Le Télégramme snobe Martial Ménard

-- Media et Internet --

Chronique de OMEB
Porte-parole: Gilles Delahaye

Publié le 12/09/16 16:40 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Jeudi dernier disparaissait Martial Ménard, personnalité bien connue et reconnue du monde linguistique, culturel et politique breton.

Hommage unanime des mouvements culturels et politiques, des média, dont France 3, France Bleu, Ouest France...

Unanime ? Sauf que jusqu'à ce lundi, jour de l'enterrement de Martial Ménard, toujours rien dans le quotidien de l'ouest breton, Le Télégramme. Rien de rien sauf une mention dans l'édition de Carhaix à travers la publication de l'hommage de Christian Troadec à Martial Ménard, sinon, rien. Silence. Lourd silence. Silence de plomb.

Alors les lecteurs du Télégramme présents sur les réseaux sociaux s'interrogent.... Rien vendredi, ça sera pour demain samedi ! Rien samedi, bizarre mais il y aura un bon article dans Le Télégramme Dimanche ! Rien dimanche, là les lecteurs commencent à s'énerver et certains écrivent ou téléphonent au Télégramme pour s'en étonner.

La réponse qui leur est donnée est la suivante : c'est la rédaction en chef du Télégramme qui a décidé de ne rien faire sur Martial Ménard.....

Alors deux questions se posent :

- Martial Ménard publiait chaque dimanche dans Ouest France une chronique consacrée à la langue bretonne. En tant que collaborateur de Ouest France est-il interdit de parler de lui dans les colonnes du Télégramme ? Si c'est cela, ce serait vraiment très très mesquin, non ?

- ne serait-ce pas plutôt pour des raisons politiques ou vues comme telles par la direction du Télégramme ? du genre, les positions politiques de Martial Ménard indisposent tel ou tel responsable de la direction du Télégramme ? ou bien encore, Martial Ménard se considérant comme l'un des héritiers de Roparz Hemon, serait-il une victime collatérale de la fatwa anti-emsav décrétée il y a quelques années, dizaines d'années plutôt, par l'ancien dirigeant du Télégramme ?

Bref, ce lourd silence autour de Martial Ménard n'est pas digne d'un journal d'informations qui se vante d'être au service de la Bretagne.

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tags : Martial Ménard, Le Télégramme,
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L'Observatoire des Médias en Bretagne est basé à Rennes. Il est composé d'un collectif de plusieurs journalistes.
Vos 22 commentaires
Gwenn Pelliet
Lundi 12 septembre 2016

J'ai fait part de mon mécontentement au Télégramme en leur envoyant un courriel avec ce présent article abp.
Je suggère que les clients du Télégramme, soit par portage à domicile,, ou par la poste, envoient un courriel de protestation et mécontentement à : " service.clients [at] letelegramme.fr" en menaçant de ne pas renouveler l'abonnement.

Maryvonne Cadiou
Lundi 12 septembre 2016

Pourtant je me souviens, le 8 septembre même, d'avoir trouvé un article - très nul, je vous l'accorde, où il n'était même pas question de ses dictionnaires et encore moins de sa maison d'édition, je crois -
Il n'empêche qu'un article plus développé aurait dû paraître dans les jours suivants...
Que ce soit la rivalité des quotidiens où la raison politique, les deux raisons sont aussi minables et dégradantes l'une que l'autre pour le TLG.
Je n'ouvre pas ce lien du TLG pour le donner ici - vous le trouverez par Google Martial Ménard - ce quotidien dont nous devrions avoir honte - car il ne traite que de la B4, et en la nommant Bretagne, ou bien il truque les données de B5 (notaires) - ne donnant gratuitement en ligne que trois articles par mois pour les non-abonnés...

