Louis-Paul Heussaff : un Breton qui a réussi aux Philippines
interview de Philippe Argouarch

Publié le 10/10/04 21:51 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

ABP a interviewvé Louis-Paul Heussaf, un Breton arrivé il y a 25 ans aux Philippines où il a lancé Supply Oilfield Services, une entreprise d'équipements de forages pétroliers.


– ABP : Monsieur Louis-Paul Heussaff, vous avez créé, en moins de 25 ans, une entreprise industrielle qui emploie 400 personnes. Comment expliquez-vous votre succès ?

- Louis-Paul Heussaff : Les raisons du succès :

1) du travail, du travail, du travail..., de la rigueur et de la discipline dans un pays qui n'en a pas ! (Héritage de mes jeunes années, de 16 à 25 ans dans la marine nationale) ;

2) de l'efficacité - nécessaire, en logistique opérationnelle dans un archipel de plus de 7.000 îles donc une organisation défiant toute concurrence, aujourd'hui "sans" concurrence ;

3) Beaucoup de flexibilité avec les clients en gros "Name it, I do it... and well!". Mon premier surnom "Monsieur Fix it (Monsieur répare)", mon second : "The super French Frog (la super Grenouille Française)".


– ABP : Beaucoup de Bretons se sont expatriés à travers le monde, mais vous, pourquoi avez-vous choisi les Philippines ?

- LPH : Pourquoi les Philippines ? Un jour la compagnie pour laquelle je travaillais en Indonésie (Bornéo) a décidé de "m'expédier" aux Philippines parce que j'étais marié à une femme philippine (que j'avais rencontrée au Caire) et ils m'ont donné six mois pour réussir, sinon retour à la case jungle de Bornéo... j'ai donc réussi et je suis resté à Manille.


– ABP : Souvent les Bretons qui vivent à l'étranger sont ceux qui ont pris conscience de leur bretonnitude et à ce titre, surtout quand ils connaissent une certaine réussite, tentent de se réinvestir dans leur région, avez-vous un ou des projets bretons ?

- LPH : Des projets bretons, non je n'en ai pas pour le moment, quoi que... une maison sur la plage et la pêche à la crevette... affaire à suivre. Pourquoi pas ?


– ABP : Comment voyez-vous le développement économique de la Bretagne à l'heure de la mondialisation de l'économie ?

- LPH : Chaque fois que je retourne en Bretagne, je suis étonné par la qualité du réseau routier (sauf les rues de Paré/Douarnenez où je suis, né qui sont une honte pour la Bretagne !)

- Et je vois une région, belle, jeune, près de ses traditions et moderne à la fois.


– ABP : Vu la détérioration quantitative et qualitative des réserves mondiales de poissons, la pollution par la dioxine ou autres substances, le déclin de la pêche traditionnelle (qui n'emploie plus que 5.000 marins-pêcheurs en Bretagne) ne pensez-vous pas que la pisciculture, l'ostréiculture et les fermes marines sont une clé essentielle de développement ? Les pays asiatiques en général et les Philippines en particulier ont-ils une expérience à apporter à la Bretagne dans ce domaine ?

- LPH : - Je pense que la Bretagne a de grands abouts et qu'effectivement la pisciculture devrait être son fer de lance ainsi que son agriculture. Des échanges d'idées, de techniques pourraient avoir lieu au titre de la coopération, chacun apprenant de l'autre.

- Mon ami Jacques Branellec, de Saint-Pol de Léon, a développé l'industrie perlière aux Philippines (après Tahiti), aujourd'hui dans les 3 plus grosses productions de perles fines au monde, en fait il est passé de l'ostréiculture en Bretagne à l'huître perlière aux Philippines ! Les échanges, les idées par la coopération culturelle et scientifiques peuvent amener les pays à mieux se connaître, à travailler ensemble et à développer mutuellement certaines industries, tout est possible, si nos PME voyageaient un peu plus !


– ABP : Vous avez embrassé chaleureusement la culture de votre pays d'adoption, prouvant encore une fois que les Bretons sont ouverts sur le monde. Que pensez-vous que la culture des Philippines vous a apporté ? Les Philippines comme la Bretagne sont tournées vers la mer, y a-t-il d'autres points communs en plus du substrat de la religion ?

- LPH : Les Philippines m'ont appris la patience (même si j'ai parfois du mal sur ce point), un peu plus la tolérance aussi et ce qui est extraordinaire c'est leur sourire, vous êtes toujours accueilli avec un sourire - messieurs les Français au travail !

- La culture chrétienne est bien entendu très présente et ils aiment les mêmes saints que chez nous en Bretagne.


– ABP : Vous vous intéressez aussi au cinéma et avez participé à plusieurs productions. Avez-vous d'autres projets de ce côté-là?

- LPH : Côté cinéma, c'est le calme plat. Pas très facile de vendre les Philippines à Paris mais avec un peu de chance nous aurons un projet en 2005.

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 1 commentaires
lourdais claudine
2013-09-15 12:21:15
Bravo monsieur Heussaff pour votre parcours. Je suis la s½ur de Roger Ravaudet et la marraine de Yannick, son fils dont vous êtes le parrain.J'ai eu votre nom par hasard, je vous ai envoyé un mail qui m'est revenu.J'aurai aimé discuter avec vous et vous donner certaines nouvelles.Peut-être a bientôt?
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