Les (grands) Enfants Terribles à l'Opéra de Rennes
Reportage de Agnieszka Misiura

Publié le 21/11/22 1:54 -- mis à jour le 21/11/22 18:25
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Dans le programme de l’Opéra de Rennes, cette semaine on a pu voir Les Enfants Terribles de Philip Glass, avec une mise en scène de Phia Ménard . La direction musicale a été confiée à Emmanuel Olivier. C’est une nouvelle production de la co(opéra)tive qui va partir en tournée.

Cette pièce a été écrite en 1996. Le compositeur américain, Philip Glass, était un grand fan de l’écriture de Jean Cocteau, il a créé trois opéras inspirés de sa plume. Le livre est sorti en 1929 et a eu son adaptation au cinéma par Jean-Pierre Melville dans les années 50.

C’est l’histoire de la passion, la jalousie, la rivalité entre une sœur et un frère. Ce récit est accompagné par trois pianos, qui nous transperce durant toute la pièce.

La metteuse en scène a eu l’idée géniale de changer les règles du jeu. D'après elle, la scénographie peut remplacer la chorégraphie. On ne voit pas de danseurs ici, les chanteurs ne dansent pas. Phia Ménard a décidé de placer ses personnages et ses éléments de décor sur un plateau de trois cercles tournants. Grâce à cette innovation, on a l’impression que la densité des relations devient plus légère, aérée, moins compliquée.

On est entouré par la fascinante et mystérieuse musique, qui nous enferme dans une spirale de méli-mélo sentimentale.

Le grand changement par rapport au livre est de placer l’action dans un EPHAD... Les enfants terribles sont devenus les grands parents terribles.

Leurs chambres sont dans le centre du cercle, ils ne sont plus capables de sortir de ce méandre d’émotions.

Dans cette interprétation, Paul est un handicapé qui passe ses journées dans un fauteuil roulant. Très vulnérable, il accepte chaque décision de sa sœur possessive. Le baryton François Piolino jouait ce rôle.

Tous les projecteurs étaient tournés vers un personnage : Elisabeth, la sœur tyrannique, jouée avec passion par Mélanie Boisvert Un rôle très charismatique, qui a donné à l’interprète un grand spectre de possibilité vocale. La force de la voix de Mélanie Boisvert est que son soprano change pour montrer le caractère de son personnage, qui manipule tout monde pour obtenir ce qu’elle veut.

Emmanuel Olivier, le directeur musical a joué sur un des trois pianos.

Les pianos ont créé une ambiance hallucinante, on avait l'impression de se retrouver dans le centre de ce jeu maléfique.

Les tarifs varient de 5 à 45 euros.


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Journaliste-photographe ABP pour Rennes
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