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- Chronique -
Nègres blancs de Loire-Atlantique et racisme “ligérien”

En 1968, Pierre Vallières, un journaliste et écrivain québécois, dressait dans un ouvrage intitulé Nègres blancs d'Amérique, un portrait de la société canadienne française dans le Canada des années 1950 et 1960.

Yves-François Le Coadic pour ABP le 22/08/16 18:22

En 1968, Pierre Vallières, un journaliste et écrivain québécois, dressait dans un ouvrage intitulé “ Nègres blancs d'Amérique ” (1) un portrait de la société canadienne française dans le Canada des années 1950 et 1960.

Sans avoir la moindre prétention d’établir un lien entre Canadiens de langue franco-québécoise et Noirs américains, ce portrait mettait en évidence l’infériorité des Canadiens de langue franco-québécoise par rapport aux Canadiens de langue anglaise, maîtres économiques de la province de Québec et le racisme de ces derniers, c’est-à-dire "une attitude d'hostilité répétée voire systématique à l'égard de cette catégorie déterminée de personnes".

Aujourd’hui, il semblerait qu’être Breton en Loire-Atlantique, c’est aussi être un nègre blanc (2). Remarquons tout d’abord que les habitants du département de la Loire-Atlantique considérés comme Bretons jusqu’à récemment, administrativement ne le sont plus. Natifs de Montoir-de-Bretagne, de Fay-de-Bretagne, de Sainte-Reine-de-Bretagne, etc., vous n’êtes pas Bretons ! Vous êtes “ligériens”, nationalité des habitants de la région administrative des Pays de la basse Loire. Natifs de Châteaubriant, d’Ancenis, de Clisson, de Machecoul, villes des marches de Bretagne, vous n’êtes pas Bretons ! Vous êtes “ligériens”.

Ceux ou celles qui continuent à se penser Bretons ou ceux ou celles que l’INSEE, dans le cadre administratif qui lui est imposé, considère comme Bretons, c’est-à-dire les seuls natifs de la Bretagne administrative (soit 91 000 personnes en 2016 au lieu des 1 300 000 habitants du département de la Bretagne historique) sont considérés comme des êtres inférieurs par les Ligériens. "On ne veut pas de réunification de la Bretagne", "Les Bretons, on n'en veut pas", "On ne veut pas aller avec les ploucs" sont les commentaires recueillis récemment à la sortie des bureaux de vote (lors du référendum sur l’aéroport de NDDL) lorsque nous proposions à la signature une pétition demandant l’organisation d’un référendum sur la réunification de la Bretagne.

Cette image de nègre blanc était déjà présente il y a quelques années dans une exposition organisée par le Musée de Nantes sur "Nantais venus d’ailleurs - Qu’est-ce qu’un étranger ?" (3). Cet organisme français plus respectueux du cadre administratif que du cadre culturel considérait les Bretons comme des étrangers en Loire-Atlantique. Comme de plus, historiquement, leurs ancêtres, venus travailler en Basse-Loire, parlaient breton, cela ne faisait qu’accentuer leur statut d’étranger, immigré… dans leur propre pays.

Qui dit nègre dit racisme : le racisme "ligérien" semble malheureusement fonctionner en Loire-Atlantique aujourd’hui à l’encontre des Bretons.

Alors qu’en France, le racisme anti-breton, si vif fin du XIXe et début du XXe, n’est plus qu’un mauvais souvenir, c’est dans la partie amputée du territoire breton que renaît cette attitude d’hostilité répétée voire systématique. Si l’objectif recherché et fortement encouragé par les pouvoirs politiques est, à terme, de nier toute identité bretonne à ce territoire et à ses habitants et de leur imposer une nouvelle identité "ligérienne", ils ont pris une voie indigne de la démocratie qui ne fera que renforcer la résistance bretonne.

