Les élus bretons ont-ils tourné casaque sur la question des panneaux en breton ?
Dépêche

Publié le 16/11/13 22:27 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le collectif de jeunes brittophones Ai'ta s'est donné comme rôle d'inciter les élus et les administrations (SNCF, Poste,...) à remplir leurs devoirs en faveur de la langue bretonne. Aucune action d'Ai'ta n'entraîne de destruction («die-in», collages) et elles sont faites en plein jour. Ils portent des tee-shirts orange pour être bien vus par tous.

Deux affaires vont venir devant les tribunaux de Rennes et de Lorient concernant des actions militantes pour la réhabilitation du breton.

Il s'agit d'autocollants posés sur des panneaux routiers pour souligner qu'ils ne sont pas bilingues.

La pose d'autocollants ou le démontage ont été considérés par des élus comme une dégradation des panneaux, alors la première peut ne pas poser de problèmes techniques.

Mais, quand les panneaux d'un nouveau rond-point à Quimper ne sont pas bilingues, c'est une rupture de la politique jusqu'à présent suivie par le Conseil général du Finistère.

Lundi 18 novembre, un jeune Fouesnantais doit se présenter devant la cour d'appel de Rennes, alors qu'il a été condamné à verser plus de 7 000 euros, sans l'avoir su, par le tribunal de Quimper. Outre 1 000 euros d'amende, il aurait du payer1 500 euros de frais de procédure et 1 690,60 euros en dommage et intérêts à la commune de Fouesnant, 2 439,84 euros à la commune de la Forêt-Fouesnant et 574,18 euros au Conseil Général du Finistère.

Des personnalités bretonnes, dont Christian Troadec, Tangi Louarn et Jean Ollivro, ont promis de venir témoigner en sa faveur, une association de soutien, «Mignoned Ai'ta», a été créée et Skoazell Vreizh va reprendre son aide aux militants bretons inquiété par la Justice. Un rassemblement de soutien est prévu devant le cour d'appel (Parlement de Bretagne).

Pierre Maille, le président du Conseil général aurait indiqué, en substance, qu'il ne sera pas possible de faire toujours plus de choses pour le breton. Il faut, sans doute,comprendre que, face à une situation financière très tendue, certaines lignes budgétaires ont été supprimées pour ne pas en réduire d'autres, en particulier, celle du soutien à l'enseignement en breton.

Moins claire est la position des élus de Fouesnant ou de la Forêt-Fouesnant qui, au contraire, du Conseil général, pourraient étaler la dépense dans le temps en prévoyant d'installer des panneaux bilingues quand il est nécessaire d'en créer ou de remplacer. Il est possible que la disparition de subventions départementales soit à l'origine de cette abstention. Quoi qu'il en soit, on reste interrogatif sur l'ampleur des sommes réclamées et à un seul individu.

Une affaire du même genre sera jugée à Lorient le 13 décembre et concerne des autocollants apposés à l'été 2012 sur des panneaux indicateurs de la commune d'Erdeven (Morbihan). Le militant, vu en pleine action, a refusé la composition pénale proposée par le procureur au motif qu'il ne se sent pas coupable de pousser à remettre à l'honneur la langue du pays.

Selon Ai'ta, une quinzaine de militants ont été récemment convoqués dans des gendarmeries, un peu partout en Bretagne, et cela pourrait venir d'une action décidée par le ministère de l'Intérieur. Il est surprenant d'apprendre que des militants bretons puissent être épinglés individuellement pour des actions collectives. Cela rappelle furieusement la loi anti-casseurs de 1970 que François Mitterrand avait fait abolir.

