Première conférence de l'Union Européenne sur les Droits fondamentaux

-- Europe --

Dépêche
Par Philippe Argouarch

Publié le 9/12/08 8:52 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

À l'occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, hier et ce matin, se tenait à Paris la première conférence sur les droits fondamentaux, organisée à la fois par la Commission européenne pour les droits fondamentaux (FRA) et le ministère de la Justice du gouvernement français. Les participants venaient de la société civile, des institutions et des gouvernements de tous les pays européens. À ce sujet l'Agence Bretagne Presse tient à remercier les organisateurs d'avoir invité deux Bretons. Jean-Pierre Levesque, président de la commission Droits et institutions de l'Institut culturel de Bretagne (ICB) et Philippe Argouarch, directeur de l'ABP et aussi membre de l'Institut culturel. À noter qu'une cinquantaine de journalistes français auraient refusé l'invitation d'après The Irish Times. (voir le site)

Les interventions des membres de la FRA, suivies de celle la ministre de la Justice Rachida Dati furent contrastées par l'intervention de Florence Aubenas, journaliste au Nouvel Observateur, qui ne manqua pas de souligner la contradiction entre cet anniversaire et les trois événements de la semaine précédente, qui concernent les droits fondamentaux de la presse — à savoir : l'affaire de l'interpellation de l'ancien directeur de Libération, les débats à l'Assemblée nationale sur la loi qui autorise le gouvernement à nommer ou remercier le directeur de France télévision et enfin, l'affaire de la bague de la ministre gommée d'une photo du journal Le Figaro. Florence Aubenas fit remarquer que la France n'était que 35e pour la liberté de la presse d'après le classement de Reporters sans Frontières.

Davydd Hicks, président de EBLUL, The European Bureau for Lesser Used Languages, et directeur du site eurolang, est intervenu dans un atelier pour parler de la situation des langues minoritaires en Europe et en particulier en France. Il s'est vu répondre par un responsable de France télévision qu'«en France, il y a un peuple, une nation et une langue » ! Le thème de l'atelier était: Liberté d'expression et diversité... Jean-Pierre Levesque a toutefois pu remettre des dossiers sur l'Institut culturel de Bretagne et sur la Réunification de la Bretagne a des membres du FRA et au Conseil de Europe.

Une grande partie des débats a porté sur la problématique de la pornographie pédophile sur internet et comment s'en débarrasser. L'importance donnée au problème durant la conférence a donné lieu à plusieurs réactions d'invités qui se sont demandé si on était à un forum sur la liberté d'expression ou sur les limites de cette liberté. À ce sujet le professeur Yaman Akdeniz, du Civil Rights and Liberties et auteur de livres sur le sujet, a bien noté les différences entre l'approche européenne (allemande et française) de filtrer l'internet à la source et la solution américaine, de proposer des filtres à la sortie et de criminaliser les transgresseurs de la loi plutôt que les fournisseurs d'accès. En Allemagne, Compuserve

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.

Vos commentaires :

Maryvonne Cadiou
Mardi 31 août 2010

Un responsable de France télévision : “en France, il y a un peuple, une nation et une langue” !

Il vient de Mars ? Alors vive l'uniformité... ? C'est vraiment la “télévision de Papa” d'un autre siècle !

Mais on n'a plus besoin de Télévision française hertzienne. Il y a tout sur le net, et avec des langues étrangères...

Bertrand finel
Mardi 31 août 2010

Cette réponse martelée comme un slogan, du responsable de France télévision, en rappelle un autre de sinistre mémoire: " ein volk, ein land..." et on connait la suite, notamment concernant les minorités et les solutions apportées à leur existence ! Evidemment, il n'est pas question d'accuser qui que ce soit de vouloir en arriver là, mais quelque part, dans l'état d'esprit, il flotte comme certains relents nauséeux.

Yann CHOUCQ
Mardi 31 août 2010

La réaction française n'est pas nouvelle malheureusement. la vieille conception du "petit caporal corse" qui, en bon militaire, ne voulait voir qu'une tête et qu'un seul uniforme est devenue paraît-il un des piliers des valeurs "républicaines". On peut être différent sexuellement, religieusement, au plan racial,et légitimement protégé par la loi, mais surtout pas au plan culturel et linguistique, sauf à vouloir atteindre "l'unité de la nation française". Cette remarque est dans la droite ligne du refus de la France de ratifier les normes européennes en matière de diversité culturelle et linguistique, ou de le faire en émettant la réserve selon laquelle les dispositions concernant les minorités n'ont pas à s'appliquer à la France puisqu'on y "parle français comme tout le monde". En France on ne pense qu'à l'intérieur des murs de Paris et en français s'il vous plait, qu'on se le dise. Il n'y a de basques, de bretons de corses ou autres que pour les fêtes folkloriques car il faut distraire le touriste. D'ailleurs comme l'avait fait remarquer il y a quelques années l'éminent ambassadeur chef de la délégation française à la CSCE, à Genève, même les catholiques ne parlent plus latin dans les églises et personne ne les y a contraint. Comme chacun sait, le latin est une langue vivante. Les autres peuvent crever tranquillement. Bécassine à encore du travail sur la planche. Mieux vaut se préoccuper des Indiens d'Amazonie et du Dalaï Lama, c'est tellement plus exotique. Que nos "responsables" se rassurent, on s'en occupe aussi, car chez nous, on admet la différence des autres et leur droit d'exister. Ne pas confondre s'il vous plaît droits universels de l'Homme et droit "égalitaire" du citoyen français. Tous égaux = tous pareils on vous a dit, vous n'avez donc pas compris ? A quand le retour du symbole à l'école, ne désespérons pas. Yann CHOUCQ

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