
Les Bretons sont-ils indociles ?
Réalisation : Radio Trégor Goelo – 63 vues
Ronan Le Coadic, professeur émérite à l’Université Rennes 2 et chercheur associé au CELTIC-BLM, propose depuis le mois de septembre un podcast en deux langues, breton et français, adossé à son site « Pensée indocile ».
Ronan Le Coadic, professeur émérite à l’Université Rennes 2 et chercheur associé au CELTIC-BLM, propose depuis le mois de septembre un podcast en deux langues, breton et français, adossé à son site Pensée indocile et diffusé le samedi à 17 heures sur Radio Trégor Goelo. Pour cette première étude de cas, « Pensée indocile » prend la direction de la Bretagne. Des chroniqueurs médiévaux aux plaisanteries de Pierre Desproges, en passant par Victor Hugo ou Balzac, l’image d’un peuple rebelle, ingouvernable et obstiné s’est construite au fil des siècles. Elle s’appuie sur des mouvements de résistance attestés. Mais l’histoire révèle aussi un long accommodement de cette population envers l’autorité, qu’elle vienne de l’Église ou de l’État. Alors, vraiment indociles, les Bretons ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.
Commentaires (4)
Indociles ? Nous sommes rentrés dans le rang face à plus fort que nous. Un État qui ne cède sur rien, sauf devant les grandes colères sociales ; c'est d'ailleurs lors de ces grandes colères que « le mouvement breton » (?!!!) se réveille. Sinon, notre identité est toujours là, mais notre langue disparaît, on nous fait même suer pour un ñ ! Et peu de gens bougent. Tant qu'il y aura des défilés, des groupes costumés, du biniou dans les rues pour les touristes, on nous dira que « la culture bretonne est vivante ». Tu parles. Continuons nos concours et nos festoù noz hors été, là c'est passionnant, mais pendant l'été : stop ! Plus rien pour les doriphores (en dorifored disaient mes Zud-kozh). Là, le touriste et le commerçant ne seront pas contents. Masquons cette « culture à la carte », et reprenons vie en septembre (ce qui est d'ailleurs le cas). Mais que dalle en été, et croyez-moi, ça ne va pas plaire. « Vous voulez un fest noz le 13 juillet ? D'accord, mais ouvrez une école pour la langue bretonne. Sinon, rien ! » Les commerçants bretons vont hurler (combien versent-ils à la cause bretonne ?), maistre, qu'ils se retournent vers l'État (Dieu) et vers la région B4. Ema er gouiañv e toned, ouff ! L'année prochaine : Grève Folklorique Générale e Breizh !
L'amputation de la Bretagne est plutôt acceptée docilement, par résignation, indifférence ou intérêt.
Les Bretons : harcelés, trahis, vaincus, occupés, administrés, séparés, épurés, ethnocidés, acculturés, requis dans des guerres lointaines, surexploités dans la domesticité urbaine, ruinés, miséreux, …, et souvent et justement révoltés, puis outrancièrement réprimés, sont avec audace, dit-on, indociles et opiniâtres.
Pour tant de barbarie durant tant de siècles, faudrait-il en plus qu’ils remercient poliment !
A
Très d'accord avec Yvan Guehennec (originaire de Saint-Nazaire-et-Gron à Montoir de Bretagne) sur une grève des fêtes folkloriques de l'été ?
Au minimum : organiser une manifestation comme nous l'avions fait à Quimper en 1961 avec Alan Styvel pour un plan de Constantine en Bretagne, au contre-triomphe des sonneurs du festival des Cornouailles.
Cela avait été abordé à un week-end en 1967 à Casson, en Loire-Atlantique.
Présents : Jean Renaud d'Orvault, le président du cercle de Malville, Jean-Claude Gouin du Cercle Celtique de Nantes, Aldrig Russon, du cercle breton de Nantes, moi de Saint-Nazaire et de Nantes, même JL Jossic de Jacques Cassard et Chantenay s'en est inspiré pour les futurs Tri Yann...
Des musiciens du bagad Gilles de Retz,
- où l'on disait que l'on voulait vivre notre culture bretonne en hiver,
- sans être en tenue traditionnelle bretonne,
- où l'on voulait des orchestres de musiques populaires pour danser.
Il faut aussi éduquer, former et rappeler l'histoire de la Bretagne aux danseurs de Kenleur, aux musiciens de BAS, aux chanteurs bretons en intégrant dans les notes aux concours des questionnaires les interrogeant sur notre histoire.
Rappel du rôle du livret Breizh or bro de Kendalc'k pour les concours de l'EMVOD.
Modernisez tout cela.
J'ai rencontré à Vannes en 2025 des danseurs et danseuses d'un groupe de jeunes de Vannes qui ignoraient d'où venaient certaines danses bretonnes ?
Les conférences, réunions, colloques, congrès, très bien, mais des actes sur le terrain, des occupations de sites stratégiques médiatiques, etc. donneraient peut-être de la vigueur aux « élites bretonnes ».