Notes

1) Pierre Vallières, Nègres blancs d'Amérique, éd. Typo, 1010, rue de La Gauchetière Est, Montréal (Québec), 2005, 472 pages, (ISBN 2892950678 et 978-2892950670)

2) Ronan Le Coadic. Les Bretons, des nègres blancs ? De la domination à la reconnaissance : Antilles, Afrique et Bretagne, Presses universitaires de Rennes, p.349-366, 2013.

3) ( voir l'article )

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Cet article a fait l'objet de 2103 lectures.
Yves-François LE COADIC Youenn-Fañch AR C'HOADIG
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Vos 7 commentaires
  Mickaël
  le Lundi 22 août 2016 19:23
Vous avez hélas raison... Mais je vous trouve très (trop ?) optimiste en déclarant que "le racisme anti-breton, si vif fin du XIXe et début du XXe, n'est plus qu'un mauvais souvenir" - ou alors je n'ai pas détecté l'ironie. Ce racisme anti-breton est sans aucun doute moins franc, beaucoup plus détourné qu'il ne l'était autrefois ; mais il est toujours présent un peu partout en France, masqué sous le masque de "l'humour" (mauvais), de la raillerie, des clichés qui sentent bons le temps pourri et, comme vous le constatez, la "ploucitude".
Et de la même façon qu'avec les Corses, dès qu'il y a opportunité de nous insulter pour tel ou tel fait divers, nous sommes d'affreux bretons alcooliques et pleins de tares ; par contre, lorsque la Bretagne se distingue dans ses qualités, elle n'est plus que française, et n'a jamais rien été d'autre... Magnifique - quand bien même très triste - démonstration de cette fameuse "double-pensée" de Georges Orwell.
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  Lheritier Jakez
  le Lundi 22 août 2016 19:35
Bien ce constat:
il va être lu par les visiteurs d'Agence Bretagne Presse......
Il sera lu par combien des bretons métropolitains et de l'émigration........
Il ne sera pas dans les autres médias forcément!
A quand des actions répétées de FR3 Nantes et Rennes et autres médias,pour exiger le respect de droits les plus élémentaires?
Les ligues des droits de l'homme menées par ceux que l'on retrouve dans les sectes et sociétés secrètes républicaines ne font rien forcément.
Les livres d'histoires des pays colonisés par la France et d'autres,ont été écrits par les mêmes "penseurs"?
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  Lucien Le Mahre
  le Mardi 23 août 2016 18:26
Votre analogie avec les "nègres blancs" est parfaitement justifiée, notamment par le fait assez peu connu que le fameux Ku Klux Klan compta plus de membres dans l'Etat du Maine contre les francophones catholiques qu'en Louisiane contre les Noirs issus de l'esclavage.
Renvoyons cependant à leurs remarquables travaux les futurs Prix Nobel "qui ne veulent pas aller avec les ploucs" : en des temps coloniaux dont la ligne n'est apparemment pas rompue, ils auraient rejeté avec la même élégance"les niaques, les bougnoules, les bamboulas", j'en passe et des meilleures.
Mais cela nous laisse froids.
Ceux qui furent responsables en LA de cet état de fait colonial grave dont les symptômes sont relevés ici, ce sont les hommes de pouvoir qui depuis la Libération et une fois retrouvée la République et l'Etat de Droit ont contribué à séparer administrativement la LA du reste de la Bretagne à laquelle elle appartient depuis le 9è siècle. Ceux aussi,trop nombreux, qui ont fermé les yeux et les ferment encore pour le confort d'un mandat ou d'une carrière.
Fraternité... Pendant le temps où on leur carottait subrepticement un de leurs cinq départements, on glorifiait officiellement les Bretons pour leur engagement précoce en faveur de la France Libre.
Mais le plus ahurissant dans une démocratie occidentale moderne et réputée post-coloniale, est la "substitution d'identité" subie sans leur consentement par nos compatriotes de LA, car c'est véritablement une atteinte insupportable aux Droits Humains les plus fondamentaux, ces droits qu'on évoque sur les estrades avec d'autant plus de véhémence qu'il s'agit d' ailleurs et non de chez nous.
