Loi euthanasie : lettre ouverte aux élus de France

Quimper, le 27 juillet 2008

Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Permettez-moi d'appeler votre meilleure attention sur mon vécu rapporté dans le " dossier euthanasie " (voir le site) que j'ai créé et publié dans mon site web que je vous invite à visiter, qui témoigne notamment de l'euthanasie "ratée" de ma fille Coralie (voir le site) et où je publie de nombreux articles…

La vie est un combat ! La mort aussi ! Témoigner pour contribuer à faire voter une loi euthanasie pour une mort décente, non violente, respectueuse, propre et sereine est désormais mon combat pour vous et moi ! Entendez la voix des trépassés ! Soyons humains, soyons humanistes !

La France doit permettre aux souffrants, aux malades incurables en fin de vie qui le sollicitent ou dont l'état le justifie, de terminer leur vie comme ils le désirent, décemment, chez eux, dans leur lit, entourés de l'amour de leurs proches, à l'heure choisie, dans le respect de la personne, sans être tributaires d'une NON LOI !

Quel plus beau geste d'amour digne que d'aider un être que l'on aime à quitter cette terre dans la sérénité, en conscience et selon ses dernières volontés ? Tous les malades incurables ne sont pas dans le coma, hospitalisés, branchés et transformés en "légume".

Il faut prendre tous les cas en compte ! Et qui parle des jeunes et des enfants en fin de vie ? Une loi de liberté pour le droit de mourir dans la dignité ne réglerait pas tous les problèmes ? Les soins palliatifs (!) et la loi actuelle (!) ne résolvent pas tout non plus, loin s'en faut !

Les euthanasies clandestines pratiquées dans les hôpitaux, de nuit, en l'absence des familles, sont le secret de polichinelle ! Il serait temps de cesser de faire la politique de l'autruche !

Nous savons qui pèse sur la balance du côté du "non" : l'évolution de la loi Leonetti se heurte au refus de dialogue et à l'opposition systématique des ultras-catholiques qui n'ont pourtant pas le pouvoir d'imposer les injonctions du Vatican à la France entière !

Les croyants qui veulent souffrir le martyre jusqu'à l'ultime étape de leur vie sont libres de le faire. Mais tout le monde n'est pas obligé de croire en Dieu ni au Pape, ni aux vertus de la souffrance !

La France, pays de Liberté ? Concernant cette étape fondamentale de la vie qu'est la fin de vie, la mort, il y a deux poids et deux mesures, nous ne sommes pas libres... loin s'en faut !

Ce n'est pas parce qu'on est pour une loi euthanasie que l'on est une personne qui traite la vie avec légèreté ! Croyez-vous qu'on aide un être qu'on aime à mourir en "rigolant", c'est bien peu de respect et de psychologie...

Ce n'est pas parce qu'il y aura une loi que tous les Français seront obligés d'y recourir ! Plusieurs textes de proposition de loi ont été proposés (en vain) en général avec des protocoles clairs, nets et positifs !

L'ADMD, créée en 1980 par Michel Lee Landa, a obtenu trois mesures : la lutte contre la douleur, le droit des malades et le droit de refuser un traitement… mais la légalisation de l'euthanasie n'est toujours pas acquise malgré un travail de communication auprès des décideurs politiques et le lobbying auprès des personnels de soin, des médecins, mais l'élite médicale parisienne persiste à s'y opposer !

Cette attitude est un problème typiquement français : on considère que la fin de vie est un problème médical alors que la fin de vie est avant tout une question très personnelle.

Il serait judicieux de créer, en France, un observatoire de la fin de vie car la souffrance des incurables et des mourants provoquent souvent un repli sur soi, de nombreuses personnes restent chez elles, impuissantes à maîtriser cette période cruciale, c'est pourquoi la demande d'une fin de vie décente et sereine est partagée par de nombreux pays dans le monde.

Le député Jean Leonetti, chargé de la mission d'évaluation de sa propre loi a convoqué en audition seulement deux familles de patients : les malades ont moins de voix que les spécialistes !

Ces auditions sont, de toute évidence, un subterfuge pour calmer les esprits : il n'y a pas de véritable intention de la part du Gouvernement de légiférer sur ce sujet délicat et tabou, surtout pour la judéo-chrétienté ! Pourtant, la santé d'une personne est sa propriété, son corps lui appartient, sa vie et sa mort aussi !

C'est la raison pour laquelle je me révolte et vous le fait savoir car il y a trop d'injustice, d'égoïsme, de mauvaise volonté, de manipulations, de corruption et de mauvaise foi dans notre société !

J'espère que vous ou un de vos proches n'aurez pas à souffrir de la carence législative de fin de vie qui vous conduirait à solliciter l'aide au suicide de l'onéreux et opportuniste DIGNITAS Suisse ou autre association de pays étranger du même acabit ! Les Suisses ont le droit de mourir tranquillement chez eux, en maison de retraite ou à l'hôpital.

Il serait équitable que chaque citoyen français puisse se dire : si jamais il m'arrive un accident dramatique, une maladie épouvantable, irréversible, dans mon pays, j'ai la possibilité de quitter ce monde au moindre coût, en douceur, à mon heure et entouré de l'amour de mes proches, de tous ceux qui veulent me témoigner une dernière fois leur affection.

Une loi de liberté en France se justifie car il serait injuste de se trouver, le cas échéant, dans l'obligation de se rendre en Suisse ou en Belgique. Ce serait une souffrance supplémentaire, une de trop.

Je vous remercie de l'attention que vous voudrez bien porter à ma requête et vous prie de croire à l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Silviane Le Menn, 29000 Quimper

(voir le site)

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Auteur de l'article :

Abadennou.fr

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