Le Parti Breton appelle à manifester à Guingamp pour que les Bretons gèrent eux-mêmes leur politique linguistique

-- Politique --

Communiqué de presse de Parti Breton
Porte-parole: Joannic Martin

Publié le 25/05/21 14:38 -- mis à jour le 26/05/21 10:37

Après la décision du Conseil Constitutionnel de rejeter notamment l’immersion linguistique, en tant que Président du Parti Breton et tête de liste « Bretagne Responsable » en Ille-et-Vilaine, j’appelle à participer massivement à la manifestation de Guingamp du samedi 29 mai 2021, à l’occasion de l’arrivée de la Redadeg.

Le Parti Breton salue le travail des acteurs parlementaires et de terrain qui avait permis cette loi, et en premier lieu Paul Molac son initiateur. Nous avons conscience que ces années de bataille ont demandé une grande énergie. La décision du Conseil Constitutionnel bafoue la démocratie et est à contrecourant de n’importe quelle démocratie du monde. Elle met à bas 50 ans d’avancée militante et met la langue en danger imminent de disparition. Mais cette conclusion ne nous a pas étonné. Elle n’étonne que ceux qui sous-estiment les Jacobins et croient encore que, en l’état actuel des choses, Paris peut nous être bienveillant.

Quant aux critiques envers Paul Molac, elles sont malvenues. Les jacobins veulent nous diviser, or nous avons besoin d’union et d’un cap. Aujourd’hui, nous ne devons pas nous tromper de combat ! Plusieurs listes appellent à se lancer dans une bataille politico-juridique pour changer l’article 2 de la Constitution utilisé par le Conseil Constitutionnel. Il a fallu des années de combat politique pour la loi Molac et elle a été sabordée en un mois… Combien en faudrait-il pour changer la Constitution ?

Le problème est bien plus vaste que LREM, c’est le jacobinisme qui imprègne la technostructure parisienne qui veut nous détruire. L’article 2 est gravé dans le marbre. Cette bataille serait vaine. Même si cet article était miraculeusement modifié, il nous faudrait tout recommencer et repartir sur une nouvelle loi Molac, des décrets d’application… Ne dépensons pas notre temps et notre énergie à vouloir changer les Jacobins !

Nos langues ne peuvent plus attendre, c’est maintenant qu’il faut les sauver. Faisons confiance au peuple breton, c’est en son sein que se trouve la solution. Quand les candidats de la liste « Bretagne Responsable » siègeront au Conseil régional, ils se battront pour que la Bretagne obtienne un statut particulier et pour la Bretagne soit RESPONSABLE de sa politique linguistique. Cela ne se fera qu’au prix d’un rapport de force politique avec l’Etat, car c’est le seul langage qu’il comprend.

Battons-nous pour donner à nos langues la place qu’elles méritent !

Mathieu Guihard, Président du Parti Breton

Tête de liste 35 « Bretagne Responsable »

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Vos 1 commentaires
Naon-e-dad
Mardi 25 mai 2021

Sous réserve de la légitimité et de l’avis émis par le « Conseil Constitutionnel » - un Conseil n’est qu’un cénacle formé pour émettre un avis consultatif, par définition – si du moins l’on raisonne selon le vocabulaire de la langue française – , si donc cet avis est opérant d’un point de vue législatif – aux juristes et constitutionnalistes de le démontrer, ce qui implique que cette affaire fasse l’objet d’un débat public, et donc qu’elle transparaisse avec sérieux et compétence dans les médias spécialisés et grand public – bref sous réserve que ce qui vient d’être annoncé, presque sous le manteau et comme en cachette, soit un événement. Alors, il s’agirait d’un événement de nature politique et de première grandeur. Une sorte d’explosion nucléaire dans le paysage social, politique, juridique, un ébranlement, une fissuration de tout le projet sociétal en France, projet dont on sait qu’il est cacophonique, malmené, et peine à émerger, en France, tout au long de ces dernières années.
Pour ce qui concerne la Bretagne au moins – et sans doute pour les autres régions concernées, mais je n’ai pas qualité pour en apprécier - il s’agirait d’un traumatisme majeur. Un traumatisme collectif, reconnu ou pire silencieux.
Un nouveau traumatisme qui intervient alors que l’on parvient à peine et tout doucement, à l’échelle d’une population et des décennies, et d’abord à la faveur des initiatives linguistiques (dont l’enseignement de la langue est une clef de voûte), à entrer en résilience. Par rapport à quoi ? Par rapport à ce traumatisme initial que fut la rupture linguistique, orchestrée de longue date, et qui a culminé durant la décennie 1950.
Quand l’on se trouve confronté à ce genre de réalité – profondément inégalitaire, notons le au passage – il est impossible de prévoir quoi que ce soit quant aux conséquences et effets à moyen ou long terme.
Dans l’immédiat, il me semble que tout le monde est encore sous l’effet de la sidération. Assommé par le désespoir sociétal auquel une bande de brigands – un « quarteron » aurait dit le Général de Gaulle, en son temps - veulent nous assigner.
Un intervenant (université de Grenoble), déniché sur le net, et spécialiste de l’«intelligence émotionnelle » fait part dans une conférence donnée devant de futurs cadres en entreprise, des mécanismes psychologiques mis en œuvre dans tout choc émotionnel. Selon lui, il est nécessaire et salutaire de parler dans un délai assez limité et précis (trois semaines). Cela en raison des mécanismes du cerveau, selon les connaissances actuelles. Car il s’agit de retrouver du dynamisme et de la force de vie.
Dans un pays où l’on est volontiers « taiseux », parfois abusivement, et surtout quand il s’agit de choses graves, il me semble important de prendre acte du choc et de se préparer, aussi bien individuellement que collectivement, à absorber ce choc, pour mieux y réagir. Car il y aura une réaction. Forcément.
C’est pourquoi, la manifestation annoncée à l’arrivée de la Redadeg 2021, à Gwengamp, pourrait être singulièrement salutaire pour beaucoup. Une occasion de se retrouver, d’échanger, de vérifier son ressenti par rapport à celui des autres.
La langue bretonne continuera, j’en suis convaincu. L’enjeu est bien qu’elle soit accessible à tous ceux, plus nombreux qu’on ne le dit, qui le souhaitent ou qui en rêvent.
Er vanifestadeg-se e vin, me ivez, anat deoc’h !

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