Nolwenn Korbell : La langue bretonne est un collier d’hermines qui me relie à mes ancêtres

-- Langues de Bretagne --

Chronique
Par Philippe Argouarch

Publié le 24/09/21 18:22 -- mis à jour le 25/09/21 09:03
Ma langue bretonne

Alors que demain aura lieu à Quimper la cérémonie de la remise du Collier de l’Hermine, la prestigieuse décoration qui récompense des Bretonnes et des Bretons qui se sont distingués, soit pour avoir fait rayonner la Bretagne un peu plus, soit pour avoir consacré leur vie à sa cause, nous revenons six ans en arrière quand la chanteuse et actrice Nolwenn Korbell a trouvé les mots justes qui ont touché le coeur de milliers de personnes sur ce qu’est pour elle la langue bretonne.

« Ma langue me remue les tripes et le cœur parce qu’elle me relie à mes grands-mères, à mes ancêtres, à mes parents, à mon fils, à mes amis, à ma terre, qui par ses noms de villes, de lieux-dits, de rivières, de chants, me parlent et me disent leur histoire et me permettent d’y inscrire la mienne. - Nolwenn Korbell

Dans son discours, Nolwenn Korbell répondait au philosophe Michel Onfray qui a parlé des langues régionales comme « d'un outil de fermeture sur soi, un dispositif tribal ». Dans une chronique intitulée Les deux bouts de la langue, parue dans Le Monde du 10 juillet 2010, Michel Onfray offrait une vision xénophobe et brutale de la diversité des langues. Il écrivait : « les nationalistes, plus justement nommés indépendantistes régionaux, font de la langue un instrument identitaire, un outil de fermeture sur soi, une machine de guerre anti-universelle, autrement dit un dispositif tribal ». S’ensuit dans sa chronique la promotion de l’esperanto!

Les positions de Michel Onfray sur les langues minoritaires sont d’autant plus surprenantes qu’il cite souvent le combat des Bretons contre l’État jacobin et qu’il a publié un livre titré « Décolonisons la province ». Il a même accusé l’État et sa clique jacobine d’avoir falsifié l’Histoire. Même les plus grands philosophes ne peuvent faire abstraction de leur propre nationalisme. Peut-on être girondin, être voltairien plutôt que rousseausiste, peut-on être contre le pouvoir central et être en même temps un nationaliste français souverainiste, c’est à dire nier les autres nations qui peuplent ce territoire ? Michel Onfray l’a démontré.

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 8 commentaires
Kerbarh
Vendredi 24 septembre 2021

Difficile à comprendre cette haine et ce mépris jacobin pour tout ce qui ne parlent et ne pensent pas comme eux.
Encore plus difficile à concevoir cette haine provenant de gens censés faire partie de l’élite.
Pourquoi tant d’intolérance, de rejet, de manque de compassion envers des cultures broyées par une machine etatique sans pitié ?

penn kaled
Vendredi 24 septembre 2021

.Girondins ou montagnards tous des jacobins à l'origine ,étude à l'appui
(voir le site)

Le webmaster
Samedi 25 septembre 2021

Pour suivre la cérémonie des Hermines en directe aujourd'hui à 14:30
(voir le site)

Lucien Le Mahre
Samedi 25 septembre 2021

Comme quoi on peut être un intellectuel connu et proférer les pires âneries, les plus insensibles et les plus méprisantes, puis les diffuser sans problème. ni scandale.
Mais c’était en 2010 et sa quête de sens - philosophique et politique - imitant souvent le vol zigzagant du bourdon, il semblerait que cet essayiste et polémiste ait depuis radicalement changé d’inspirateurs et de position.
A l’entendre, une prise de conscience serait intervenue chez lui lors de l’écriture de son bouquin sur Camus. Faut-il y voir l’origine de son virage à 180° ? Quoi qu’il en soit, le voici en effet devenu «girondin», tournant casaque à Mélenchon et s’intéressant à la normande Charlotte Corday exécutrice «girondine» du robespierriste Marat dans son bain.
Calé pour de bon cette fois ?
Pas certain car le voici à présent occupé à rapprocher les deux «populismes» de droite et de gauche. C’est sa part de liberté et nous tenons à la nôtre tout autant. Ceci étant, s’il lui reste en mémoire une seule phrase de Camus, on aimerait pour l’occasion que ce soit celle-ci : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde».
Surtout s’il n’y a ni excuses ni repentance.

