Place au peuple...breton

-- Politique --

Communiqué de presse
Par Yves-François Le Coadic

Publié le 29/11/13 12:43 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le vent des indépendances se lève en Europe et ...en Bretagne ?

Alors que le problème de l'indépendance des peuples sans Etat se pose un peu partout dans le monde, est-il possible aujourd'hui en France, après la révolte qui a embrasé la Bretagne ces dernières semaines, de parler d'une éventuelle indépendance du peuple breton, peuple sans Etat ?

Les nations comme les individus ont la vocation à être libres et indépendants, deux conditions de leur épanouissement. Il est donc anormal qu'une nation vive sous la tutelle d'une autre nation. En près de 70 ans, plus d'une centaine de nations se sont libérées de leur tuteur pour acquérir leur souveraineté et font partie des 193 pays membres de l'ONU. En Europe, la Bretagne, tout en disposant des capacités pour le faire, est une des dernières nations à ne pas se constituer en pays souverain. Une anormalité à corriger ? Comment ne pas penser aux exemples actuels de nations aspirant à devenir des pays souverains et vivant encore sous la tutelle d'une autre nation, comme le Québec sous la tutelle du Canada, l'Ecosse sous la tutelle de la Grande-Bretagne, la Catalogne sous la tutelle de l'Espagne. Dirigés pourtant par des gouvernements indépendantistes, ces nations éprouvent malgré tout des difficultés à s'affranchir, par la voie démocratique des référendums, de la lourde tutelle de leurs nations tutrices.

Régionalisme plutôt qu'indépendance ?

Aujourd'hui en France, il est possible de parler de décentralisation, de régionalisation. La raison d'être de la régionalisation à la française est d'abord de favoriser, mais avec de petits moyens financiers, le développement économique et social, les développements institutionnels, culturels et linguistiques étant secondaires. Ce sont pourtant quelques-unes des retombées attendues de ces fameuses décentralisations en plusieurs actes, le dernier Acte III s'étant ouvert en mai dernier.

On peut s'interroger sur la pertinence pour la Bretagne du concept de régionalisme en lieu et place du concept de nationalisme. Il y a en Bretagne une forte identité collective bretonne. Il y a chez les gens un fort attachement émotionnel et des composantes culturelles et linguistiques évidentes. Or, la région, en France, c'est une construction administrative bureaucratique, résultat d'une dissection géographique, jeu de l'esprit de quelques hauts fonctionnaires. Prisonniers de la géographie administrative, après avoir disséqué la France en des départements à noms de rivières, ces mêmes arithméticiens se sont mis à les agréger dans des ensembles régionaux incohérents. Sans tenir compte de l'irréductible originalité d'ensembles territoriaux à la personnalité fondée historiquement et possédant souvent, par surcroît, une homogénéité géographique comme la Bretagne.

Alors que de nouveaux pays naissent régulièrement dans le monde, nous croyons que la Bretagne doit écrire elle aussi son nom dans le grand livre de l'histoire des peuples. L'aventure de la Bretagne est celle d'une nation qui développe une relation d'égal à égal avec les autres nations européennes, à commencer par la nation française.

Les Bretons ont-ils rendez-vous avec la liberté et avec le pays que portent depuis si longtemps leurs espoirs ?

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