Les instances concernées, particulièrement en Europe, froncent bien sûr le sourcil quand on leur met le nez dedans, mais elles n'ont au fond aucun moyen de contraindre l'Etat visé à changer sa pratique coupable. Il reste donc - comme le fait l'article ci-dessus, aux populations en cause à ne pas accepter l'inacceptable, avec autant que possible, l'aide de la population bretonne tout entière.
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  Kristof
  le Mercredi 24 août 2016 11:35
En Loire Atlantique, vis-à-vis du problème du retour, il y a probablement une grosse majorité de gens attentistes, plus ou moins intéressés, plus ou moins favorables, une minorité très active de militants, une infime minorité de gens opposés qui n'ont que l'insulte comme arme.
Quand on n'a plus que l'insulte ,en général, c'est qu'on sent qu'on a perdu.
Continuons donc le combat, et inventons de nouvelles méthodes, quand on s'y attendra le moins , ça marchera.
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  Fred 44
  le Vendredi 26 août 2016 10:00
Une partie de ma famille est originaire du Finistère. Je suis né à Nantes et habite près de Nantes. Je ne perçois pas ce "racisme anti-bretons" en Loire-Atlantique. Je pense par contre qu'une partie des bretons a une responsabilité dans la situation actuelle. À force de dire qu'il y a une vraie Bretagne, que Nantes n'est pas vraiment en Bretagne et de défendre Rennes comme capitale, Nantes s'est forgée une identité propre, frontalière qui se nourrit des cultures qui l'entourent et de son histoire propre. En somme : Nantes, c'est Nantes ! Et c'est bien ainsi.
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  Rafig
  le Vendredi 26 août 2016 21:08
La vrai ségrégation et perfidie viennent de l'Etat français qui distille dans la population française des idées fausses et idéologiquement dangereuses.
- Un seul peuple depuis toujours (donc les bretons n'existent que pour le folklore)
- un seul territoire après les Romains, la France hexagonale. (Alors que des royaumes bretons en Armorique existaient et résistaient à Charlemagne qui n'était pas français).
- Attention aux bretons ! Et oui ils veulent retrouver leurs droits et libertés confisquées depuis 1789.
- Subventions aux médias locaux pour insinuer sournoisement que le 44 et les habitant du 44 ne sont pas bretons en les appelants par n'importe quels sobriquets plutôt que bretons.
Actuellement qui peut dire combien il y a de bretons et Bretagne ? ce reporter au texte de Morvan LeBesque : Comment peut-on être breton.
Il faut résister intelligemment par la production de documents historiques, par l'information des plus jeunes avec des arguments imparables.
A+
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  An Floc'h
  le Dimanche 28 août 2016 22:46
@Fred 44
"Je ne perçois pas ce "racisme anti-bretons" en Loire-Atlantique."
Mmm... Il existe.
Certainement pas aussi fort que ce que déclare ce texte. On en colle des autocollants aux culs des voitures, ce qui veut tout de même dire quelque chose, même minime vu les résultats des urnes, mais là-dessus, effectivement, les B4 ne sont pas mieux, rendant les maigres revendications des B44 bien plus admirables à mon avis. Je partage votre idée que trop de B4 font des reproches imbéciles aux Nantais. A la dernière manif pour la réunification, un Finistérien qui n'était jamais venu à Nantes ne voyait pas la ville assez bretonne à son goût. Il a fait l'effort de venir, ce qui est fort respectable. Mais il ne m'a pas fallu discuter très longtemps avec lui pour qu'il finisse par dire que même le Morbihan n'était pas assez breton à son goût. Même un passionné actif en est à tenir ce genre de discours. Désespérant.