thomas
Samedi 25 septembre 2021

@Kerbarh
Ba c'est juste un système d'organisation politique de la noblesse et de la bourgeoisie de robe qui ne peut qu'exister qu'au travers de la république. Pour être "l'élite", il faut une organisation sociale entérinant cette définition. Le système est d'ailleurs le même aujourd'hui. Par exemple, le chapelier vient de la faculté de droit de rennes. Toute la haute administration aujourd'hui vient/venait de l'ena.
Avant la république il fallait des lettres noblesse pour pouvoir intégrer les grandes écoles. On a conserver le même système de cooptation sociale. C'est pas jo le rigolo qui va pouvoir rentrer à henri IV.
Ainsi cela permet de "dresser" ceux qui veulent gravir les échelons sociaux d'un société uniforme où la médiocrité est la règle. Cela permet à l'organisation sociale de faire bloc contre toute forme de résistance.
Michel Onfray ne déroge pas à la règle malgré son aventure de l'université populaire. Il y en a un autre dans la même veine, franck lepage avec ses conférences gesticulées.J'aime beaucoup d'ailleurs la définition de wikipédia "Elle est considérée comme un outil de formation, d'émancipation et de politisation du peuple." Le moule, toujours le moule car c'est bien connu le peuple ne peut pas penser sans la généreuses main de l'universitaire pour le guider. (UIniversité, universitas, universitus, universel)
Ainsi entre un breton qui baragouine du charabia et un universitaire lettré papouasien, la république choisira toujours le second.
L'acharnement de ces gens-là vient du fait que les bretons ne veulent pas de leur république qui leur est si chère, à qui ils doivent leurs privilèges et cela les rends fous car cela remet en cause toute leur organisation sociale.

penn kaled
Dimanche 26 septembre 2021

Pour faire suite à Lucien ,il me semble que ce Onfray change d'idées comme de chemises ,il me parait très versatile .Thomas a tout à fait raison ,et une bonne part des Bretons parvenus dans ce système sont encore plus dangereux et intolérants que la moyenne . Ce sont souvent les agents de terrain efficaces du pouvoir central lui permettant d'achever une certaine normalisation .Ils sont efficaces ,leur discrétion telle une organisation clandestine est la base de leur efficacité ...

Killian Le Tréguer
Dimanche 26 septembre 2021

"Pour faire suite à Lucien ,il me semble que ce Onfray change d'idées comme de chemises ,il me parait très versatile", effectivement on pourrait attendre d'un philosophe de la sagesse. Aussi brillant fût-il, il a un par un exemple un égo, une mégalomanie, qui rejaillit sur de nombreuses positions balancées à l'emporte-pièce...ainsi sa haine de Macron sous prétexte que ce dernier l'aurait plus ou moins directement écarté d'un programme de service public pollue nombre de ses "analyses" depuis. C'est sinon un franchouillard épicurien (vivant dans l'Orne, en Normandie), rien de nouveau là-dessus.

Kerbarh
Lundi 27 septembre 2021

Difficile à comprendre cette haine et ce mépris jacobin pour tout ce qui ne parlent et ne pensent pas comme eux.
Encore plus difficile à concevoir cette haine provenant de gens censés faire partie de l’élite.
Pourquoi tant d’intolérance, de rejet, de manque de compassion envers des cultures broyées par une machine etatique sans pitié ?

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