Suite à un article paru dans le Peuple Breton n°642-643 sous la signature d'un certain N.C., nous avions adressé à la rédaction de ce journal une lettre réponse avec demande de parution. Cette parution nous a été refusée. Le Peuple Breton craindrait-il que ses lecteurs entendent un autre son de cloche ? La question est posée

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Monsieur le rédacteur,

Il m'arrive de lire de temps à autre votre journal et je reconnais bien volontiers, sans partager aucunement la vision politique de l'UDB, y trouver des articles pertinents.

Ceci dit, dans le numéro 642-643, j'ai été assez étonné d'y trouver, sous la signature d'un certain N.C., un article fort dogmatique et avec des insinuations qu'il me faut corriger. Ce N.C. m'apparaît fort comme un Savonarole au petit pied en écrivant que le message de «100% Bretagne était flou, notamment du côté des candidats dits (sic) fédéralistes comme Jean-Jacques Page à Vannes ou Jean-Marc Le Luyer dans le Trégor, qui s'est déclaré tardivement et a repris sans nuance les axes de la campagne de la candidate Oui la Bretagne». Et notre bon Savonarole de se poser la question : «pourquoi présenter des candidats en concurrence avec Oui la Bretagne tout en cherchant à gommer les différences ?»

Je déclare d'emblée que N.C. ou bien est fort mal informé ou bien est malhonnête. En effet il aurait du savoir que 100% Bretagne regroupe quatre organisations : le Parti Fédéraliste Européen, le Parti Breton, En avant Bretagne et l'Alliance Fédéraliste Bretonne-Emglev Kevredel Breizh. Il se trouve que je préside cette dernière et que, dès sa fondation à Châteaulin, cette formation avait choisi la voie fédéraliste. C'est lors d'une réunion tenue à Vannes en Janvier dernier que les organisations plus haut citées avaient conclu un accord pour présenter 31 candidats aux législatives de 2017. Toujours lors de cette réunion, plusieurs candidatures avaient été actées dont les trois présentées par l'AFB-EKB. Pour des raisons tactiques il avait aussi été convenu de rendre publics les noms des candidats présentés par 100% Bretagne lors d'une conférence publique ultérieure.

Quant à reprendre «sans nuances les axes de la candidate Oui la Bretagne», j'attends que N.C. nous présente les textes et déclarations à la presse lui permettant d'étayer sa thèse. Je tiens à sa disposition tous les écrits tenus par nos trois candidats, ceci d'autant plus facilement que c'est une petite équipe réunie autour du président de l'AFB-EKB qui les a composés parce que en charge de la communication. Nous n'avions nul besoin de singer les dires ou écrits de la candidate Oui la Bretagne.

Passons maintenant à l'autosatisfaction de N.C. quant aux résultats obtenus par les candidats de Oui la Bretagne. Ces chiffres démontrent à l'envie le recul et l'échec incontestables de l'U.D.B. après une cinquantaine d'années d'existence. Jugeons-en.

Je commencerai par lui apprendre que dans les années 1980 l'UDB comptait 1007 adhérents. Ma coresponsabilité, avec Loig Kerwazh, du Journal Pobl Vreizh me permet de citer ce chiffre. Le positionnement ultérieur de cette organisation privilégiant avant tout son soutien sans faille au Parti Socialiste Français, inféodation qui a conduit la lutte pour la cause bretonne où l'on sait, me l'a fait quitter. J'invite d'ailleurs la jeune génération à relire le discours de Mitterrand prononcé à Lorient en mai 1981. Il y trouveront matière à mesurer l'ampleur des reniements de ce parti. Seuls les naïfs pouvaient s'y laisser prendre.

En 1997 l'UDB présentait 24 candidats sur B5 et totalisait 24301 voix. Dix ans plus tard, alliée au MPB, 34 candidats sur B5 récoltent 32000 voix (27000 sur B4). Dix de ses candidats sont sous la barre des 1%. Les leaders du MPB ne font pas mieux. Aux législatives de 2012 Troadeg faisait 11286 voix. En 2017 il obtient 7047 voix ! Son second, Derrien, obtenait 7608 voix en 2012 et cinq ans plus tard il tombe à 3724 voix. On concluera de tout cela que décidément notre nouveau Savonarole souffre aussi de déficience visuelle.

Si, par ailleurs, on additionne les voix obtenues par la coalition Oui la Bretagne et 100% Bretagne on obtient les pourcentages suivants. Côtes d'Armor : 2,5% - Finistère : 4,04%- Ille et Vilaine : 1,37%- Loire Atlantique : 1,75% - Mor bihan : 2,72%. Tout esprit averti considère que le seuil de 5% reste le critère incontournable à partir duquel une quelconque revendication politique devient visible. On voit donc que la cause bretonne a encore des progrès à faire avant d'accéder à la crédibilité. Les dirigeants des différentes organisations citées devraient en tirer quelques enseignements, loin des certitudes et des erreurs de jugement professées par votre bien léger collaborateur.

En vertu du droit de réponse je vous serais obligé de bien vouloir faire passer ma lettre dans la prochaine édition de votre journal.

Salutations bretonnes et fédéralistes.

Dr Jean Louis LE MEE -pennrener AFB-EKB

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