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- Communiqué de presse -
Pour la France, c’est non, pour la Bretagne, c’est un Oui timide
L’Union démocratique bretonne (UDB), qui avait milité pour le Oui au Traité constitutionnel européen, considérant que le texte, malgré ses insuffisances, comportait des avancées significatives par rapport à la situation existante, prend acte du rejet par le corps électoral français de ce traité. Ce vote porte un coup sévère à
Hervé Le Gall pour UDB le 30/05/05 20:45

L’Union démocratique bretonne (UDB), qui avait milité pour le Oui au Traité constitutionnel européen, considérant que le texte, malgré ses insuffisances, comportait des avancées significatives par rapport à la situation existante, prend acte du rejet par le corps électoral français de ce traité. Ce vote porte un coup sévère à la construction d’une nécessaire Europe politique et démocratique.

L’UDB constate toutefois que les suffrages bretons se sont portés majoritairement sur le Oui (50,96%), qui l’a emporté dans quatre des cinq départements bretons. Il s’agit là d’un fait politique important qui confirme, malgré une nette progression du Non par rapport à Maastricht, la spécificité du vote breton et le profond attachement de notre peuple à l’Europe. Ce résultat est d’autant plus significatif que le déplacement vers l’est du centre de gravité de l’Union européenne aurait pu accentuer chez nos compatriotes les craintes de marginalisation.

Des facteurs contextuels peuvent naturellement expliquer la nette victoire du Non en France et le vote négatif d’un grand nombre d’électeurs pourtant favorables à la construction européenne en Bretagne comme partout en France. En particulier, le fort engagement du gouvernement Raffarin en faveur du Oui et les interventions calamiteuses de Jacques Chirac ont évidemment joué un rôle. La politique anti-sociale et l’impopularité fort méritée de ce gouvernement n’ont certes pas contribué à crédibiliser le Traité constitutionnel auprès de l’électorat de gauche et ont suscité la tentation du vote sanction. Par ailleurs, il tombe sous le sens que la scandaleuse directive Bolkestein n’a pu que favoriser la montée des angoisses et accréditer l’idée que l’Union européenne recélait des monstruosités libérales. En décidant de présenter une telle proposition, la commission européenne s’est objectivement transformée en un puissant agent du Non.

Au-delà de ces facteurs, l’UDB considère que les gouvernements qui se sont succédés ces dernières années portent collectivement une part de responsabilité. Bien loin de chercher à promouvoir l’idée européenne, ils se sont au contraire servis sans vergogne de l’Union européenne comme d’un bouc émissaire, lui faisant volontiers endosser les réformes les plus impopulaires.

Maintenant, l’UDB espère évidemment que le vote français ne mettra pas un terme à la construction d’une Europe politique dont l’émergence est vitale comme rempart à la mondialisation libérale. Malheureusement, la thèse de la renégociation se heurte à trois obstacles difficilement surmontables.

Tout d’abord, il faudrait que les vingt-quatre autres Etats, qui ont signé le Traité après des années de difficiles négociations, acceptent de repartir sur un nouveau texte. C’est difficilement concevable alors que neuf Etats ont déjà ratifié le Traité, dont l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. Il est évidemment impossible de présenter un texte différent aux seuls Français !

Ensuite, à supposer que ce premier obstacle puisse être levé, on perçoit mal sur quelles bases le gouvernement français demanderait la révision du texte. Car le non est extrêmement hétéroclite et recouvre un spectre très large de sensibilités politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Même à gauche, le Non est très loin d’être homogène. Qu’y a-t-il de commun entre le Non des souverainistes de gauche, le Non de ceux qui prétendent refonder l’Europe sur des bases anticapitalistes et le Non de ceux qui auraient voté le traité sans la partie 3 ? Il n’y a guère de message lisible dans le Non qui pourrait servir de base claire à une refonte du texte.

Enfin, il faut tenir compte de la situation politique dans les autres Etats de l’Union. Comment peut-on croire qu’un texte plus progressiste et plus démocratique pourrait être défendu par Jacques Chirac et recevoir l’assentiment des autres Etats, sachant qu’après la défaite programmée de la gauche en Pologne et en Allemagne cet automne, l’Union ne comptera plus que cinq gouvernements socialistes en y incluant celui de Tony Blair ?

Concernant la Bretagne, il est urgent qu’elle puisse renforcer ses institutions afin de mieux faire valoir la singularité de sa position à l’égard de l’Europe, de mieux se faire entendre à Bruxelles, et de mener ses propres politiques sur les questions européennes. Cette autonomie est d’autant plus souhaitable que le résultat du référendum donne hélas une légitimité accrue aux ennemis les plus farouches à la fois de l’idée européenne et de l’idée bretonne, à ceux qui considèrent que l’Etat-nation est un horizon indépassable, qu’il s’agisse des nationalistes et des populistes de droite et d’extrême droite, tels Le Pen, de Villiers et Dupont-Aignan ou des souverainistes de gauche comme les Emmanuelli, Mélenchon et autre Chevènement.

Ronan Divard Porte-parole de l’Union démocratique bretonne / Mouezh Unvaniezh Demokratel Breizh (contacts : ronan.divard [at] wanadoo.fr; 02 98 07 01 32 ; 06 32 29 30 84)

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