Yann Menez Are
Lundi 12 septembre 2016

C'est vraiment petit de la part du télégramme...
Un fidèle lecteur du Télégramme....jusque-là!

yann hamont
Lundi 12 septembre 2016

le telegramme est un journal jacobin, qui prône la bretagne dite "administrative". il ne faut pas chercher plus loin, ils ne sont pas plus breton que l'est "le parisien" ou "la voix du nord". Le seul avantage c'est les faits divers locaux. Et encore.

Hervé
Lundi 12 septembre 2016

Très déçu également par le Télégramme. Je ne pensais pas que cela était possible.

LuKian
Lundi 12 septembre 2016

Et ça vous étonne ?

Reun Allain
Lundi 12 septembre 2016

C’est une immense part de la Bretagne qui s’en est allée avec le décès de Martial. Pendant près d’une quarantaine d’années Martial Ménard aura marqué la grande Histoire de la langue bretonne dans la lignée des lexicographes les plus célèbres depuis Jehan Lagadeuc (Le Catholicon - 1464), Grégoire de Rostrenen (1670-1750), Jean François Le Gonidec (1775-1838), François Vallée (1860-1949), Roparz Hemon (1900-1978). Peu importe la raison du boycott par le quotidien, même en politique quand un adversaire décède et plus encore s’il était redoutable, la mort lave tous les éventuels différends qui sont normaux là où existent des meurs démocratiques et l’acceptation de désaccords inhérents à tout débat d’idées.
Ce qui suit est peut-être hors sujet mais le Télégramme ne s’est pas honoré par cet « oubli » difficilement qualifiable. Cela n’est cependant pas si étonnant car le refus du débat et l’incorrection semble faire partie de l’ADN de ce journal.
En qualité d’abonné à la version papier, j’ai accès à la version électronique ce qui me permet de contribuer aux commentaires qui suivent l’article. A plusieurs reprises j’ai vu mes contributions pourtant assez modérées refusées pour cause de non-respect de leur charte. C’est leur droit mais encore faudrait-il qu’on sache où se trouve ce manque de respect.
La dernière fois que j’ai voulu donner un avis c’était suite à la publication d’un article sur l’Euro de football où le ton était à la louange obligatoire de l’équipe des Bleus. Dans ma contribution je n’avais pas critiqué l’article mais crime de lèse-majesté, j’avais osé déclarer que je ne voyais où était le mérite des Bleus qui bénéficiaient à domicile de gros moyens financiers pour se payer un hôtel grand confort sans commune mesure, selon mon opinion, avec des équipes plus méritantes comme celles du Pays de Galles et de l’Islande.
Très en colère j’ai tenté de recevoir une explication au refus de publication, trois mois passés je les attend encore.
Les anecdotes personnelles sont secondaires en regard de l’hommage manqué à notre Ami Martial. Le manquement apparaît bien comme une confirmation de la désinvolture d’une PQR vis-à-vis des lecteurs qui font vivre ce journal.

patrick le guer
Mardi 13 septembre 2016

@Reun Allain.
Également lecteur de la version électronique du Télégramme, et contribuant parfois aux commentaires, j'ai été sanctionné plus d'une quinzaine de fois pour un soit disant "non respect de la chartre" alors que mes propos n'était que vérité. Les modérateurs ont la "gâchette facile". De ce fait la liberté d'expression est entravée par ce journal. Par contre je constate qu'un contributeur publie sous plusieurs pseudonymes et semble bénéficier d'une certaine impunité. J'ai moi même été modérateur sur un forum, ceux du Télégramme semblent ignorer ce qu'est un "troll" et le "trolling". Ce journal devrait s'appeler le "Télégramme de Paris". On m'a proposé un abonnement papier cet été...j'ai dit le reste à celui qui me l'a proposé !!!!
Pour Martial Ménard cette attitude du journal est inacceptable pour moi, l'oeuvre de ce grand résistant de la cause bretonne devrait être inscrit au "patrimoine de la Bretagne".

