Solliciter ou non les subventions auprès des dirigeants des P-d-L ?

Depuis quelque temps on s'interroge ici et là sur l'opportunité, pour les associations culturelles bretonnes, de solliciter des subventions auprès de la pseudo région P-d-L. Le raisonnement premier consiste à dire : nous payons des impôts pour cette structure, il est donc juste d'en recevoir des fonds en retour. Et si cette façon de faire n'avait pour résultat que d'aller à l'encontre de l'un de leurs moteurs essentiels d'existence, à savoir la lutte pour le retour de ce département dans l'ensemble breton ? La question mérite d'être posée.

Que voit-on en effet se profiler dans le droit fil de cette politique ? La réponse est limpide. En vertu du principe que c'est le payeur qui décide, on en arrive petit à petit à accepter de mettre par ci par là le logo des P-d-L, à légitimer aux côtés des couleurs bretonnes un étendard hybride et à instaurer des usages. Autrement dit, non seulement on pérennise un état de fait mais encore plus grave, on le cautionne. C'est bien ce que l'on observe, entre autres choses, au Festival du livre de Guérande. Autre indice d'aveuglement: l'acceptation et l'officialisation d'une place de strapontin auprès des Affaires culturelles des P-d-L, alors que l'on se targue de regrouper en Loire-Atlantique le plus grand nombre d'associations bretonnes de la péninsule. Quitte à jouer ce jeu c'est la majorité des sièges ou rien qu'il fallait exiger.

Il en découle que les structures et le personnel politique, acharnés depuis des décennies à nier notre histoire, à affaiblir le potentiel économique et humain breton, bref notre capacité à prendre en mains notre destin, se retrouvent alors en position de mécènes proclamant leur largeur d'esprit et leur grande magnanimité. Ainsi notre identité se retrouve-t-elle affaiblie sur son propre territoire puisqu'elle nous est alors présentée, par les structures officielles, comme l'une des composantes, parmi d'autres, de cette soi-disant région des pays de la Loire. Cette imposture sera d'autant plus valorisée qu'elle nous sera présentée aussi bien à usage interne qu'à l'international comme un modèle d'ouverture d'esprit, que dis-je une enviable exception. Habile moyen d'accroître sa légitimité donc sa pérennité. Et c'est bien là le danger.

On en veut pour preuve évidente les déclarations lénifiantes du baron Auxiette (PS) parues dans un article de Ouest France du 12-13 septembre 2009, en page P-d-L bien sûr. Nous citons: «La région est sans failles vis-à-vis de la Culture Bretonne. On a honoré toutes les demandes des associations culturelles et linguistiques. Je respecte le sentiment d'appartenance... mais il ne doit pas enfermer.» Autrement dit non seulement le baron des P-d-L se donne le beau rôle mais en plus, mine de rien, il gratifie d'une note péjorative (le risque d'enfermement !) les acteurs de cette Culture Bretonne. Quant aux personnes des quatre autres départements bretons qui pourraient se sentir indignées, il n'y a pas de risque de les voir regimber puisque cette interview n'est passée qu'en page P-d-L.

Alors nous disons qu'il n'est que temps de sortir de l'ambiguïté. Il faut rompre avec cette collaboration douteuse parce qu'il y a là un problème de fond. Faut-il se prêter à la promotion d'une pseudo-région que nous combattons et qui s'apprête à faire un procès à de jeunes militants qui ont osé s'insurger contre elle ? Mendier les subventions d'une structure politique issue en droite ligne du régime pétainiste est indigne et ne peut que conduire à la soumission.

D'autres voies de financement existent. Ainsi solliciter les subventions du département de Loire Atlantique est parfaitement légitime. Pourquoi ne pas aussi se tourner vers le Conseil régional B4 à Rennes. Plus généralement il faut sortir de la routine et imaginer d'autres moyens. Solliciter la diaspora et le monde industriel et marchand, par exemple. Autre piste : créer une Fondation Nationale Bretonne sur le modèle du Scottish National Trust. Il y là autant de voies nouvelles qui conduiront à accentuer la pression pour inciter le reste de la Bretagne à récupérer la portion de son territoire qui, faut-il le rappeler, représente 40 % de ses potentiels économique, culturel et humain. C'est donc un appel que nous lançons vers les dirigeants des associations concernées pour qu'ils se ressaisissent et renouent avec la glorieuse devise de notre pays: «Potium mori quam foedari »,«Kentoc'h mervel eget bezañ saotret».

Le comité directeur de l'AFB-EKB

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Construire une Bretagne harmonieuse, réunifiée. Favoriser la prise de conscience identitaire et politique de la population.

Vos commentaires :

le baler richard
Mardi 31 août 2010

A un moment donné il faut etre cohérent;on ne peut demander des subventions et un autre lutter contre ses bienfaiteurs"!!!ne soyez pas assistés surtout pour une cause aussi juste.Le 44en bretagne est historique;nul n'a le droit de remettre en cause ce qui est le fait de la nature.

