lula et Ursula von der Leyen
lula et Ursula von der Leyen

Accord du Mercosur : l'Union Européenne agit désormais contre les intérêts des Bretons.

L’accord de libre-échange UE-Mercosur a été approuvé le 9 janvier 2026 par une majorité qualifiée d’États européens. C’est-à-dire un regroupement d’au moins 15 États, représentant au moins 65 % de la population de l’Union européenne. Sous la pression des manifestations agricoles, la France a voté contre. Le Parlement français s’était déjà massivement opposé à cet accord le 27 novembre 2025 : 244 députés contre pour 245 votants.

Le 17 janvier 2026, Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne, a signé, au Paraguay ce traité de libre-échange au nom des Européens, au nom des Français et au nom des Bretons. Un marché de plus de 700 millions de consommateurs représentant 30% du PIB mondial. Ce traité supprime les droits de douane sur plus de 90 % des échanges bilatéraux et encourage les exportations européennes d’automobiles, de machines, de produits chimiques, de vins et de spiritueux. En contrepartie, il facilite l’accès au marché européen pour la viande, le sucre, le riz, le miel et le soja en provenance d’Amérique du Sud.

Aujourd’hui, les Bretons voteraient-ils encore pour l’Union européenne ? Le 20 septembre 1992, le référendum pour le traité de Maastricht obtenait 51,04 % des voix. Autant dire que le oui l'a emporté de justesse. Pourtant, c'est bien grâce aux voix des Bretons, 59 % de oui, et des Alsaciens 65,5 % de oui, que ce traité a pu être ratifié. En France, l'écart entre le oui et le non fut de 538 775 voix, en Bretagne de 347 109, et en Alsace de 226 993. C'est bien la Bretagne et l'Alsace qui ont fait pencher la balance, avec un apport total de 574 102 voix pour le oui supplémentaires.

Un autre référendum eut lieu en France, le 29 mai 2005, concernant le traité pour une Constitution pour l'Europe. La question posée était : « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? ». Cette fois, le référendum est rejeté. Le non en France recueille 54,68 % des voix, Une fois encore la Bretagne vote oui, mais plus faiblement que pour le traité de Maastricht : 50,95 %. Pour le oui : Côte d’Armor, 46,72 % ; Finistère, 51,12 % ; Ille-et-Vilaine, 53, 81 % ; Loire-Atlantique, 51, 12 % ; Morbihan, 50,65 %.

Après l’échec de 2005, les gouvernements européens remettent le couvert avec le traité de Lisbonne en 2007. Une révision de la Constitution française permit la ratification du traité lui-même par la voie parlementaire le 8 février 2008. Une nouvelle Union Européenne est alors mise en route sans l’aval du peuple français. Cela remet en cause, pour beaucoup de souverainistes, la légitimité de l’Union Européenne.

Aujourd’hui, des agriculteurs français dans les manifestations ont mis le feu au drapeau européen. Un Etat fondateur de l’Union Européenne, la France, n’a plus aucun poids dans le domaine économique. Nous avons été bernés. Nous nous sommes trompés. L’Union européenne n’a rien apporté en termes d’émancipation politique pour la Bretagne. Désormais, elle est la cause d’un déclin probable de notre agriculture. Dans ce contexte où le Mouvement politique breton est sourd et muet aux grands bouleversements politiques et civilisationnels, un tiers du peuple breton s’apprête à voter Rassemblement National. Il ne suffit pas de brailler contre le Rassemblement National, il faut déjà vouloir défendre les intérêts nationaux des Bretons.

Émile Granville est un Chroniqueur ABP basé à Redon.