à complètement éviter l'écueil du pédagogique. Et si on révise son participe passé, on s'amuse surtout à voir la famille en charge de son accord s'habiller et se déshabiller dans les bals suivant qui est arrivé le premier : l'auxiliaire être ou bien avoir ?

Hilarante, l'intrigue fonctionne dans ses moindres détails soignés, se moquant gentiment de la complexité, des multiples exceptions du beau français cher à Voltaire. La langue de bois se voit finalement renvoyée dans ses pénates, de même que l'impératif, les réformés ne bousculent pas tout (une nouvelle Terreur ?) et il n'est pas encore question d'une invasion anglaise. Tout est bien qui finit bien, donc, et Robinson vivra suffisamment longtemps pour raconter ses mémoires, que nous lisons. A noter un usage typographique intéressant – jurons surlignés en noir, imparfait du subjonctif en italique... -, quoiqu'un peu déroutant au début. Paru chez la maison d'édition bretonne LOCUS SOLUS, Quelque chose de pourri au royaume du Français est une joyeuse voire survoltée découverte à recommander.

Sophie Pilaire/Ricochet jeunesse

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Locus solus est une maison d'édition généraliste créée fin 2012 par Florent Patron & Sandrine Pondaven en Finistère. Environ 30 titres sont publiés par an : patrimoine, art, littérature, sport et un label jeunesse très actif.
Un fort réseau d'auteurs, d'illustrateurs, Musées et autres partenaires ont confié leur projet éditorial à Locus solus.
Son expérience et savoir-faire (éditorial, maquette, fabrication, commercial et promotion) et son large réseau de diffusion nationale sont ses points forts ! www.locus-solus.fr

Vos commentaires :

Jacques Herry
Dimanche 22 juin 2014

Ce roman est peut-être destiné aux adolescents, et pourtant, il m'a passionné et ravi (alors que je suis très, très loin de l'adolescence). C'est un véritable chef d'oeuvre dans le genre, tant dans sa conception (il fallait y penser!) que dans sa parfaite réalisation. Je partage pleinement l'analyse de Sophie Pilaire et y ajouterai que ce livre passionnera tous ses lecteurs, bien au-delà des seuls adolescents... Bravo, Tristan!

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