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Christian Rogel

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Christian Rogel est spécialiste du livre, de la documentation et de la culture bretonne.
Vos 12 commentaires
Naon-e-dad
2013-11-17 14:23:54
En République d'Irlande,pour ne citer qu'elle, tous les panneaux routiers sont bilingues.
Pourtant ce pays a , peut-être plus encore que la France, été frappé par la crise financière.
Par ailleurs, quand l'on a une idée même très vague des gaspillages républicains (de ce côté-ci de la Manche) on comprend vite que le coût de panneaux bilingues n'est qu'un faux prétexte.
D'autant que les panneaux bilingues amènent un véritable confort psychologique et sociétal.
D'un point de vue tourisme et attractivité - cette attractivité tant recherchée, partout et pas seulement en Bretagne, de nos décideurs locaux - ils constituent un véritable avantage concurrentiel.
Sous ce seul point de vue, ils représentent un investissement plutôt minime - durable dans le temps, contrairement aux campagnes publicitaires, éphémères, et aux résultats aléatoires -, aussi bien qu'un investissement à haute valeur ajoutée.
Le procès prévu à Rennes est-il celui de la place Tien-an-Men? La question, d'un point de vue citoyen, est désormais posée.
Ha ma vefe prosez Roazhon heñvel-braz ouzh hini plasenn Tien-an-Men e Pekin (bro Sina)?
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christine viard
2013-11-17 17:24:41
Digredus ! Incroyable ! Ce n'est pas une question de budget mais de volonté. Est-ce que les communes et les provinces basques ont arrêté de bilinguiser leurs panneaux depuis la crise ? Non. Tout est dit.
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Eric Pianezza Le Page
2013-11-17 19:27:04
Adhérons tous au plus vite à Ai'ta !
Poent eo emezelañ hep dale !
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SPERED DIEUB
2013-11-17 19:30:52
Naon très bon exemple l'Irlande seulement à une époque il me semble dans les années 1950 les militants du gaéliques ont du batailler dur pour obtenir des panneaux bilingues de par les m^mes méthodes utilisées par les bretons et c'était à l'encontre de leur propre gouvernement ,cela est d'autant plus étonnant que l'indépendance de ce pays datait de 1921 ,elle avait été acquise de haute lutte ce qui fait que à la période dont je parle le sentiment anti anglais était encore très fort auriez vous une explication ???
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marc iliou
2013-11-17 20:09:24
Le racisme français anti breton est soutenu par les partis dominants dont nous n'avons rien à faire en Bretagne, une preuve de plus! un ministère de l'intérieur qu'il soit dit de gauche ou de droite cela pue de la même façon, leurs limiers et indics sont les mêmes!
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Reun Allain
2013-11-17 20:31:51
On veut nous faire gober qu'un panneau bilingue soit significativement plus cher qu'un panneau monolingue. Une différence de coût peur se situer en atelier sur la surface mais que représente réellement ce supplément en production sur le coût global. L'essentiel du coût se situe à mon avis sur l'installation (frais administratifs de commande, livraisons, structures de fixations, déplacements des équipes, signalisations de chantier, etc ...). Tous ces à-côté mis bout à bout sont des coûts significatifs indépendant du fait que les inscriptions soient monolingues ou bilingues.
Pourquoi on ne nous donne de chiffres, quelles sontles entreprises consultées, sur quels critères sont-elles sélectionnées. ça ne vous rappelle pas une autre chose dévoilée à propos des portiques ?
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Gilbert Josse
2013-11-18 15:36:41
On trouve ici : (voir le site)
des exemples de prix. Clairement un panneau bilingue ne coûte pas deux fois le prix d'un panneau monolingue !
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Ar Vran
2013-11-18 18:40:23
Merci à Gilbert Josse pour le lien car on voit le prix d'un panneau indicateur, cela n'est vraiment pas onéreux (<300 euros HT) ou alors certaines mairies doivent avoir également des problèmes pour changer les tenus et les chaussures de leurs employés....
Encore une fois c'est à plus à voir avec la mauvaise foi qu'autre chose.
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X. Rouari
2013-11-19 19:03:38
Visiblement, l'Etat a choisi la répression financière.
Ac'hann :
A-benn talvoudekaat an obererezhioù ha nebeutaat an taolioù diefed (dresi-holl pa vez gourdrouz melestradurel...), e ve ret strishaat tachenn an "divyezhekaat" ha mirout douzh ar panelloù daouskriv, zo diret. Da skwer, ez eo divyezhek "Auray / An Alrae", tra ma chom unyezhek da vat "Quimerc'h / Kimerc'h".
Afin de cibler les besoins et compte tenu des risques, il serait bon de limiter les actions aux panneaux réellement mono-français ou aux noms de lieux très francisés : "Briec / Brieg" n'est pas du bilinguisme (le forme ancienne "Briec" ne menace pas la langue), tandis que "Châteaulin / Kastellin" est nécessaire.
La plupart des panneaux toponymiques en Irlande ne sont pas bilingues, ils sont digraphes, parce que l'Etat Irlandais n'a pas eu le courage de rétablir la forme irlandaise correcte. D'où "Sliabh na mBan (Fhionn)" et "Slievenamon". Pour le reste de la signalétique, c'est mieux.
Kenskoazellañ Ai'ta : un dlead.
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SPERED DIEUB
2013-11-19 21:44:41
Je suis de l'avis à Rouari car la plupart des noms de lieux ont été francisés comme Quimper au lieu de Kemper il aurait mieux fallu lutter pour le respect de l'étymologie ,sans être au pied de la lettre l'exemple de Briec est très bien choisi
La langue bretonne est en danger l'essentiel, c'est à dire son réinvestissement de la vie économique et sociale doit passer avant des détails qui peuvent faire passer à tort les défenseurs de la langue pour des pinailleurs c'est d'autant plus important que la majorité des bretons y compris les élus sont conscients de l'enjeu, certaines actions pas très réfléchies peuvent blesser certaines personnes et donner des arguments aux détracteurs du breton
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eugène le tollec
2013-11-19 22:39:37
Si les élus ne veulent rien faire,faisons des souscriptions pour ces panneaux,dans chaque commune.
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PIERRE CAMARET
2013-11-20 03:28:22
Les elus - non patriotes Bretons -et bien on ne vote pas pour eux et ils ne sont plus elus .
Peuple Bretons sois uni et tu vaincras
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