Plus de fret par fer en Bretagne : avec les transporteurs routiers et sans la SNCF

-- Economie --

Enquete
Par Christian Rogel

Publié le 6/02/13 13:10 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

La nouvelle donne du fret : les caisses mobiles pour camions et trains

Combiwest, dont l'Agence Bretagne Presse a déjà conté la naissance (voir notre article), a poursuivi son développement en 2012 et annonce une hausse de trafic de 30% en ayant réalisé 250 allers-retours, principalement vers le Sud-Est de la France.

Le service fonctionne cinq fois par semaine au départ de Rennes avec un convoi de 40 à 50 conteneurs qui peut atteindre 700 mètres de long. Ces conteneurs sont ce qu'on appelle dans le jargon des transports routiers, des «caisses mobiles», car elles peuvent passer d'un camion à un wagon ou l'inverse. Une partie est «sous température dirigée» (frigorifique).

On a créé des opérateurs ferroviaires de proximité (OFP), mais Bourgogne Fret Service, récemment créé se définit lui-même comme «opérateur ferroviaire territorial» pour se distinguer des lignes de marchandises qui ont été réouvertes sur des courtes distances. Il en est de même de Ferovergne qui a ouvert une ligne Le Havre-Clermont-Ferrand.

CombiWest qui collecte beaucoup de produits agricoles, mais pas seulement, a été le pionnier, avec seulement dix salariés, de ces opérateurs qui voient loin, tout en restant très discrets, car il reste sous le radar des sites Internet de référence de la logistique.

Il faut rappeler que, comme Brittany Ferries, CombiWest est né de la clairvoyance des producteurs de la zone agricole de Morlaix-Saint-Pol-de-Léon, puisque c'est une filiale de Société d'intérêts collectifs agricoles de Saint-Pol-de-Léon (SICA), 1er groupement de producteurs de légumes (295 000 tonnes) et 1er groupement horticole en France, avec un total de 1 100 producteurs.

La Région Bretagne aide les opérateurs combinés fer-route

Depuis 2005, année de la disparition du monopole sur le fret ferroviaire, la Région Bretagne souhaite favoriser le ferroutage et, donc, le développement des opérateurs locaux à côté des grands opérateurs privés et publics comme Eurocargo Rail (sous-filiale de la Deutsche Bahn), Veolia, Europorte 2 (filiale d'Eurotunnel) et la SNCF elle-même (Fret SNCF).

Il y a une marge très importante de progression, car en 2007, le trafic international, tous modes confondus, ne concernait, en Région Bretagne que 3% des tonnages et le fret ferroviaire pourrait donc être rentable, si on peut allonger les lignes régulières dans l'Europe entière.

Non seulement, la Bretagne peut développer ses exportations de produits agricoles et alimentaires, qui sont une de ses forces, mais son tissu industriel n'est pas négligeable, même s'il est composé presqu'uniquement de PME.

La Région Bretagne, non seulement subventionne les achats de caisses mobiles, mais, elle réfléchit à une meilleure organisation des transports par route, fer ou air.

Les transporteurs bretons à la recherche de solutions pour baisser les coûts

Seuls les transporteurs routiers peuvent aller à la porte même des PME, mais, des plateformes ferroviaires avec transferts rapides de «caisses mobiles» permettront d'exporter dans de bonnes conditions de régularité.

La politique de Fret SNCF n'est plus un obstacle, car, celui-ci se concentre sur les convois comprenant des lots d'au moins trente wagons sur une destination, alors que le service du «wagon isolé» a été fermé.

4 hubs ferroviaires SNCF ont été définis et ils se trouvent tous dans le moitié Est de la France.

Nantes et Rennes, et même Vannes se trouvent donc en position pour capter tout le petit trafic, que les grands opérateurs ne savent pas traiter.

On pourrait aussi développer le fret par avion, beaucoup trop faible par rapport aux possibilités.

Le meilleur positionnement de la future plateforme aérienne de Notre-Dame-des-Landes pourra être un élément décisionnel que nul responsable n'ose mentionner pour ne pas risquer d'être démenti par les effets persistants de la crise.

Avant même de pouvoir transférer sur rail leurs petites cargaisons, les producteurs et les transporteurs doivent améliorer leurs méthodes de collecte.

C'est ce qu'est en passe de réussir le Groupement d'intérêt économique «Chargeurs de la Pointe de Bretagne», qui rassemble des moyennes entreprises de la région de Quimper (Fondateurs : Hénaff, Chancerelle, Biscuiteries de Locmaria), en accord avec la logistique de Carrefour et de Auchan et qui, en regroupant les charges à Vannes (Transports Rouxel) approvisionne à moindre coût les hypermarchés situés à l'Est de la Bretagne.

L'ensemble des chargeurs et transporteurs de la Région Bretagne sont en train de se concerter avec celle-ci pour aller plus loin dans tous les domaines, sachant que l'écotaxe, même si elle a été réduite, en principe de 40% pour la Bretagne, doit obliger à limiter les productions de CO2, à partir de juillet 2013 et le transport combiné rail-route fait partie des solutions les plus efficaces.

On pourra ainsi sortir de la concurrence rail contre route pour aller vers des systèmes plus équilibrés.

Voir aussi :
Cet article a fait l'objet de 1638 lectures.
mailbox imprimer