Ronan Broustal
Mardi 13 septembre 2016

Le Telegramme reste ce qu'il est . Pas grand chose. J'y suis abonné pour... Les petits potins et les résultats sportifs. Pour le reste il existe une autre presse. Surtout concernant la culture.

spered dieub
Mardi 13 septembre 2016

Vous dites avec raison
Le seul avantage c'est les faits divers locaux.
Oui et c'est la grande carence des médias en général de la mouvance bretonne .Ce n'est pas évident d'y remédier ,et pourtant c'est sur cet aspect, que des coups efficaces pourraient être portés contre la presse plus ou moins jacobine

Ar Vran
Mardi 13 septembre 2016

Quand on a un quotidien aussi nul que cela il existe un moyen très simple d'exprimer son mécontement, c'est de s'y désabonner (ou de ne pas l'acheter) et de faire le savoir à ses proches et à ses voisins et amis.
Comme cela ce quotidien disparaîtra et cela ne sera que justice

Yann-Bêr Beclere
Mardi 13 septembre 2016

Quelqu'un peut préciser quand la nouvelle du décès de Martial Ménard a été annoncée sur France 3 Bretagne ? J'ai suivi les JT, je n'y ai rien vu, ou je suis sourd et aveugle.
Merci.

Hervé
Mercredi 14 septembre 2016

Pour Maryvonne.
Il y a eu le jour même un tout petit article de Gilles Pennec sur le web du Télégramme dans le genre plus petit et sans info, difficile de faire pire. Et absolument rien sur l'édition papier (qui a le plus d'importance symboliquement parlant) , ce qui est pour le moins dérangeant.
Concernant France 3, j'ai vu Bernez Rouz en parler sur France 3 Iroise.

Yann-Bêr Béclère
Mercredi 14 septembre 2016

Ca bouge au Télégramme ...
(voir le site)
Pour FR3, j'ai entraperçu une annonce dans la Matinale visible en replay mais je n'ai pas conservé le lien.

breizh dieub
Mercredi 14 septembre 2016

ça bouge car ils ont du remarquer leur bourdes entre temps. Un monument de la Bretagne s'en va ( paix à son âme) , et ils préfèrent parler de macron ou autre embrouilles politiques.
ni pardon ni oubli.

Jiler
Jeudi 15 septembre 2016

C'est complètement improductif de taper sur les gens qui ne sont pas (pour l'instant ) de notre avis.
Ne pas oublier qu'ils peuvent changer! Et le Telegramme vient de prouver qu'il peut changer.
Je les félicite donc pour ce petit mot concernant l'hommage à Martial.
Et , allez tiens, s'ils parlent plus souvent de la Bretagne à 5 départements, je m'abonne ! ...

Fañch Ar Vilin
Jeudi 15 septembre 2016

La presse régionale se fout des Bretons, mais les Bretons trouvent toujours une bonne raison pour continuer à s’y abonner.
Les élus régionaux et hexagonaux se foutent des Bretons, mais les Bretons trouvent toujours une bonne raison pour continuer à voter pour eux.
La République Française se fout des Bretons, mais les Bretons trouvent toujours une bonne raison pour ne pas s’en détacher.
Etonnants Bretons, non ?

