Philippe Guével publie son 2e album- « Une histoire des beaux jours »

-- Musique --

Chronique de Culture et Celtie
Porte-parole: Gérard Simon

Publié le 22/01/21 10:18 -- mis à jour le 22/01/21 20:58
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Jaquette CD Philippe GUEVEL : Une histoire des beaux jours.

2008 : Philippe Guével publiait son premier opus instrumental, titré « Tyle of Lochals’h », proposant, au travers des 12 titres qui le composent, un caractéristique voyage musical aux couleurs iconiques des pays celtiques et pour lequel il avait, alors, reçu le Grand Prix du Disque du Télégramme.

Comme en hypothétique analogie avec ce nombre 12, c’est douze ans après la parution de ce prime recueil orchestral précité que le compositeur finistérien offre à notre oreille son nouvel album… là, encore, de 12 titres, intitulé : « Une histoire des beaux jours ».

Le musicien, compositeur, arrangeur, breton de Plourin les Morlaix présente cette nouvelle création comme « Un nouveau CD de musiques orchestrales, dans un style musique de film et celtique ».

En prémices à notre attentive écoute, cette qualification cinématographique ne nous étonne pas, puisque Philippe GUEVEL est un compositeur de musiques à l’image qui a écrit, il y a quelques années passées, des pièces musicales exclusives et uniques pour les films d'entreprise. S.T.G., Piriou, Larnicol et Toyota.

Auparavant, France 3 Bretagne l’avait déjà sollicité pour la conception de la musique du générique de l'émission « Littoral ».

L’audition de ce nouveau programme, « Une histoire des beaux jours », confirme, sans réserve aucune, cette « labellisation » de l’auteur, avec une picturale partition, certes nuancée, mais souvent d’une ample texture, chère à l’artiste qui semble, particulièrement, affectionner les larges et illustratives fresques sonores qui rendent le cinéma, encore, plus spectaculaire et parfois, même, grâce à sa seule et spécifique Bande Originale, plus largement connu et mémorisé du grand public.

« J’aime beaucoup les orchestrations importantes. C’est de la musique maximaliste. », confie-t-il à Ouest-France.

Cette conception est, nous l’avions perçu, l’un des marqueurs de l’œuvre de Philippe GUEVEL qui écrit sa musique « en pleins et déliés ».

Pour notre part et à votre destination, nous avions, sur Culture et celtie, l’e-Magazine, déjà, rencontré son nom au travers du disque « Kantikouù Breizh » où ses talents musicaux et techniques, étaient unis au prenant chant de Clarisse LAVANANT, puisqu’il en signait le clavier, l’harmonium, l’orgue, les programmations, les arrangements, l’enregistrement, le mixage et le mastering, excusez du peu !

« Kantikoù Breizh », un remarquable Compact-Disk que nous vous conseillons dans la rubrique « A RETENIR » de notre page les CD (Voir rubrique) .

Le côté liturgique de cette production discographique lui convenait à merveilles, puisque, depuis 1988, Philippe GUEVEL tourne, également, dans les églises et lieux de pèlerinage avec son complice musicien, auteur-compositeur-interprète de chants religieux, Patrick RICHARD.

Nous avions, cette fois, nommé Philippe GUEVEL, au sein de notre chronique consacrée à l’album « De Kerouze à Ouessant », pareillement, enregistré en son studio personnel de Kersaudy, un excellent disque de Clarisse LAVANANT, où il exerçait les mêmes talents artistiques que pour l’enregistrement précédemment cité (Notre chronique) .

Revenons à « Une histoire des beaux jours » qui, dans l’esprit et le contexte des appétences, compétences et expériences sus décrites de l’initiateur et créateur du projet, réunit autour de son propre jeu au piano et à l’harmonium, pas moins de 17 musiciens et choristes dont, David ER PORH (Arvest), aux guitares acoustiques, Ronan LE BARS, aux Low Whistle et Uillean Pipe. Dan AR BRAZ, aux guitares électriques et acoustiques et Clarisse LAVANANT, au chant choral.