Mais je doute que ce soit des agents de l'Etat qui retaggent ou arrachent les messages sur les murs et panneaux posés par des militants de la réunification. Le rejet (si ce n'est la haine complètement irrationnelle) de l'identité bretonne du 44 est une réalité. A savoir son importance. L'inintérêt est sûrement majoritaire. Mais les deux ont l'avenir devant eux (si je pense que l'auteur de ce texte exagère, je crois aussi qu'il y a 20 ans, il n'aurait pas ressenti ce besoin de l'écrire).
Le 44 accueille un grand nombre de personnes qui ignorent ou se moquent profondément de la question, s'ajoutant aux indigènes dans le même cas qui étaient sûrement minoritaires il y a deux décennies. Non pas que la majorité du passé se passionnait mais revendiquait au moins un avis en surface (le syndrome de l'autocollant). Et parmi eux, une minorité qui est épidermiquement opposée à toutes revendications identitaires au sens large, et dans notre cas, bretonnes, souvent des BBR tendance jacobine ou catho-tradi (les deux faces de la même pièce).
" Je pense par contre qu'une partie des bretons a une responsabilité dans la situation actuelle. À force de dire qu'il y a une vraie Bretagne, que Nantes n'est pas vraiment en Bretagne et de défendre Rennes comme capitale,"
Tellement vrai.
La Bretagne est diverse depuis sa naissance, ce qui en fait sa force mais aussi, plus que trop souvent, sa faiblesse avec son esprit de clocher exacerbé et ses clichés de "Bretons typiques" comme le chante Gilles Servat.
La suite de votre message illustre assez bien d'ailleurs votre propos, si tant est que vous vous revendiquiez breton, ce qui n'est pas très clair, au-delà de l'origine de vos parents, ce qui est bien mince. Vous exprimez une opinion qui va complètement dans leur sens. Etonnant alors que vous leur reprochiez quoi que ce soit (enfin si c'est bien un reproche), vous semblez être des alliés de circonstances. Mais vous n'avez sans doute pas assez développé et nuancé votre point de vue.
La RF joue depuis des siècles de l'opposition Nantes / Rennes, ce n'est pas que la faute des Bretons, bien qu'il soit facile de les faire tomber dans ce piège. Quel qu'ils soient. Bretons conscients ou non.
Autre souvenir d'une récente conversation dans le Finistère avec un Morbihannais chauvin breton caricatural. Et bien malgré sa passion, que j'aurais facilement trouvée irritante si je ne la partageais pas, j'ai senti une vraie réticence, certes polie (il ne connaissait pas mon point de vue, ni même mon origine nantaise), mais étonnante après un discours chauvin de bas étage, à revendiquer la bretonnité nantaise. Il y a un blocage psychologique.
De mon côté, je ne la revendique pas à tout bout de champ (c'est contre-productif) mais clairement et simplement quand cela se présente. Dans la majorité des cas, les interlocuteurs ne la contestent pas, souvent par politesse ou inintérêt, mais si cela arrive, je n'en ai jamais rencontré un capable d'avoir un argumentaire solide. Ce qui ne veut pas dire qu'il changera d'avis à m'écouter, c'est un sentiment irrationnel. Ou bien je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui assume sa haine du Breton, tout au plus il sacrifie la question sur l'autel de la citoyenneté mondiale. Pirouette bien aisée (mais qui ne tient même pas dans mon cas personnel, ma conjointe n'ayant pas encore de passeport européen et je l'évoque rarement, pensant à mes compatriotes qui ont tout autant le droit que moi de revendiquer la bretonnité nantaise sans devoir vivre avec une extra-communautaire).
"Nantes s'est forgée une identité propre, frontalière qui se nourrit des cultures qui l'entourent et de son histoire propre."
Vrai.
Mais, et alors ?
Le 44 (il n'y a pas que Nantes même si la ville s'étale et pompe son arrière-pays de plus en plus) ou Pays Nantais s'est toujours nourrit des cultures avoisinantes ou lointaines et a son histoire propre comme n'importe quel autre coin breton. Il l'a même fait de la manière la plus éclatante quand le comte franc Lambert a rejoint le comte breton Nominoë. A l'époque, il a choisit un côté de la Marche.
