Les tondues : 20 000 femmes silencieuses mises à l'honneur

Les Tondues, les Rias, 1er septembre 2017
Les Tondues, les Rias, 1er septembre 2017
Ressusciter ces femmes qui n'ont pas écrit leur vie, qui n'ont pas parlé d'elles... Alors, comment parler de cette mémoire collective, de ces hommes et de ces femmes qui riaient de les voir tondre, de ces destins difficiles, pour elles, leurs enfants ? Comment faire le lien avec les chevelures de ces femmes que l'on cache, que l'on coupe, avec le corps des femmes tout simplement, objet de convoitise mais aussi territoire à conquérir, à soumettre, juste après la victoire du vote des femmes, les grèves de la faim des suffragettes, les droits élémentaires de la moitié des êtres humains sur cette planète ?

La mise en scène est sobre, les tableaux différents, les acteurs incarnent des rôles étonnants (le petit fils qui revient sur les traces de sa grand-mère tondue, la vieille dame qui retrouve à Quimperlé les traces de Lili, sa meilleure amie, tondue, et la jeune fille qui elle aussi découvre un secret de famille...).

La compagnie "les Arts Oseurs" vient du centre de la France, c'est leur deuxième partenariat avec les Rias. Le premier parlait des Français des banlieues, dans "Carnet de Famille". Avec les Tondues, la metteure en scène, Périne Faivre, a écrit un très beau texte. Pour elle le théâtre de rue, en ces temps hypersécuritaires est devenu un "vrai sport de combat".

Un très bel hommage à la vie, à ces femmes, et un appel à la vigilance, à l'avenir de nos choix et de nos engagements...

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©agence bretagne presse

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Auteur de l'article :

Kerne Multimédia

Docteure en Breton-Celtique à l'Université de Rennes 2 et au groupe Ermine-CRBC, enseignante au lycée Diwan. Autres sites : Tv bro Kemperle et Tvlise Diwan Karaez. Contributrice à l'ABP depuis 2005 : des centaines d'articles, des centaines de vidéos en français, comme en breton.

Vos commentaires :

Emilie Le Berre
Jeudi 31 août 2017

Surement tondues par des résistants de la 24 ème heure, ce qui a du être leur seul acte de résistance. Courageux guerriers.

D'un autre coté, ce qui me gêne aujourd'hui est la mise au devant de la scène des victimes, on regarde l'histoire par le petit bout de la lorgnette. Les héros sont oubliés, on ne les fête plus.

Une société de victimes, chacune faisant appel au devoir de mémoire, aux tribunaux et scling ! le tiroir caisse.

Jacques
Jeudi 31 août 2017

Je ne suis pas toujours en accord avec Fanny, mais là je vous suis totalement.

C'est très bien d'aller sur ce terrain, mais il faut y aller jusqu'au bout et percer l'abcès...

En effet, car cela touche au mythe moderne républicain le plus sacré : les héros de la résistance...

Non pas qu'il n'y ait pas eu de héros, mais beaucoup étaient morts en 44-45.

Non pas que que tous étaient des salauds en 44-45, mais tous n'étaient certains pas des héros comme affirmés... c'est une chose que j'ai apprise du directeur d'un musée consacré aux soldats alliés du débarquement en Normandie qui refusait catégoriquement d'associer résistants et soldats.

Et là, on touche au plus sombre : les ambitions politiques, les profiteurs et les opportunistes, les jalousies familiales, les clans de village, etc...

Et pour beaucoup, la résistance fut un bon prétexte... dont les bénéfices sont parfois encore présent de nos jours et donc l'intérêt d'y porter un regard objectif est inversement proportionnel.

Rappelons-nous qu'il y eu une amnistie pour les résistants jusqu'en 46, soit plus d'1 an après la fin de la guerre...

Car les femmes tondues ne sont que la partie visible de l'iceberg d'une histoire sordide... or, on n'explore pas un iceberg en occultant les 90% non directement visible... Ce serait trop simple si ce n'était qu'un combat féministe... les hommes eux ont souvent reçus une balle à la place d'une tonsure.

Et en Bretagne, ce sujet est sensible car beaucoup de choses sont allés très loin, beaucoup trop loin et il nous faudra un jour ou l'autre mettre les choses à plat!

Car on ne peut se prétendre de valeurs quand le passé nous fait peur ou que l'on justifie l'oublie au nom du... c'est mieux ainsi...

La difficulté étant une récupération du sujet au profit de la bienpensance d'aujourd'hui dans une présentation anachronique, car souvent ceux qui voient le combat aujourd'hui ne sont pas si éloignés de ceux qui hier criaient avec les loups...

yann pevar
Vendredi 1 septembre 2017

Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

La victime raisonnable

À la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée défigurée

Celle qui ressemble aux morts

Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet

Et couverte

Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante

Comme une aurore de premier mai

La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris

Qu’elle est souillée

Une bête prise au piège

Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme

Voudrait bien dorloter

Cette image idéale

De son malheur sur terre.

Paul Éluard

Citée par Georges POMPIDOU lors d'une conférence de presse à propos de l'affaire Russier

Marie-Josée Christien
Dimanche 3 septembre 2017

A lire sur le même sujet l'excellent roman de Fabienne Juhel, "La chaise n°14", aux éditions Le Rouergue (2016).

spered dieub
Lundi 4 septembre 2017

Voici sous ce lien une histoire sordide qui rejoint le sujet ,bonne lecture .

(voir le site)

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