Pourquoi les plages resteront interdites cet été

-- Coronavirus --

Chronique
Par Philippe Argouarch

Publié le 1/05/20 10:51 -- mis à jour le 04/05/20 16:15
Le ministre s'explique sur LCI (1013 vues)
Les partisans de le réouverture sur France 3 (39073 vues)

L'interdiction des plages a suscité un vif émoi en Bretagne. Beaucoup se sont indignés sur les réseaux sociaux postant des images côte à côte d'un métro parisien bondé et de l'autre une belle plage bretonne déserte. Le tourisme étant la deuxième industrie en Bretagne après l'agro-alimentaire, l'interdiction des plages va être une catastrophe pour l'économie bretonne.

Pétitions et demandes des maires

Après le 11 mai, dans les zones vertes, les citoyens auront à nouveau accès aux parcs et aux forêts. Les maires des communes côtières demandent donc que les locaux puissent accéder à leur plage. Même le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, est monté au créneau.

Les pétitions de citoyens se multiplient. En particulier une pétition circule pour réouvrir les plages aux activités sportives. Elle demande la réouverture du littoral pour les surfeurs et les sports de glisse, les nageurs, les joggers, les promeneurs et toute autre personne pratiquant une activité physique y compris la pêche à pied. L'accès serait pour une durée déterminée sans regroupement sur la plage, ni sur les parkings et en respectant les distances de sécurité à l’eau et sur terre. C'est d'ailleurs déjà le cas à Hawaii, en Australie, et en Grande Bretagne.

Les arguments du gouvernement

Le ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, a répondu à cette critique sur LCI hier : l' État ne veut pas de la migration estivale annuelle qui pousse tous les ans des millions de Français à se ruer vers les plages. C'est ce transfert de population plus qu'une concentration que le gouvernement veut éviter. Pour le gouvernement et les experts de la santé, tout déplacement est une occasion de dissémination du virus covid-19. Ce n'est pas tant les plages en elles-mêmes qui poseraient un problème, car ces espaces peuvent y être réglementés, mais bien la migration saisonnière qui voit des millions de Français parcourir des centaines de kilomètres pour venir chez nous qui pratiquer un sport de glisse, qui mettre à l'eau un bateau, qui simplement voir ses enfants jouer dans les vagues, ou juste se mettre les pieds dans l'eau ou s'allonger sur une serviette. Le ministre a aussi fait remarquer brièvement qu'il serait trop difficile pour les forces de l'ordre de passer leur temps à contrôler l'accès des plages pour s'assurer que seuls les locaux les fréquentent. «Il vaut mieux éviter la tentation» dit le ministre.

Bien que cela n'ait pas été affirmé clairement, l'État ne veut pas que les gens partent en vacances. Du moins c'est sa position pour le moment, car comme l'a dit le ministre au sujet des plages, l'interdiction peut être levée dès que les choses s'améliorent.

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