Le succès du webothon de l'ABP
Éditorial de Philippe Argouarch

Publié le 28/02/08 17:43 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le succès du webothon

Sans vouloir crier victoire trop tôt car tous les chèques promis ne sont pas encore arrivés, on peut dire que le webothon, le premier événement de ce type pour soutenir un site Web d'information, du moins en Bretagne, a été un succès. À ce sujet j'encourage tous ceux qui ont promis quelque chose à le faire au plus tôt. Il y a bien sûr un certain délai avec les associations qui doivent faire valider leur don par leur bureau. Cela explique que tous les dons reçus à ce jour sont des dons personnels. Il y a pourtant plus de 1000 associations accréditées sur ABP.

Je remercie donc tous ceux qui ont participé et ceux qui participeront. Je remercie aussi tous ceux, très nombreux, qui ont envoyé des messages d'encouragement. Les contributions qui viennent de toute la planète montrent bien que la diaspora bretonne lit l'ABP. Certains demandent : à quoi servira l'argent ? Principalement à acheter du matériel informatique et photographique et à financer un hébergement avec plus de capacités.

Pourquoi ABP n'est pas une entreprise ? Parce qu'il n'y a pas de business modèle pour les médias citoyens. Les recettes d'annonces publicitaires sur ABP ne seraient même pas suffisantes pour payer les impôts et taxes de toutes sortes qui accompagnent une activité commerciale.

Certains ont proposé de faire payer la newsletter. C'est vrai que si les 1200 abonnés payaient 10 euros tous les ans, ça ferait une recette HT de 12 000 euros par an. Assez pour couvrir tous les autres frais. Mais combien accepteraient de payer, même 10 euros ? Il y a une barrière psychologique virtuelle sur Internet. Personne ne veut payer quoi que ce soit dans le monde du free for all. Pour être juste, il faudrait alors mettre aussi les flux RSS payants et tout cela serait lourd et peu populaire à mon avis. L'information est trop importante pour qu'elle soit payante.

Et si ABP devenait la fondation ABP ?

Après 4 ans de réflexion et de tentatives diverses, je pense que l'ABP devrait devenir une fondation. Une fondation est une personne morale à but non-lucratif créée par un ou plusieurs donateurs, eux-mêmes pouvant être des personnes physiques ou morales, pour accomplir une œuvre d'intérêt général. Informer les Bretons sur leur culture, leurs langues, leur patrimoine et les enjeux politiques bretons au quotidien est certainement une œuvre d'intérêt général. Je rappelle qu'il n'existe aucun quotidien breton diffusé uniquement sur les 5 départements bretons, même pas sur les 4 de la région administrative. Encore moins une télévision, et encore moins une radio. Voir à ce sujet Le Livre Blanc de Bretagne Prospective qui vient de sortir.

Une fondation présente certains avantages. La fondation comme une association est sans but lucratif et n'a pas d'actionnaires. Par contre, une fondation n'est pas régie comme une association par la loi de 1901. Elle présente l'avantage d'être presque indestructible.

Peux-on créer une fondation en France ? Les règlements très stricts font que cette fondation ABP ne peut pas être basée en France. Agoravox, un média citoyen basé à Paris pense la même chose. Ils envisagent de la baser en Belgique. En France une fondation doit, pour exister, être reconnue d'utilité publique par le ministre de l'Intérieur lui-même, après avis favorable du Conseil d'État ! Comme verrouillage de la société civile, on peut difficilement faire mieux. À l'opposé, aux Pays-Bas, la création d'une fondation est une démarche entièrement privée où l'État n'a aucun mot à dire.

Les autres pays européens et les États-Unis sont de toute évidence, bien plus favorables à la création de fondations. D'après Wikipédia, il existerait aujourd'hui 62 000 fondations aux États-Unis qui investissent chaque année 3,6 milliards de dollars dans la culture ou des œuvres de charité... Wikipédia, le deuxième site le plus visité au monde, est une fondation.

Une solution serait que les personnes qui ont fait récemment un don de 500 euros ou plus, deviennent fondatrices de la fondation ABP (le nom n'est pas encore choisi). À noter que des associations peuvent aussi devenir membre fondateur.

Révision de la ligne éditoriale

La ligne éditoriale de l'ABP est basée depuis 2004 sur un algorithme qui hiérarchise les articles automatiquement. Ce système a plusieurs avantages. La subjectivité d'un rédacteur en chef ne rentre pas en cause et met définitivement ABP dans la philosophie du WEB 2.0. D'autre part, choisir les articles à la Une aurait nécessité un travail de rédacteur en chef à temps complet. Sans parler de tous les conflits obligatoirement engendrés par des choix éditoriaux.

Le rédacteur en chef virtuel de l'ABP est un algorithme qui construit la UNE principalement selon les clics de souris enregistrés lors de l'ouverture des articles ou communiqués. Au fil des années, l'algorithme a été perfectionné pour inclure d'autres facteurs comme le médian de tous les articles écrits par un auteur particulier, la longueur du texte et bientôt l'heure de publication.

D'un autre côté le rédacteur en chef virtuel pose des problèmes. Sur ABP cliquer c'est voter. Les gens votent donc avant de lire l'article. On ne lit pas un article forcément parce qu'il est intéressant. Certains recherchent sytématiquement la bêtise. D'autres rechercheraient des monstruosités. D'autres sont simplement curieux, c'est la nature humaine. Il y a donc un aspect tabloïd de l'ABP qui gêne à juste titre beaucoup de monde.

D'autres sites ont des systèmes plus objectifs où l'on vote pour ou contre un article... ABP pourrait essayer ce système. Il n'est pas parfait non plus puisque des groupes bien structurés peuvent faire des mailings pour encourager leurs membres à voter pour un article ou un autre, et que les auteurs (une nouvelle catégorie de contributions sur ABP, ouverte aux écrivains et journalistes professionnels), qui n'ont pas forcément de réseau, seraient désavantagés.

Certains voudraient que les communiqués ne soient jamais mélangés aux articles ABP. Les uns proposent que tous les communiqués des partis politiques soient exclus de la Une, d'autres, que tous les communiqués quels qu'ils soient, soient exclus de la UNE.

Je ne suis pas contre a priori, mais il faudrait bien plus de contributeurs et de correspondants pour rapporter l'actualité. Autrement, la UNE deviendrait l'exclusivité, la chasse gardée de 3 ou 4 correspondants, en plus de Bernard Le Nail, spécialiste de notre patrimoine et de moi-même. Cela serait déséquilibré. D'autant plus que l'ABP considére depuis le début un communiqué comme une actualité en soi.

ABP écoute vos suggestions. On peut organiser un vote sur le passage à une hiérarchisation par vote. On peut aussi revenir au simple déroulement chronologique.

En tout cas l'ABP continue.

Philippe Argouarch

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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