Non-ouverture d’une classe bilingue à Plougasnou : à quoi joue l’Éducation Nationale ?
Communiqué de presse

Publié le 11/08/22 8:45 -- mis à jour le 11/08/22 09:46

Alors qu’une ouverture de section bilingue français / breton était prévue en septembre 2022 à l’école Marie-Thérèse Prigent de Plougasnou, la Direction Académique des Services de l’Éducation Nationale du Finistère a annoncé au début des vacances scolaires que la première classe n’ouvrirait finalement pas à la rentrée de septembre. Un critère nouveau venait de faire son apparition : la nécessité d’avoir plus de 8 élèves inscrits, justement le nombre atteint à ce jour.

La commune, les parents d’élèves voient leur long travail de préparation ruiné, leur attente déçue. L’émotion est grande, la colère aussi, car il s’agit bien d’un déni de parole. L’administration met notamment en avant le nombre insuffisant de professeurs des écoles bilingues disponibles. Or on apprend dans le même temps que des enseignants ayant l’habilitation bilingue seront nommés l’année prochaine sur des postes monolingues pour des arguties administratives.

L’Éducation Nationale ne se donne pas les moyens d’atteindre les objectifs fixés par la Convention 2022-2027 sur les langues de Bretagne. Ainsi, plusieurs professeurs qui souhaitent se former en breton se sont vu refuser leur formation. Il y a matière à douter de la bonne volonté de l’E.N. quant à l’application de cette Convention. Le « mammouth » continue cyniquement sa gestion à la petite semaine des « ressources » dont il dispose. Après le départ salutaire de Jean-Michel Blanquer, le recteur de l’Académie de Rennes est resté en place ; on peut douter que l’arrivée d’un nouveau ministre résoudra tous les problèmes, puisque l’administration reste la plus forte par son énorme pouvoir d’inertie et son orientation idéologique intrinsèquement néfaste pour nos langues. Seule une réelle décentralisation des pouvoirs de décision concernant l’enseignement en Bretagne permettra de s’adapter au mieux à la demande des Bretonnes et des Bretons concernant les langues de Bretagne.

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La section du Pays de Morlaix et des monts d’Arrée de l’Union démocratique bretonne apporte son soutien aux parents d’élèves, aux enseignants et à la municipalité de Plougasnou dans leurs démarches pour trouver une issue favorable à cette situation créée par l’institution. Nous appelons les Bretonnes et les Bretons et les amis des langues de France à signer la pétition mise en ligne par les parents sur Change.org : https://www.change.org/p/une-classe-bilingue-français-breton-à-plougasnou-dès-la-rentrée-2022 et à faire pression sur l’administration, notamment via leurs élus.

Pour la section du Pays de Morlaix et des monts d’Arrée de l’Union démocratique bretonne / Unvaniezh demokratel Breizh,

Philippe Plouzané

06 74 60 21 93, philippe.plouzane [at] wanadoo.fr

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Vos 6 commentaires
Alter Écho & Ego machin
2022-08-11 10:25:35
Á qui profite ,et à qui cela sert , seulement, cette dépendance à l'É.N ???
(1) 
Thomas
2022-08-11 15:31:59
@Alter
A payer les profs et autres dépenses de l'enseignement?
A titre d'exemple, les cathos touchent ainsi +/- 10 milliards tous les ans.
(0) 
pierre daniel
2022-08-12 05:43:21
demat
Seul un pays fasciste est capable d'interdire l'usage de sa langue a un peuple .
(2) 
Alter Écho & Ego machin
2022-08-12 07:25:52
D'où pierre daniel, la contradiction de se mettre sous sa coupe, pour son apprentissage,aux enfants du peuple en question!
Alors, qui donc en tire réel bénéfice, ou relatif ? Ou autre que celui de sauver la langue qui s'oppose dans ce cas bien précis à celui qui veut l'éradiquer? Qui dans ce cas paradoxal devient le payeur...
Et quelle pensée a amené à faire cet étrange choix!? Concernant Diwan.
(0) 
Naon-e-dad
2022-08-12 10:09:51
@Thomas
Vous oubliez que les parents qui envoient leurs enfants dans des écoles "cathos" , comme vous dites, paient une bonne part de la scolarité (pour certains c'est un sacrifice financier) . Autrement dit et grosso modo, ils paient deux fois un service public. Il faut croire que l'enseignement est de qualité puisque, on le sait les enfants de tout bord (toutes options intellectuelles et tous milieux confondus) s'y retrouvent.
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Regardez l'exemple (dramatique) du Liban. Les écoles catholique sou chrétiennes y sont fréquentées par tous (enfants musulmans compris). Mieux encore, si le pays survit, c'est déjà et ce sera grâce à la minorité chrétienne (les acteurs de terrain en sont conscients). A réfléchir donc.
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Rien n'est parfait,...et il y a d'excellents professeurs à l'EN. La différence réside dans des choix systémiques, issus d'une situation (en France) apparue sur fond conflictuel (il faudrait se demander pourquoi) sous-jacent. En arrière-plan, la question de "Dieu" (interdite de fait dans l'espace public, ou disons-le dans notre société plus généralement). Il ne s'agit pas ici de cléricalisme, bien entendu.
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En clair, et en breton: ..Un Doue a zo (ha n'eo ket un idol!). Penaos kompren an dra-se? Da skwer, dre lenn - ha pa vefe a dammouigoù nemetken - ar "skriturioù" (Bibl ar "Yuzevien" - d.l.e Testamant kozh - , ha d'he heul hini ar "Gristenien" - d.l.e Testamant nevez). Pa ne vez ket skignet ar sevenadur braz, ha skiant prenet Mabden war ar meme tro, eo dav d'an den e c'hlask e unan-penn pe dre voaien all.
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Pour finir et revenir sur le centre du sujet, je regrette que, en Bretagne, l'enseignement "libre" ou "privé" ait été plus suiveur que moteur dans l'enseignement de la langue bretonne (merci à Yannig Baron pour son action, au passage).
A galon
(1) 
Thomas
2022-08-14 22:12:33
@Naon-e-dad
c'est pas moi qui le dit, c'est eux qui se nomment comme ça de par leur vocation universaliste.
Ce n'est pas un service public depuis les lois de jules ferry poussé par les milieux protestants (mi chrétiens) et y a des enfants de tout bords surtout lorsque l'école est la seule dans le coin(bcp d'écoles catholiques dans les campagnes car moins de concurrence avec les écoles laiques de l'état).
Le probléme de l'enseignement libre/privé c'est qu'il est dépendant de la volonté de l'état. Par exemple, diwan qui a du mal à recevoir le forfait scolaire qui lui est dû.
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La question de dieu(x) et de ses/leurs représentations est ominprésente chez les humains (complexe de la conscience). On retrouve cela aussi en france aussi bien dans les institutions que dans la société.
Vous abordez la variante abrahamique, pourquoi pas. Par contre, la chose est simple à comprendre mais bon les humains et le divin, il y a une raison pourquoi ça fait deux(ce qui explique leur fascination malsaine pour ce phénomène).
Les plus cocasses restent les deus ex machina de bric et de broc qui ont souvent bien du mal à cacher leur vacuité spirituelle.
(0) 
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