Depuis, il n'a jamais activement et unilatéralement fait de choix clair d'un côté ou de l'autre, mais une succession de louvoiements bien plus accentué depuis le centralisme de la monarchie absolue française et accéléré avec la RF. Sans jamais oser couper le lien (qui remontent, quand même, aux Vénètes, le territoire et l'hydrographie en particulier exigeant une évidence, remise en cause par la Révolution Industrielle; avant le Chemin de Fer, la géographie physique ne laissait pas d'autres choix que de regarder d'abord à l'ouest, la Loire-fleuve n'ayant pas de gros potentiel d'échanges au contraire de la Loire-estuaire).
Si dans les faits, ce lien est bien ténu aujourd'hui, aucun élu de premier plan n'a encore osé nier frontalement la bretonnité du 44. JM Ayrault étant un bon exemple d'un promoteur actif du GO sans jamais avoir le courage d'assumer que ce découpage précipiterait la fin de la spécificité bretonne. Le Gwenn ah Du flottant devant le CG44 faisant office de très légère compensation symbolique. Mais pour combien de temps ?
Simplement, depuis la création des PdL, il y a une volonté au grand jour de substituer à la bretonnité du 44 une identité créée par l'administration et les media. Ce qui est bien plus mesquin et pervers que la situation précédente imposant la seule francité, ce qui avait au moins le mérite d'une logique simple et efficace. Difficile à nier d'ailleurs dans les faits. Aujourd'hui, c'est orwellien.
La Bretagne a eu son époque sombre d'un Etat français qui cherchait à la détruire purement et simplement, et la majorité du mal a été fait. C'est beaucoup plus sournois depuis l'après-guerre et la séparation administrative du 44 en est le fer de lance.
La Bretagne, en tant que territoire national, est née par Nantes. La RF sait qu'en s'attaquant à ce pivot, le reste de la péninsule, déjà suffisamment affaiblie, tombera petit à petit.
La celtisation en surface du 35 en est une autre, notamment avec l'image de Rennes et son statut de capitale. Cela est utilisé à de basses fins mercantiles, nourrissant un folklore, bienvenu sur quelques points. Parce que le 35 pouvait potentiellement se débretonniser dans les symboles aussi facilement que le 44. Mais la RF sait que pratiquer le même travail de sape aux deux départements aurait été trop extrême; l'important étant de débretonniser la plus puissante des deux villes, et surtout celle ayant une vraie vocation maritime: une Bretagne puissante passe par une Bretagne présente à l'internationale; et la mondialisation est une histoire maritime. Rennes n'a pas le potentiel de larguer les amarres comme Nantes l'avait (l'a encore, un tout petit peu). Mais dans l'ensemble cette celtitude rennaise est bien trop artificielle pour en espérer un avenir allant plus loin que celui de la logique marchande. L'éducation et le domaine universitaire bretons étant malheureusement encore bien trop à la marge (mais si seulement Nantes en atteignait ne serait-ce que le dixième...).
S'il en fallait une, de capitale, (et il en faut bien une: la Suisse ou l'Allemagne, l'Ecosse ou le Pays de Galles ont bien une capitale principale, le discours du mouvement breton anti-capitale se targuant de la sagesse celte ou en réaction antijacobine est à mon sens contre-productif, brouillant trop les cartes auprès du citoyen lambda), cela devrait être Vannes, seule capitale historique qui peut assumer la Bretagne celtique et la Bretagne romane à la fois. Tout en lui conférant un poids administratif qui serait bienvenu de délester aux mastodontes rennais et nantais (mais on peut souhaiter la métropolisation, c'est un autre débat).
"En somme : Nantes, c'est Nantes !"
Comme Brest, c'est Brest ou Quimper, c'est Quimper !
Mais nous sommes au moins d'accord sur le fait que Nantes, ce n'est pas les PdL !
"Et c'est bien ainsi."
Si l'on souhaite une avenir à la Bretagne, c'est au contraire une catastrophe de tenir de tel propos.