Naon-e-dad
Jeudi 15 septembre 2016

Le Télégramme – de son vrai nom « Le Télégramme de Brest et de l’Ouest », tout un programme qui exhale des relents d’immédiat après-guerre et les règlements de compte de « la Résistance », aujourd’hui sent un peu la naphtaline (plus encore depuis que nous sommes entrés dans la période Daesh et consorts (hélas, trois fois hélas) – le Télégramme donc, appartient à la PQR / Presse Quotidienne Régionale.
Or, qu’attend-t-on de la PQR ? Qu’elle traite non seulement de l’actualité nationale, européenne, internationale, mais aussi qu’elle rende compte de l’actualité spécifiquement - j’insiste sur le « spécifiquement » - régionale. Dès lors on comprend mal, que-dis-je, on ne comprend pas du tout l’évitement à l’encontre de Martial Ménard. Bouderie de rédac’chef ? ou faute professionnelle, par le refus d’informer ? Il ne m’appartient pas d’en décider, mais le fait est là. Et il est grave, à mon sens. Certes, je ne suis pas naïf et j’entends encore la charge du « Canard » enchainé-déchaîné (« chadennet-dichadennet », comme on dirait en breton) à propos d’un certain dictionnaire monolingue (entendez « e brezhoneg penn-da-benn »). M’enfin, comme dirait Gaston… 
Bon, résumons. Si l’on retire le « R » de « PQR », que reste-t-il ?« PQ » ? Je ne voudrais pas être vulgaire, mais…c’est vrai que les journalistes parfois donnent des verges aux lecteurs (même occasionnels) pour se faire fouetter. Et plus grave, ils mettent en péril leur capital de sérieux et de confiance. Allez les gars, ressaisissez-vous et produisez-nous une pleine page (c’est un minimum, voire deux) bien documentée(s) sur Martial Ménard. Le bon vivant un tantinet rabelaisien, le travailleur acharné (en breton, on dit « ur marc’h-labour »), l’entrepreneur enthousiaste prêt à tous les risques, l’innovateur rare (comme on regrette les éditions An Here, les « Tintin en breton », les livres pour enfants, …) peut-être moins doué pour la gestion des affaires ? etc…Bon sang, vous connaissez la Bretagne ou pas ? Allez les gars du Télégramme de Brest, de Paris, ou de nulle part, faites votre boulot de journalistes, rachetez-vous une vertu, et parlez-nous de Martial Ménard ! Pour une fois que vous avez une grande figure dans votre périmètre, ce n’est pas si fréquent !
A-hend-all, ma n’eo ket ur vezh !

TY JEAN
Vendredi 16 septembre 2016

Oui, effectivement,tout petit article sur Martial, ce vendredi 15 dans la rubrique spered ar vro. Le responsable de la dite rubrique a fait ce qu'il pouvait sans doute. Une page entière le même jour concernant le Vendée Globe. Le business d'abord. La culture bretonne en dernier.C'est cela la Bretagne en 2016.

Lheritier Jakez
Vendredi 16 septembre 2016

Le Télégramme:pas d'édition en Loire Atlantique.Bien,pas bien ?Cela ne changerait rien !
Puisque le groupe Ouest France est en situation de monopole ici dans le 44,en contrôlant Presse Océan,des hebdomadaires,
des radios,on n'est pas à la fête;d'autant plus que les "partis et sectes républicaines françaises" manipulent et c'est ce que l'on appelle la "démocratie bouclée".
Pleins de dossiers Nazairiens sont ainsi rejetés ,par peur de déranger,les "élites locales" et de se faire interdire de conférences de presses et autres informations.
Essayer d'avoir par exemple:les bilans financiers de la base Nazie depuis sa réhabilitation par l'équipe Batteux,etc,depuis des décennies.Même des élus n'y arrivent pas!
Alors comment faire:
Des télévisions bretonnes libres comme lorsqu'on a lançé les radios libres fin des années 70 ?
Engager des procédures à Bruxelles ,à l'ONU,avec d'autres peuples de l'hexagone et d'Europe.
Que font les organisations bretonnes B5 au conseil Culturel de Bretagne,etc?
Quelles sont les entreprises de communications bretonnes capables de relever un tel défi ,pour informer les jeunes,nos familles,sans passer
par l'AFP,les médias Français complices de cette situation!

André Corlay
Mardi 20 septembre 2016

En tous cas, en tant que Breton militant, je sais ce que je ferais si j'étais un abonné à ce journal... mais avec lettre d'explication à l'appui, evel just !

Gilles Pennec
Vendredi 25 août 2017

Pour Hervé, vous faites erreur, ce n'est pas moi qui ait écrit cet article. Gilles Pennec

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