Michel Le Coz
Michel Le Coz © CC-BY-SA ABP
Michel Le Coz – Cornouailles, nos voisins d’en face

Réalisation : ABP

Emglev Bro an Oriant a organisé cette conférence donnée à la CCI de Lorient durant le Festival Interceltique. La Cornouailles britannique étant cette année l'invitée d'honneur, Michel Le Coz a retracé plus de 10 000 ans d'histoire de cette Bretagne d'outre-Manche, dont la langue, le cornique, est si proche du breton que de nombreux mots et expressions, ainsi qu'une partie de la toponymie cornique, sont immédiatement compréhensibles pour un brittophone.

Conférencier installé à Quéven, dans le Morbihan, Michel Le Coz est issu d'une formation scientifique. Bilingue breton-français et aujourd'hui retraité, cet érudit passionné d'histoire de la Bretagne et des pays celtiques donne régulièrement des conférences consacrées à ces sujets.

Lui-même originaire de la Cornouaille bretonne, Michel Le Coz souligne tout au long de son exposé les nombreux liens entre les deux Cornouailles. Il évoque notamment l'existence, au VIᵉ siècle, d'un « royaume double » de part et d'autre de la Manche, associé à Conomor, parfois identifié au roi Marc'h de la légende de Tristan et Iseult. La toponymie et les langues témoignent également de cette proximité : certaines expressions corniques restent immédiatement compréhensibles pour un brittophone.

De la préhistoire à la Cornouailles d'aujourd'hui

Michel Le Coz organise son voyage à travers l'histoire autour de dix grands thèmes : la perception actuelle de la Cornouailles ; les périodes mésolithique, néolithique, de l'âge du bronze et de l'âge du fer ; la Cornouailles avant et après la conquête romaine ; la longue résistance des Bretons aux Saxons ; l'administration anglo-normande puis Plantagenêt ; le système juridique particulier des Stannaries, lié à l'exploitation de l'étain ; les Tudors et les révoltes populaires ; la Cornouailles pendant la guerre civile anglaise ; la révolution industrielle et les mines ; enfin, le déclin puis la renaissance de la langue cornique et la Cornouailles au XXIᵉ siècle.

Des mines à la renaissance du cornique

Une place importante est accordée aux mines d'étain et de cuivre qui ont façonné pendant des siècles l'économie, les paysages et la société cornouaillaise. Les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles furent une période de plein emploi et de relative prospérité liée à l'exploitation minière. Leur déclin puis la fermeture de la dernière mine en 1998 ont profondément marqué le territoire. Cette histoire ou disons cette mémoire explique aussi pourquoi les nouveaux projets d'extraction de lithium, d'étain, de cuivre ou de tungstène rencontrent aujourd'hui en Cornouailles une attitude souvent moins réfractaire qu'en Bretagne. Il y a une mémoire collective de cette prospérité et les ruines de cette époque sont partout jusque sur les plages et les falaises.

Michel Le Coz revient enfin sur le long déclin du cornique jusqu'à sa disparition en tant que langue parlée au quotidien, puis sur sa renaissance à partir des textes anciens et des rapprochements avec le breton et le gallois.

Philippe Argouarch

Ancien webmaster de la Wells Fargo Bank aux États-Unis puis de l’International Herald Tribune à Paris, je suis revenu en Bretagne en 2005 pour gérer et développer ABP.bzh, le média que j’avais créé en octobre 2003. Auteur de plus de 2700 articles signés et contributeur à de nombreux autres, que ce soit au sein de la rédaction ou avec l’IA.