Essai sur le pouvoir régional
Essai sur le pouvoir régional © Montage : Stéphane Péan — Crédits photographiques : sources originales.

Au début des années 1970, Jean-Jacques Servan-Schreiber, figure du radicalisme réformateur de gauche et du fédéralisme européen, défend dans Le Pouvoir régional une véritable capacité de décision politique des régions. La modernité de sa pensée pourrait contribuer à remettre au cœur du débat la question de l’autonomie régionale et de l’avenir institutionnel de la Bretagne.

Jean-Jacques Servan-Schreiber défendait une conception ambitieuse du pouvoir régional, à contre-courant de la concentration du pouvoir sous la République gaullienne. Proche de Pierre Mendès France, dont il soutient l’action à travers la création de L’Express, cette figure du radicalisme réformateur de gauche et du fédéralisme européen porte une autre idée de la transformation démocratique de la République. Sa pensée pourrait-elle contribuer aujourd’hui à renouveler le débat sur l’autonomie de la Bretagne ?

En 1971, avec Le Pouvoir régional, JJSS ne pose pas seulement une question d’organisation administrative. Il interroge la répartition du pouvoir, la capacité des territoires à décider et les conditions d’une démocratie qui ne soit pas concentrée au sommet de l’État. À l’heure où les institutions régionales sont installées, mais où leur autonomie politique demeure limitée, cette réflexion mérite-t-elle d’être redécouverte ? Et pourquoi cette tradition réformatrice est-elle si peu présente dans les débats contemporains sur la décentralisation ?

Pour les régionalistes bretons, une autre question se pose : qu’est-ce qui fait une région politiquement constituée ? La Bretagne avait déjà engagé ce travail collectif avec le CELIB, qui a porté une vision commune de ses intérêts et de son avenir. JJSS cite par ailleurs Morvan Lebesque et sa « volonté d’être » pour évoquer la progression de l’identité régionale. Mais le pouvoir régional se construit-il uniquement à partir d’une conscience collective préexistante ? Le travail des élus, le débat politique, et la délibération au sein de nouvelles institutions démocratiques ne peuvent-ils pas, eux aussi, contribuer à la faire émerger et à la renforcer ? La modernité du pouvoir régional ne résiderait-elle pas dans la capacité des institutions et du débat démocratique à faire émerger un véritable sujet politique régional ?

Michel Rocard posait déjà, dans Décoloniser la province (1966), la question du rapport entre le centre et les territoires. Sans confondre leurs doctrines, peut-on rapprocher ces réflexions sur les méthodes de construction régionale ? Faut-il nécessairement appliquer partout le même modèle institutionnel, au même rythme, ou reconnaître la diversité des trajectoires territoriales ? Et comment passer d’une revendication d’autonomie à la construction concrète d’un pouvoir régional démocratique, responsable et doté de moyens d’action ?

La réforme territoriale de 2015 a redessiné les régions. Mais a-t-elle suscité un véritable débat démocratique sur leur construction et leur degré d’autonomie ? Pour la Bretagne, la question n’est donc pas seulement de savoir quelle place accorder à son histoire ou à sa singularité, mais quel pouvoir elle souhaite exercer, selon quelles règles et avec quelle articulation avec l’État et l’Europe. Le régionalisme peut-il aujourd’hui se renouveler en portant un projet civique et institutionnel, plutôt qu’en se limitant à l’affirmation et à la reconnaissance d’une identité culturelle ?

Ces questions sont au cœur de mon analyse « Le pouvoir régional : le retour du politique dans une République décentralisée ? », publiée dans Réveil des Territoires !.

À travers la trajectoire de Jean-Jacques Servan-Schreiber et les débats des années 1970, cet essai revient sur une tradition politique dont la modernité mérite d’être réexaminée.

« Le pouvoir régional se prend plus qu’il ne se décrète. » — Jean-Jacques Servan-Schreiber (1924-2006)

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Note : Cet article a été préparé avec l'assistance d'outils d'intelligence artificielle. Les informations, la vérification des faits et la version finale demeurent sous la responsabilité du journaliste ou du responsable de la communication de l'organisation.
Stéphane Péan

Initiateur du think tank Citoyen Breizh Civic Lab, anime la newsletter "Le réveil des territoires!" sur le réseau LinkedIn. En savoir plus