Le grand retour des bonnets rouges, c'est le 7 ou le 14 juin

-- Economie --

Dépêche
Par Christian Rogel

Publié le 24/05/14 1:30 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Beaucoup se demandaient ce qu'était devenu le mouvement des Bonnets rouges, mais, celui-ci annonce toujours ses actions de masse et les exécute dans le temps prévu. On les avait quittés le 8 mars avec l'annonce d'un « printemps chaud » et la demande au président de la République de venir en Bretagne pour les écouter en direct. Ils s'étaient montrés le 19 avril, à Nantes, pour appuyer la revendication permanente de la réunification de la Bretagne, mais ils n'étaient pas les organisateurs du grand défilé de 10 000 personnes (Bretagne réunie et 44=Breizh).

Le 23 mai, à Concarneau, une réunion inter-comités du Finistère, en présence de Valérie Bescond, membre du collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » et référente pour la pêche, a déterminé que le samedi 14 juin sera le jour approprié pour un rassemblement de masse, en un lieu encore à confirmer (autorisations).

NOTE (24/05 - 17 h) C'est au milieu de la semaine que le Collectif VDTB décidera une date entre le 7 et le 14 juin et un lieu qui reste à définir.

Il s'agira d'un défilé sans violence pour lequel il sera demandé à chaque bonnet rouge d'être comme un membre du service d'ordre.

Plusieurs difficultés économiques, se traduisant par des pertes d'emploi vont devenir encore plus visibles en Bretagne :

- Pêche en mer qui vient de connaître l'impossibilité de sortir cet hiver (tempêtes), conjuguées aux crises de la sardine et de la langoustine, le tout aggravé par une législation folle

- Chute de la filière viande bovine

- Chute de la filière laitière, car le prix du lait à la tonne est inférieur au prix du soja qui sert à nourrir les vaches

- Menace immédiate sur les 370 emplois de Tilly-Sabco (poulet), à Guerlesquin

- Marasme du transport routier qui s'opposera, avec l'aide de tous, à toute tentative de rendre payantes les routes de Bretagne, sachant que le vrai projet, bien caché, concerne tous les véhicules à quatre roues

- Marasme de l'artisanat et du commerce étranglés par la crise, aggravée par les charges et la gestion inepte du régime social des indépendants (RSI)

Les Bonnets rouges sonnent donc le tocsin pour appeler à la mobilisation générale de toutes les personnes concernées et réitèrent leur invitation à François Hollande à venir lui-même en Bretagne, sans se défausser sur le Premier Ministre.

On peut citer un bon mot d'un agriculteur, représentatif de l'esprit des Bonnets rouges : «Les Bretons sont comme les abeilles, si on les enfume, quand elles se réveillent, elles piquent dans tous les sens.»

Cette réunion des comités locaux a rassemblé 7 comités de tout le Finistère et, comme d'habitude, une grande diversité de professions (exploitant agricole, docker, postier, pêcheur, employé, petit entrepreneur...) et a accueilli un membre d'un parti national, venu s'informer et participer à la discussion.

Les comités des Bonnets rouges vont chercher à réunir un large éventail d'organisations professionnelles, indépendamment des divergences habituelles. Par ailleurs, le Collectif va se restructurer et sera plus de transparent comme demandé par beaucoup de Bonnets rouges.

L'assemblée a été informée de la catastrophe qui s'est passée dans les ports du Pays bigouden, quand le prix de la sardine a chuté à 5 centimes le kilo le 19 mai. Des mesures d'autolimitation (3 tonnes par bateau) ont permis de faire remonter un peu le prix. Les pêcheurs salariés (mais, pas, les artisans) ont reçu deux mois d'indemnisation pour l'hiver et un hommage a été rendu au travail de qualité fourni par les Affaires maritimes locales. Les professionnels salariés terrestres touchés n'ont reçu qu'un mois.

La situation est très grave dans le secteur de l'élevage, car le prix du lait reste anormalement bas et l'élevage des bovins court au désastre, d'autant que les compétences en génétique ont été bradées à des pays du Sud de l'Europe.

Le projet de remonter l'abattage des porcs, dans l'usine Gad, à Lampaul-Guimiliau est viable, car c'est le seul endroit possible dans la zone d'élevage porcin la plus dense de Bretagne, Josselin et Quimperlé étant trop loin pour maintenir la bonne santé des animaux à abattre. Il est important pour Landivisiau et sa région de remettre en route cette activité.

Une autre réunion inter-comités se tiendra le 1er juin, à Locunolé (près de Quimperlé).

Christian Rogel

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