Je le répète, c'est la stratégie de la RF.
Et quand bien même on voudrait être pragmatique au maximum et être prêt à voir le 44 hors de la Bretagne, il faut voir ce qui est proposé en face: les PdL. Cette région est une aberration.
Les liens directs entre le 44 et les 53/72 sont quasi nuls en dehors de l'administration. Quant aux liens étroits avec le 85 et le 49, plus qu'avec le 29 ou le 22, incontestablement, il faut voir les effets de Nantes sur ses voisins. La Vendée est devenue une province de Nantes (cela entre aussi dans la stratégie RF d'ailleurs, avec son obsession de la Chouannerie et de la Vendée militaire) complètement assujettie. Et Angers perd complètement son statut de contre-poids qu'elle avait envers Nantes depuis des siècles (avec le temps, Cholet n'est plus angevine mais nantaise, là encore, quand on est pour la métropolisation, pas de problème mais à mon sens, la métropolisation en est un lui-même, partout en Hexagone).
Non, vraiment, par pur pragmatisme et cohérence territoriale, on peut imaginer un cadre B5+85. Mais la Vendée aurait trop à y perdre, se retrouvant dans la position actuelle du 44, sans les avantages de domination.
Ou alors, un 44 "indépendant".
Mais ses propositions sont inconcevables pour la majorité des citoyens (à moins de s'éreinter à l'éduquer, comme beaucoup dans le mouvement breton et sa logique de multicapitales, que je soutiens à 100% en théorie mais dans la pratique me semble vaine à porter avant d'autres changements bien plus urgents dans les mentalités).
Restent 3 options possibles.
Le GO... et la Bretagne se dilue.
Le statu quo... et le 44 reste dans une région inepte (ce qui est aussi le cas pour les autres départements, 53/72 en particulier, alors que chacun a un vrai potentiel qui n'a rien à envier à ceux des B4) tout en ayant conscience que les PdL n'existent que dans l'optique GO, cette région ubuesque (comme le dirait le Lavallois Jarry) a toujours été vue comme une étape par la RF (voir "l'oeuvre" parlante de Guichard) et la spécificité bretonne se voit réduite.
Soit la réunification. Si on a l'ambition de la Bretagne, c'est la seule option à soutenir.
Ceci étant évidemment dans le seul cadre de la RF. Les questions régionalistes, autonomistes ou indépendantistes créent un autre débat. Celui de la RF qui doit, dans tous les cas, même pour ses Provinces uniquement françaises, se réformer. Mais l'idéologie, l'irrationnel ou les profits à court terme l'empêchent de regarder en face une réforme essentielle: la Fédéralisation de la RF.
Malheureusement, pour les mêmes raisons (excepté le court terme), les Régionalistes de tous les coins de l'Hexagone sont eux aussi incapables de porter cette idée.
Voir un Troadec incapable de développer un discours à ce sujet est désespérant (ça peut se comprendre, il y a aussi un travail à faire sur les mentalités mais la quasi-totalité des Etats dans le monde l'étant, à différents degrés, cela me semble un travail sans grande perte d'énergie à faire, sauf manque flagrant d'ambition). Tout comme les Corses, mais ces derniers n'ont certainement pas de leçons à recevoir des Bretons. Simplement, c'est une population insulaire poids-plume. Les Basques sont aussi un cas particulier et ne seraient pas grand chose sans leurs compatriotes au passeport espagnol.
La Bretagne devrait être leader, avec l'Alsace. Ces deux poids-lourds en sont incapables. Et l'Alsace est dans une situation historique qui l'excuse, difficile de trop revendiquer une mentalité de "boches" (sa dissolution l'a fait un minimum bouger mais est-ce que ce sera suffisant ?), la Bretagne et les Bretons n'en ont pas.
La Bretagne se meurt. Pour nombres de raisons. Mais l'handicap dû à l'amputation de son membre le plus important est très certainement la cause principale. Le regreffer ne suffirait pas, mais sans ça, rien à espérer.
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