Manifestation en Pays bigouden contre le projet d'agrandissement d'une porcherie

-- Agrobusiness --

Reportage
Par Philippe Argouarch

Publié le 22/04/17 1:24 -- mis à jour le 00/00/00 00:00


Plus d'une centaine de personnes a effectué une randonnée lundi 17 avril autour d'une ferme au lieu-dit Kerviel sur la commune de Plovan en Pays bigouden, pour protester contre l'extension d'une porcherie, à l'appel du Cafub le Collectif pour une Alternative aux Fermes-Usines en Pays Bigouden. La randonnée, sous un beau soleil, a suivi un sentier balisé appelé « Sur les pas du cheval d'Orgueil ». Il traverse un bois peuplé d'imposants mégalithes qu'affectionnait Per-Jakez Hélias, le grand écrivain breton, natif de Pouldreuzic, la commune limitrophe de Plovan. Durant le parcours, l'ingénieur agronome et ancien agriculteur, un des coordinateurs du Cafub, Jean-Michel Nicolas, a répondu aux nombreuses questions des participants.

Le projet d'extension de l'élevage porcin est porté par la société «Sarl de la Vallée» à Kerviel et à Kerdeurnel à Plogastel-Saint-Germain. Elle propose une production de porc alimentaire de type industrielle qui n'a rien à voir avec les porcheries de qualité qui alimentent le Pâté Hénaff, juste à côté à Pouldreuzic. Le Cafub est soutenu par «Eau et Rivières de Bretagne», «Bretagne Vivante», «Baie de Douarnenez environnement» et le «collectif Ondes Citoyennes».

Un projet avait déjà été présenté l'année dernière et avait été débouté une première fois - sauf que la SARL remet son extension sur le tapis, un tapis très vert et très prisé des touristes. L'enquête publique concernant la nouvelle demande d'extension est en cours jusqu'au 20 avril.

Les riverains s'inquiètent des nuisances supplémentaires créées par l'augmentation du nombre de porcs qui passerait de 10.000 à 18.000 par an sur le site de Kerviel mais avec une production de 30.000 porcs si on inclut la maternité de Plogastel-Saint-Germain où la productivité des truies devrait, selon le projet, être augmentée à 33 porcelets par an et par truie. Selon Jean-Michel Nicolas, le sevrage précoce des porcelets et la répétition des gestations affaiblit les porcs et on doit leur donner des antibiotiques qui, bien sûr, se retrouvent aussi dans les lisiers. Si le projet est approuvé, il y aura en permanence à Kerviel 6.000 porcs - au même moment et au même endroit. L'espace serait seulement de 1m2 par animal selon le Cafub.

Les opposants se posent des questions sur la qualité de l'air (odeurs nauséabondes affectant l'industrie du tourisme), de l'eau (présence de nitrates), de la terre (énorme quantité de lisier déversée sur les champs) et de la santé si ce projet aboutit. Le problème des lisiers est qu'ils se répandent facilement dans les ruisseaux et rivières, voire les nappes phréatiques. Les lisiers sont la source principale des nitrates qui, en se déversant en mer, ont créé le problème des algues vertes. Veut-on des algues vertes dans la baie d'Audierne ?

Jean-Michel Nicolas, un des responsables du Cafub, a alerté sur la présence tout près de Kerviel de ruisseaux qui alimentent directement l'étang de Kervalan, un des deux plus grands étangs naturels du Finistère, un espace sensible contenant plusieurs espèces protégées et propriété du «Conservatoire du littoral». Kervalan se situe à seulement 200 m au nord de la réserve biologique Natura 2000 de Trunvel-Tréogat.

(voir le site) pour signer la pétition.

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