Navale à Saint-Nazaire : de nouveaux sous-traitants en difficulté ?

-- Economie --

Les difficultés des sous-traitants de la Navale s'étendent à Saint-Nazaire. Alors que les salariés de la SMCO vont recevoir la semaine prochaine leurs lettres de licenciement et que neuf nouvelles destructions d'emplois sont attendues à la SMCN (voir notre article) , le non-renouvellement des contrats pose des problèmes à d'autres sous-traitants, au nombre desquels INEO Midi-Pyrenées Languedoc Roussillon et PMO, avance Fabrice DAVID, de la CGT à Saint-Nazaire.

24855_1.jpgL'activité réduite de STX au coeur de la tempête qui souffle sur les sous-traitants.


INEO, entreprise qui fait des travaux d'installations éléctriques et de la construction navale légère, a réalisé un chiffre d'affaires de 95 millions d'€ en 2010 et dispose de quatre établissements, dont un rue de la Forme Joubert à Saint-Nazaire. Malgré une diminution constante des coûts du travail, la rentabilité financière s'est effondrée avec la crise (voir le site) et l'activité a elle aussi diminué, dans le domaine de la construction navale légère tout au moins. En revanche, l'établissement est adossé à la force du groupe Suez.

PMO, société de découpe et emboutissage, sous-traitante de STX, est installée à Montoir et n'a pas le même gabarit. Trente salariés, 2 millions de chiffre d'affaires en 2010 (34.000 seulement de bénéfice net) (voir le site) et une activité qui elle aussi est dans le mou. Alors que la rentabilité moyenne baisse, le taux d'intérêt de la dette et les coûts salariaux ont explosé de 2008 à 2010 ; les comptes 2011 ne sont pas encore disponibles.

Enfin, des inquiétudes planent sur Mecasoud, chantier naval qui réalise 10 millions de chiffre d'affaire annuel. L'établissement a notamment réalisé la coque du bac de Loire Lola mise à l'eau début janvier ; les superstructures de ce bac ont été réalisées par Merré à Nort-sur-Erdre. La société comptait en avril une centaine de salariés, dont 20 lituaniens et autant de polonais et connait une activité en accordéon : quand il y a du travail, les heures sup s'accumulent même le samedi, mais le chômage technique peut aussi durer des mois (voir le site)

D'après les salariés, ces entreprises paient cash leur politique de chasse aux coûts à tout prix et d'emploi massif d'immigrés en tous genres, recrutés et payés selon des normes juridiques très différentes du droit du travail français (voir le site) ; les premières difficultés sont en effet apparues en 2008 et 2009.

Cependant, le contexte incertain depuis 2007, marqué notamment par les incertitudes pour le paquebot commandé par la Libye et par la baisse nette d'activité dans la construction plaisancière, est aussi l'une des causes de la tourmente qui risque d'emporter des sous-traitants historiques des Chantiers. Cependant, l'habitude de ces entreprises à gérer une activité à flux tendu peut jouer en leur faveur et leur permettre de sortir de la mauvaise passe, si celle-ci ne se prolonge pas jusqu'à l'été.

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Étudiant en droit-histoire expatrié en orléans, passionné par l'histoire et le patrimoine de la bretagne. s'intéresse aussi à l'économie bretonne et à l'actualité de loire-atlantique.

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