Hervé Leray
Mardi 31 août 2010

Tout cela est bien dit, je suis complétement d'accord en théorie car il y a et aura toujours effectivement rapidement des dérives avec les Pays de Loire qui dès la 2eme édition du Festival du livre en Bretagne à Guérande ont remis en question l'appelation du festival ou ailleurs remplace "Breton" par "Celtique" mais....j'imagine mal les initiateurs du festival du livre en Bretagne à Guérande dont Per Loquet, militant Breton et pendant des décennies président infatigable de Skoazell Vreiz être un "traitre".

Il est facile de Bretagne administrative de juger les actes des acteurs Bretons de Loire-Atlantique.

De plus, à mon avis il est complétement illégal de recevoir de l'argent du CR B4.

Jean Cévaër
Mardi 31 août 2010

Il est aisé pur des militants des Côtes d'Armor de donner des leçons à des militants qui en Loire-Atlanique,parfois depuis plus d'un demi siècle se battent pour la réunification administrative de la Bretagne. Cette option d'accepter des subventions paysdeloiriennes na pas été choisie sans débat, mais soyons clairs elle est tout autant justifiée que l'option prise pas les associations sises en B4 d'accepter des subventiuons d'une région encore plus vichyste que les pdL et dont toutes les publications,malgré les déclarations unitaires de son actuel président nient la réalité de la Bretagne. Que dire de la positin des maires successifs de Rennes ennemis jurés de la réunification et qui pourtant ont donné et donnent des subventions à des associations bretonnes qui les acceptent. Vérité en deçà de la frontière régionale erreur au delà

Le Roux Claude
Mardi 31 août 2010

En attendant les autres voies de financement (privées et incertaines que vous proposez), les associations manquent depuis longtemps de moyens financiers pour développer leurs activités et surtout pour créer des emplois pour les jeunes (ce que notre association a fait); à choisir entre vos vertueux discours et un jeune couple avec enfant prèts à travailler dans notre asso , excusez-moi , mais j'ai choisi les jeunes.D'autre part , les PdL ont aussi pris le risque de reconnaitre l'existence d'assos qui n'étaient pas dans leurs dossiers jusqu'à présent.Soyez sûr que lors des prochaines éléctions régionales,si la majorité change,nous retrouverons notre pureté originelle en voyant nos impots partir ailleurs.

J. Guillaume
Mardi 31 août 2010

La vie des associations et des travailleurs associatifs dépend de ces subvebtions. En théorie c'est aussi de l'argent public auquelle elles ont le droit car c'est aussi l'argent des habitants du pays nantais. Recevoir de l'argent des PdL peut donc apparaitre légitime. Cependant il faut que les associations soient claires vis à vis de cet argent. Depuis deux ans les PdL subventionnent l'ICB et le CCB, l'Ofis et l'ACB, et subventionne les emplois de différentes associations. Ce changement radicales (des subventions ponctuelles existaient auparavant) d'attitude vient principalement de l'agissement de militant sur le terrain qui ont dénoncé la situation discriminante qui régnait vis à vis des habitants du 44 en PdL. D'abord Auxiette s'est opposé violemment à cet argumentation. Puis il a vite changé d'attitude comprenant qu'il était sans doute plus efficace de donner quelques milliers d'euro et de se garder ensuite des critiques sur la discrimination culturelle.

Cet argent, les travailleurs associatifs et les dirigeants d'asso doivent se rendrent qu'ils l'ont obtenus grâce aux militants de terrain de BR et de 44=Breizh principalement. Ils doivent aussi garder en tête qu'Auxiette s'il se positionne depuis recemment comme un défenseur des "langues régionales", n'en reste pas moins un opposant à l'émancipation culturelle et politique de la Bretagne. Pour lui être défenseur du breton, c'est être je cite "favorable à l'enseignement optionnel d'une langue régionale". En réalité il n'approuve par exemple pas l'enseignement immersif de Diwan ou bilingue de Div yezh, il est encore plus opposé à la signalitique bilingue des entrées de ville (qu'elle soit en breton ou en gallo, quoique qu'un jour il se servira surement du gallo, tout en s'en contrefichant, pour diviser les Breton-ne-s comme tant l'on fait). Imaginez en région B4 un-e élu-e qui se poserait en défenseur du brezhoneg tout en ne reconnaissant de légitimité qu'à l'enseignement optionnel point...Ca serait jugé abérrant.

Donc ce que les associations doivent garder en tête c'est la réalité de la provenance de cet argent. Accepter de l'argent qui nous est logiquement dû ne doit pas conduire à une attitude d'inféodation aux PdL.

