En 2018 la France est en pleine régression souverainiste. Emmanuel Macron avait suscité des espoirs, vite déçus, car il est clair qu'il renforce l'état jacobin. Les Corses lui ont tendu la main : fin de non-recevoir. Pire, il soutient la politique de Madrid contre les Catalans : des élus en prison ou en exil pour délits d'opinion, droit de vote bafoué, etc.

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Ce repli sur soi de la France rogne des pans entiers de la démocratie. Le tourbillon de la mondialisation, la crise économique et le pessimisme ambiant ont favorisé ce repli identitaire. L'esprit français n'est plus en phase avec la marche du monde. Les politiques, les élites et les médias sont déconnectés des classes populaires. L'intégration ne fonctionne plus.

C'est l'Etat-nation qui se fissure : il s'était construit sur la mort des peuples autochtones, or, aujourd'hui ceux-là se se lèvent et s'essuient les genoux. La France va-t-elle accepter le pluralisme et l'altérité ou restera-elle campée sur une grandeur passée qui la mènerait tout droit à sa perte ? Telles sont les questions que pose Yvon Ollivier.

Yvon Ollivier est auteur, juriste et porte parole de la coordination des juristes de Bretagne. Il est l'auteur de plusieurs romans et d'essais dont La désunion française : Essai sur l'altérité au sein de la République un ouvrage important remarqué en France et même à l'étranger (voir le site) Il écrit aussi des chroniques sur l'ABP.

Broché 12,5 x 19 cm

240 pages

Illustration de couverture : Jean Baeumlin   lovely-elsa.blogspot.fr

Maquette de couverture : Jean-Eric Balnoas    http:/balnoas.blogspot.fr

Mise en page : Altay Dagistan altaydagistan.com

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Vos commentaires :

Lucien Le Mahre
Mardi 15 mai 2018

Dans l'esprit de ce plaidoyer (ou, plus ludique : playdoyer ?) et en attendant de le lire, voici déjà un point de réflexion et de comparaison sur le sujet.

Nous discutons en effet volontiers en Bretagne sur des objectifs génériques un peu flous de "régionalisation, d'autonomie, de fédéralisme ou d'indépendance", qui sont souvent des auberges espagnoles recouvrant des contenus si divers qu'il convient de les préciser afin d'être bien sûrs de ne pas confondre rêves et réalités.

Une "dé-jacobinisation dans le cadre français" est déjà possible quoiqu'on nous dise et voici donc l'exemple bien concret de la Nouvelle Calédonie.

La "collectivité" créée est nouvelle en droit français. Elle a été qualifiée par des "spécialistes du droit de pays à souveraineté partagée". Ce statut se rapproche ainsi de celui d'un "Etat fédéré", également un concept nouveau dans le modèle centralisé de la République.

Les compétences transférées à la Nouvelle-Calédonie comprennent la plupart des compétences jusqu'ici exercées par l'Etat français.

Les compétences régaliennes : la justice, l'ordre public, la défense, la monnaie et les affaires étrangères (celles-ci avec des dispositions particulières, voir compétences partagées) restent seules de la compétence exclusive de l'Etat.

Certaines compétences sont dites partagées : relations internationales et régionales (association aux affaires concernant le Territoire), étrangers, audiovisuel, maintien de l'ordre (information de l'exécutif), dessertes aériennes, réglementation minière (Etat représenté au Conseil des Mines), enseignement supérieur et recherche.

L'Exécutif de la Nouvelle-Calédonie devient un "Gouvernement collégial" élu par le Congrès du Territoire et responsable devant lui. L'Exécutif est désigné à la proportionnelle par le Congrès.

La Nouvelle-Calédonie détermine librement les signes identitaires permettant de marquer sa personnalité aux côtés de l'emblême national et des signes de la République. Elle peut décider de modifier son nom.

Le transfert des compétences de l'Etat à la Nouvelle-Calédonie se fait de façon progressive sur la durée de quatre mandats de 5 ans du congrès.

C'est à partir de ce statut assurant déjà le territoire d'une belle marge de manœuvre, que des élections vont avoir lieu prochainement pour demander aux Calédoniens s'ils s'en contentent ou s'ils veulent aller plus loin et faire carrément sécession pour devenir indépendants.

Léon-Paul Creton
Mardi 15 mai 2018

Lucien Le Mahre : Calédoniens ou Kanaks ?

Le déséquilibre démographique organisé depuis belle lurette et en permanence est en faveur de quel « peuple » ? La représentativité ainsi quasi déterminée, que l’on doit prévoir, vous assure-t-elle de la valeur de proportionnelles que l’on peut envisagées comme jouées, et souhaitées certainement par Paris.

Qui ? Avec l’aide des organismes et officines françaises interprétera ces droits et leurs applications pour tels ou tels intérêts ?

Devons-nous donc nous considérer satisfaits pour les Kanaks ? Et éventuellement, baver d’envie devant une « planification » qui me paraît inciter, connaissant la France, à davantage de vigilance, à ne pas baisser la garde.

Si j’étais Kanak.

Mais comme Bretons nous n’avons pas ces préoccupations ?... Ouf !

Lucien Le Mahre
Mercredi 16 mai 2018

@Leon-Paul Creton

Je suis évidemment au courant des inconvénients et des manoeuvres que vous soulignez. C'est la règle, les Etats ne cèdent jamais rien de gaieté de coeur, il ne faut pas s'en étonner (ce qui est également valable pour nous), les conditions de l'évolution en cours étant quand même, reconnaissons-le, largement préférables à un conflit meurtrier style Indochine ou Algérie.

Mais j'ai pris volontairement ici le parti de ne m'exprimer que sur "le processus politique en cours", tant il est bien rare dans le domaine français où nous nous trouvons également.

Ceci à titre, non de "modèle" bien sûr, mais "d'exemple concret " à examiner avec attention car il montre une rupture inhabituelle - et donc possiblement exploitable - dans le jacobinisme français. C'est aussi un curseur à déplacer afin de caler, en plus ou en moins, nos désidératas en tant que Bretons.

Tant qu'on ne met rien de concret sous les stades d'émancipation cités plus haut, on reste dans le vague et l'approximatif, tant qu'on en reste à une hiérarchisation de principe des étiquettes sans examen des réalités particulières qu'elles recouvrent - ce qui me semble trip op souvent être le cas en Bretagne actuellement - on en reste à une approche superficielle et je dirais quasi adolescente de notre propre avenir.

J'ai déjà ici même examiné depuis longtemps la situation catalane dont j'ai suivi régulièrement sur place les enviables évolutions à partir de la Constitution espagnole de 1978, mais je n'ai jamais pris position pour ou contre l'indépendance. Ceci leur appartient en propre, même s'il n'est pas interdit d'en parler.

De la même façon, j'ai à plusieurs reprises exprimé ma sympathie - sinon mon admiration - pour le modèle basque, qui, à l'inverse, a l'air de satisfaire les gens puisqu'il n'y a pas de demande d'indépendance. Ce statu quo regarde les intéressés, non l'observateur étranger que je suis.

Force est d'admettre que Catalogne et Euskadi trouvent, du moins pour le moment, leur intérêt ou leur équilibre, non dans des formules identiques et toutes faites, mais dans des situations concrètes différentes, adaptées à leur cas. Selon eux bien entendu et non selon nous.

Bien cordialement

yvon Ollivier
Dimanche 20 mai 2018

Une précision, la sortie officielle des deux ouvrages, le livre blanc de l'unité bretonne et le "plaidoyer pour nos communautés" est le 25 mai !!

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