Plus de 50 000 signatures pour la pétition qui veut maintenir l'Alsace debout, beaucoup moins pour la Réunification

-- Politique --

Reportage
Par Christian Rogel

Publié le 20/08/14 0:07 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le 19 juillet, au lendemain du vote honteux des députés socialistes approuvant la modification des limites des régions françaises dans le brouillard et la concurrence dans l'incompétence, le maire UMP de Mulhouse, Jean Rottner, a lancé un site pour recueillir l'adhésion des Alsaciens qui veulent éviter d'être fondus dans le shamallow de la prétendue «réforme» territoriale (CHAMpagne-ALsace-LOrraine).

Comme la plupart des élus alsaciens qui sont pourtant, généralement, dans l'opposition de droite, Jean Rottner n'avait pas dit non avec une fusion de l'Alsace et de la Lorraine, croyant pouvoir négocier avec les Lorrains une position reconnue pour l'Alsace et la fixation de la capitale de région à Strasbourg, ville d'envergure européenne (Parlement européen, Conseil de l'Europe, Cour européenne des Droits de l'Homme).

Avec des élus influents, comme la sénatrice UDI, Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg, Jean Rottner remet dans le débat public l'idée d'une Alsace rénovée avec de nouvelles alliances territoriales basées sur les métropoles et coopérant avec la Lorraine, Belfort-Montbéliard et les régions allemandes avec lesquelles des partenariats de poids sont établis.

En arrière-plan, il y a la question du droit local alsacien-lorrain, dont l'un des effets est que la sécurité sociale locale spécifique ne coûte rien aux contribuables français, car avec une Lorraine, dont la moitié est sous ce régime, sa pérennité, à laquelle la population est très attachée, serait assurée. L'adjonction de la Champagne-Ardennes romprait cet équilibre et beaucoup d'autres.

L'échec du référendum local du 7 avril 2013 qui avait vu rejeter la fusion des deux départements d'Alsace pèse lourd. Il était le résultat d'un manque de clarté sur le projet et d'orgueil mal placé d'élus du Sud qui étaient jaloux d'une éventuelle promotion de Strasbourg.

Il semble qu'une réaction se dessine pour remettre l'Alsace dans son droit à ne plus être un bouchon flottant sur la mer des fantaisies extérieures.

En un mois, 50 300 adresses ont été recueillies sous un slogan très clair : «Arrêtons de subir ! Nous, Alsaciens, prenons notre destin en main ! ». Mais, nulle pensée d'indépendantisme ou d'autonomisme chez Jean Rottner qui se déclare Français et Alsacien.

En Bretagne, où le grand sujet régional actuel est la Réunification, on pourrait penser que des pétitions puissent obtenir plus d'adhésions dans un territoire trois fois plus peuplé.

Il n'en est, malheureusement, rien, car « Bretagne réunie » a mis une pétition sur son site qui n'a réuni à ce jour que 6 796 signatures (par inscription) de « Bretons, anonymes, élus... » » qui acceptent une « Charte de la Réunification » (voir le site) tandis que le Collectif 44=Breizh a préféré faire héberger sa propre pétition sur le site Mesopinions.com et a recueilli, jusqu'à maintenant 5 322 « signatures ».

L'Union démocratique bretonne a, aussi ouvert une page de pétition sur un site belge lapetition.be (voir le site) et affiche 1 341 signataires.

Le tableau ne serait pas complet, si on ne mentionnait pas la pétition adressée à « M. le Président de la République française » lancé sur le site avaaz.com et qui, malgré le soutien affiché de la confédération Kendalc'h n'a encore suscité que 341 clics (voir le site)

On aura remarqué que le total des pétitions bretonnes ne fait qu'à peine le tiers des résultats de la pétition alsacienne. Il ne semble pas que la pétition soit une chose qui motive les Bretons. S'ils préfèrent marcher dans la rue, ils ont pu et ils vont encore pouvoir le faire (27-09, à Nantes).

Additif du 24-08-14. Dans un commentaire, Breizh-Infos nous informe qu'il a aussi lancé une pétition en ligne sur la question. Les 3 698 signatures obtenues à ce jour ne modifient pas réellement le résultat d'ensemble.

Article de l'Agence Bretagne Presse sur le drapeau alsacien et le parti autonomiste alsacien : (voir le site)

Site de la pétition Alsace : (voir le site)

Christian Rogel

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