Par exemple Dastum 44 a une attitude qu'il faut clairement dénoncé. Sous prétexte d'être subventionné ils se sont laissé entrainer dans une logique de propagande identitaire et de justification historique et culturelle des PdL. Notamment en participant à la création de la médiathèque en ligne des musiques traditionnelles des PdL. Cette médiathèque regroupe sensément une associations de musiques trad par départements. Or on peut y constater que c'est bien la seule vraie association, les autres étant parfois un simple groupe de musique trad.... L'objectif de cette médiatjèque en ligne est bien de faire "connaitre la culture et la musique traditionnelle des Pays de la loire". Pas une seule fois n'est fait mention de l'inscription de l'action de dastum dans cadre culturel Breton. De plus Dastum 44 dans sa lettre aux adhérents n'a même pas osé avouer que la participation à cette médiathèque régionale se faisait dans le cadre des PdL, et n'a pas répondu aux lettres d'adhérents qui demandaient des explications... De même, comme l'ont déjà fait publiquement sur des media des représentants de kentelioù an noz, acquiescer au fait de dire que les Pays de la Loire subventionne la langue bretonne sans vision critique de la chose, n'est pas très responsable. En effet contrairement à la région B4 qui a mis en place une ébauche de politique linguistique il n'y pas de réelle prise en compte politique de la question linguistique en PdL, ceci reste bien une subvention pour que les asso culturelles bretonnes laisse les PdL tranquille et ferment leurs gueulent.

N'oubliez pas que même en donnant de l'argent il y aura toujours de la part des PdL un déni des habitants du 44 à se reconnaître en tant que breton et non en « ligérien ». Seule la Réunification permettra une vraie valorisation culturelle de l'identité bretonne, et l'émergence d'une collectivité à l'image de l'identification collective des breton-ne-s.

Prenez l'argent, c'est notre droit minimum et légitime à exister. N'oubliez jamais que ces subventions la région PdL nous les doivent et encore plus, et que vous vous ne leur devez rien. Ou si, ce que les assos culturelles bretonnes leurs doivent, c'est de ne jamais participer à leurs opérations de propagande, de toujours leurs rappeler que ces subventions nous les avons grâce à la lutte de certains, de toujours leur rappeler que nous ne voulons pas d'eux en Bretagne et que la seule région administrative que nous pourrions être prêt à reconnaître un jour c'est celle d'une Bretagne Réunifiée.

pierre daniel
Mardi 31 août 2010

bonjour

C'est un tout petit peu révolté que j'ai lu votre position sur les subventions,car a qui pouvons nous demandés des subventions sinon aux institutions en place,meme si cela nous pose un cas de conscience nous le faisons car nous voulons que la culture bretonne vive.

Votre position est un luxe de bourgeois riche ,qui ne se pose pas la question du besoin d'argent puisqu'il est facile a trouver pour vous mais nous le peuple souvent loin de la bretagne nous sommes pour faire vivre la bretagne obliger de frapper a toutes les portes meme celles du conseil regional des pays de loire a moins que vous nous donniez vos deniers.

Vous nous proposes dans une grandiloquence d'une autre epoque de mourir dans la dignite de laisser mourir la culture bretonne dans la dignite plutot que de la salir avec l'argent des PDL C'est honteux,digne des ennemis de notre cause; Sachez monsieur que nous avons la culture bretonne visceralement attachée a nous et que nous ferons tout pour qu'elle vive et se developpe et ce ne sont pas vos imprecations qui nous empecherons de la faire vivre,nous la ferons vivre meme contre vous et vos envie de pureté.

Si aujourd'hui en vendee bas poitou un bagad peut jouer,la langue bretonne est enseigné,la danse pratiqué et au cours d'un festival estival le gwenn ha du fierement arboré en vendée ce fut grace a l'argent de la vendée et des pays de loire et non du votre. NOUS FERONS LA BRETAGNE AVEC LES MOYENS QUE NOUS TROUVERONS MAIS NOUS LA FERONS.

MAIS NOUS N'ACEPTERONS PAS DE DISPARAITRE FUT-CE DANS L'HONNEUR

LE veritable honneur est celui du aux anciens et la transmission de notre culture aux generations futures .

NOUS SOMMES DES PONTS ENTRE LES GENERATIONS et non des censeurs

salutations distinguées,la lutte que nous menons hors des frontieres de la bretagne vous est apparemment etrangere c'est peut etre que la lutte vous est etrangere n'oubliez pas c'est grace au cg de vendée et cr pdl que la culture bretonne est presente en poitou et je suis fier d'y avoir participer et je vous prie de croire que lors de la demande je ne me suis pas senti souillé

LE YOUDEC René
Mardi 31 août 2010

Je pense que la réunification de la Bretagne ne va pas tomber tout cuit: il va falloir l'arracher et ceci passe entre autres actions par une indépendance financière des mouvements culturel, associatif bretons en Loire Atlantique. Chaque groupement du 44 doit abandonner ce découpage administratif et travailler de plus en plus avec les 4 autres départements bretons.

Christophe
Mercredi 11 janvier 2012

Discussion très intéressante. Et points de vues recevables des deux cotés qui ne sont pas, à mon avis, aussi opposés qu'ils en ont l'air. L'idée d'une Fondation Nationale Bretonne se donnant les objectifs exposés par M. Kaodan n'est en effet pas incompatible avec le fait d'aller récupérer des subventions auprès de ce que j'appelle le machin. Car effectivement, et je rejoins en cela le point de vue de M. Guillaume, ces subventions proviennent des taxes et autres impôts collectés auprès des populations de la Loire-Atlantique.

Par contre l'existence d'une telle fondation permettrait aux associations du 44 d'être moins vulnérables par rapports aux exigences de la région des PdL. Pourquoi ne pas vouloir se donner ce moyen d'existence supplémentaire ?

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