C’est pourquoi, dans sa présentation synthétique, la connotation celtique associée, par l’artiste, à celle de l’illustration sonore de l’image animée, se fait, également entendre, au travers des plages du CD. Nous observerons que, si le style musique de films prime au cœur des premières plages, les sonorités celtisantes s’emparent, crescendo de ce qui est, aussi, un vrai film musical avec ses plans et séquences, le final explosant, dans ces couleurs enracinées inspiratrices, sans ambigüité.

Le « scénario » de l’album est, clairement, précisé par ce « cinéaste des notes » qu’est Philippe GUEVEL :

« L'idée était d'imager, en musique, des moments particuliers de ma vie ou des moments que chacun peut reprendre pour lui. ».

Ce programme de près de 48 minutes, résulte d’un choix de mélodies que le musicien morlaisien a composées durant ces douze années « d’entre-deux ». Au cours de ses nombreux arrangements réalisés pendant cette induite période de gestation personnelle, des idées sont venues à l’oreille et au cœur du viscéral créateur. Prudemment, il les a enregistrées pour, plus tard, les développer, les peaufiner, les enjoliver.

Enregistré de juin 2019 à mars 2020, toujours à Kersaudy, l’opus « Une histoire des beaux jours » est le fruit d’un travail de mise en place de deux ans.

Ainsi, Philippe GUEVEL nous brosse, en douze superbes tableaux, des lieux, des moments, des visages qui génèrent en nous, nos propres… images !

Au cours de cette symphonique déambulation musicale, la spiritualité païenne croise, parfois, le sacré, avec, ça et là, les bases mélodiques d’un vieux cantique ou d’un Kirye grégorien, les savoureux bonbons que sont les souvenirs d’enfance s’effacent, en fondu enchainé, vers des espérances nouvelles, les hommages à des figures amicales et musicales disparues viennent en plans de coupe, l’invitation à la promenade ou à la danse qui ponctuent la panoramique fresque venant prolonger, mieux encore, la sérénité qui baigne l’harmonieux choix musical.

« Les moments particuliers de la vie » de Philippe qui enfantent « des moments que chacun peut reprendre pour lui », le musicien nous les décrit, pour chaque morceau, par un court commentaire, une petite histoire, consignée sur les pages du livret qui accompagne le disque.

Un joli et, décidemment, pictural livret, puisqu’illustré des toiles signées de son frère, Jean-François Guével, « peintre, ou plutôt, compositeur de lumière », comme le qualifie le composteur de notes, Philipe. In fine, une belle association artistique de fins « coloristes ».

Et il y en a, des couleurs, des lumières et des ambiances dans ce programme que nous vous conseillons d’écouter à bon volume, afin d’en apprécier toute la belle et ample mise en place réalisée pour les différentes strates mélodiques.

La qualité de la prise de son, du mixage de Philippe et du mastering, signé du studio finistérien de Guipavas, Vocation Records (Voir site) , le permettent.

Après une ample ouverture, avec le titre « Grimper aux arbres » qui illustre, parfaitement, nos propos, précédemment tenus, nous avons, particulièrement apprécié, en plage 2, « Une page se tourne - (Manon) » qui, plus planant, plus lounge, plus ambiant, comme disent les « initiés branchés », notamment, sur la ponctuation de la guitare électrique de Dan AR BRAZ et des nappes évanescentes des chœurs, nous laisse déguster le délicieux Low Whistle de Ronan LE BARS.

Suivant « Cantique - (Nous te louons) », variation d’un vieux cantique (1950) de Joseph MARTHOURET, « Aube et crépuscule » apporte un autre éclairage, s’agissant, précisément d’accompagner le clin et déclin du jour. A cet instant, nous sommes ravis d’entendre de chaudes salves de cuivres que les violons enrobent et de retrouver, plus en avant, le piano du compositeur.

