Plainte déposée à l’ONU au sujet des discriminations linguistiques en France

-- Langues de Bretagne --

Dépêche
Par Philippe Argouarch

Publié le 24/07/21 8:40 -- mis à jour le 31/07/21 10:25

Le Réseau européen pour l’égalité linguistique (ELEN) a déposé une plainte officielle auprès des Nations Unies concernant la discrimination persistante à l’encontre des langues régionales par l’État Français.

La plainte fait suite à la récente censure de certains articles du Conseil constitutionnel en France sur la loi Molac qui avait été largement adoptée par l’Assemblée Nationale. La décision a eu pour effet de rendre l’enseignement par immersion à l’école anticonstitutionnelle et donc illégale.

Monsieur le rapporteur spécial sur les questions relatives aux minorités,

Au nom de notre ONG européenne ELEN Réseau européen pour l’égalité  des langues et de ses membres de l’ état français, nous vous adressons un appel concernant les minorités linguistiques de France qui subissent une politique pr occupante pour le respect de leur droit à l’enseignement de leurs langues et dans leurs langues ainsi qu’à leur usage dans la vie publique et privée. C’est la survie même de leurs communautés de langue qui est menacée en particulier suite à une récente décision du Conseil constitutionnel qui marque un brutal retour en arrière.

Voir en bas la lettre adressée à Fernand de Varennes, le Rapporteur spécial sur les questions relatives aux minorités

Document PDF 53141-elenlettredallegationaurapport.pdf La lettre au Rapporteur. Source : ELEN
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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 10 commentaires
CDH
Samedi 24 juillet 2021

Il faut espérer que cette initiative bénéficiera d'un meilleur suivi que le recours contre le découpage régional déposé en 2004 devant le Comité des Droits de l'Homme (cf. (voir ABP 883)) dont le résultat précis n'a toujours pas été communiqué par l'avocat en charge du dépôt.

Le Martinico-Breton
Samedi 24 juillet 2021

Une très bonne chose, en espérant que la décision de l'ONU aille dans ce sens et condamne l'État.
D'ailleurs je pense qu'il faudrait prendre le même chemin concernant la réunification de la Bretagne.

AFB-EKB
Samedi 24 juillet 2021

A-bouez kenan . Ne blij ket d'ar goarnamantoú gall bout enebiet er framm kevredigezhioú etrevroadel. Ordin eo ar goarnamant gall hag a zo rein kentelioú d'ar goarnamantoú estren e anv "Droejoú mab-den".

Killian Le Tréguer
Dimanche 25 juillet 2021

Bonne démarche, mais je regrette fortement la terminologie "langues régionales" un fourre-tout péjoratif dans une approche typiquement jacobine en fait qui revient clairement à se tirer une balle dans le pied.

Fañch ar Vilin
Dimanche 25 juillet 2021

Un coup d'épée dans l'eau dont ont a l'habitude

David Keragan
Dimanche 25 juillet 2021

Fernand de Varennes est un expert en matière de droits linguistiques et, de par ses origines acadiennes, très sensibilisé à la cause des minorités linguistiques. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises pour le travail ici au Canada, c'est quelqu'un de très humain. La question est de savoir quelles sont ses champs de manoeuvre. Quant au français, il est aussi une "langue régionale" malgré son statut officiel au Canada, les minorités francophones doivent se battre constamment pour défendre leurs droits dans toutes les provinces hors Québec. A l'heure actuelle, l'Etat français n'a aucune légitimité pour parler d'inclusivité, de diversité culturelle et linguistique à l'échelle internationale, ou pour promouvoir le français dans d'autres pays comme il essaie de le faire.

Killian Le Tréguer
Lundi 26 juillet 2021

"Quant au français, il est aussi une "langue régionale" malgré son statut officiel au Canada"
Mais non, le français n'est pas une "langue régionale" au Canada. Ne reprenons pas une terminologie exclusivement utilisée par la république une et indivisible. Je trouve totalement aberrant que même nous reprenions cette terminologie, c'est de la soumission complète en fait.

Brocélbreizh
Lundi 26 juillet 2021

Excellente démarche.
Merci pour votre action concrète.

David Keragan
Mardi 27 juillet 2021

à Killian Le Tréguer
Oui, c'est pour cela que j'utilise les guillemets. Au Canada, on parlera de minorité de langue française, langue minoritaire officielle, etc. Et lorsqu'on parle de bilinguisme ici, c'est toujours dans le sens anglais-français, les autres langues, notamment celles des Autochtones, sont mises à la trappe.

Lucien Le Mahre
Vendredi 30 juillet 2021

Bravo pour cette action méritoire. Il y en aura sans doute une ribambelle d’autres, de nature éternellement défensive, tant que nous n’aurons pas récupéré notre dû politique fondamental, gage de notre droit à vivre normalement, à savoir : Réunification /Compétences politiques et culturelles élargies/ Gestion interne sur base d’autonomie fiscale et financière (le nerf de la guerre !).
A ce sujet, j’espère que les membres de la nouvelle assemblée régionale - élus pour un fameux bail de près de sept ans ! - sauront dépasser les habituelles tentations de «notables» satisfaits d’être affectés aux gestions limitées et parcellaires de la Région, ainsi qu’aux trop nombreuses inaugurations de chrysanthèmes, pour étendre et muscler leur rôle à l’élargissement de la situation politique résumé plus haut. Même remarque pour les élus départementaux.
Ne pas le faire au cours de ce long mandat capital (et pas seulement pour nos langues) les épinglerait pour moi définitivement au rang des «Benni oui-oui» indigènes de l’Algérie coloniale qui acquiesçaient à tout pour ne pas perdre leur place. On a déjà chez nous suffisamment d’exemples comme cela pour ne pas en rajouter !
@Killian Le Tréguer
C’est vrai qu’une langue nommée «régionale» accepte de fait une place subalterne dans la hiérarchie des langues. La formulation admet d’emblée un côté mineur, provincial, secondaire, vassal par rapport à toute langue «nationale», surtout si celle-ci est en plus internationale.
On emploie cependant cet adjectif (à tort, je suis bien d’accord) mais sans penser à mal, par habitude, par routine, ou selon l’interlocuteur en pensant se faire mieux comprendre, alors que s’agissant du breton, le caractère national est incontestable, mais -petit détail - émanant d’une nation qui n’ayant plus officiellement cours dans la République et donc la prolongeant fâcheusement…
Langue «autochtone» ? Il y a là un relent d’idiome primitif et finissant qui nous tire encore plus en arrière et pourtant il n’est pas inutile parfois de préciser l’antiquité du breton, notamment par rapport au français et aussi pour échapper au faux égalitarisme oecuménique et «universel» qui établit une égalité pénalisante pour nous entre nos sept langues «autochtones» et l’envahissante profusion des langues d’immigration récente rendant impossible pour tous toute gestion de maintien.
Quel(s) terme(s) privilégier en définitive ? En tout cas la question mérite d’être posée, c’est sûr.

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