Nous vous ferons grâce de citer, un à un, les fort esthétiques plages qui composent cette « quasi-symphonie », où l’uillean pipe, dialogue avec les cuivres, les claviers avec les cordes, les voix avec les guitares, en réservant une ultime place à la bombarde.

Nous mentionnerons, néanmoins, l’hommage rendu, en plage 11, à la violoncelliste Florence DENIEL, professeur de violoncelle au conservatoire de Quimperlé, prématurément disparue en 2018.

A son sujet, Philippe GUEVEL précise : « Elle devait faire tout l’album avec nous. J’ai conservé l’enregistrement de ce titre que nous avions fait ensemble, en 2001, un titre réalisé, à l’époque, pour les dix ans de l’émission Littoral, sur France 3. »

Cette pièce, titrée « Visages », est magnifique. Le prime et profond duo piano-violoncelle de Florence et Philippe se prolonge et se fond, peu à peu, dans les spires de l’orchestre, où clarinette, hautbois et flûte traversière semblent, particulièrement, porter vers l'éternel au-delà, la talentueuse âme artistique de la, bien trop tôt, disparue…

Comme en écho, en lien, en compassion avec l’hommage susmentionné, c’est le suave et « remplaçant » violoncelle de Juliette DIVRY qui, après quelques notes d’une rythmique introduction tapissée de cordes, ouvre l’ultime plage du disque, quasiment dénommée comme l’album, mais au singulier, cette fois : « Histoire d’un beau jour ».

C’est en quelque sorte, en crescendo, l’envoi de ce « poème symphonique », de cette composition orchestrale en 12 tableaux pétrie de sensibilité, de souvenirs et d’espérances.

A mi-parcours de cette pièce finale, ponctuée par le jeu de guitare électrique bien reconnaissable de Dan AR BRAZ, cette

« coda » explose, littéralement, comme la marche d’un bagad qui, descendant des gradins naissants d'un fond de scène, frôlerait les rangs d’un chœur et les travées des pupitres d’un orchestre symphonique.

« Orchestral, musique de film, celtique », Philippe GUEVEL nous avait bien prévenus. Pour ce « générique de fin », tout y est !

A la fois, pleinement orchestral, quelque peu, pop et savamment acidulé de celtique, cette qualitative autoproduction, en un premier temps, disponible dans les librairies et grandes surfaces morlaisiennes, mais « urbi et orbi », via le site Internet du compositeur, « Une histoire des beaux jours », de Philippe Guével vous fera passer de très attractives, chaleureuses, émotionnelles, apaisantes minutes et, nous en sommes certains, par des réécoutes successives, où l’on découvre, toujours, de nouvelles et subtiles strates musicales, de belles heures, voire… « De beaux jours ».

Gérard SIMON

Illustration sonore de la page : Philippe Guével - "Séoube" - Extrait de 01:00.

d'autres extraits sonores sur Culture et celtie, l'e-MAGazine (Voir site):

Les titres du CD "Une histoire des beaux jours" de Philippe GUEVEL

01. Grimper aux arbres - 03:50.

02. Une page se tourne (Manon) - 03:54.

03. Cantique (Nous te louons) - 03:57.

04. Aube et crépuscule - 04:54.

05. Je n'oublierai personne - 03:31.

06. Séoube - 03:46.

07. Promenade - 04:26.

08. Papa (Kyrie des anges) - 03:35.

09. Valse sereine - 03:17.

10. A notre tour - 04:06.

11. Visages - 03:38.

12. Histoire d'un beau jour - 05:06.

Le site officiel de Philippe GUEVEL : www.philippeguevel.fr

CD "Une histoire des beaux jours" de Philippe GUEVEL

Parution : Décembre 2020

Réf : VOC 9259

Pour commander l'album sur le site de l'artiste : Cliquez ICI

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