Le député de Quimper, Urvoas, fin tacticien ou contorsionniste assumé ?

-- Politique --

Point de vue
Par Christian Rogel

Publié le 21/11/14 0:46 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Jean-Jacques Urvoas est « le plus gradé » des députés bretons, car il préside la Commission des lois d l'Assemblée nationale. Ce genre d'honneur peut aussi avoir sa face cachée.

Le 18 juillet dernier, il s'était prudemment abstenu de paraître, lors du scrutin qui avait montré l'esprit godillot des députés socialistes bretons, car les présents avaient majoritairement voté la carte indigne présentée par le gouvernement (voir notre article) .

Lors d'une réunion publique, à Pluguffan, le 19 septembre, il avait donné une explication du fait qu'il n'avait pas réclamé publiquement la réunification de la Bretagne, dont il s'était dit auparavant le chantre : rester à 4 était mieux et avait toute chance de ne plus bouger, car la deuxième lecture ne modifie la première qu'à la marge. Il avouait s'être trouvé en face des députés de toute la France qui voulaient marier de force la Bretagne avec les Pays-de-la-Loire. Il n'avait pas précisé dans quelles circonstances, c'était arrivé, mais, il ne pouvait que s'agir que du débat en commission des lois (voir notre article).

Aujourd'hui, 20 novembre, nombre de Bretons qui suivent cette grave question découvrent qu'il n'a pas voté l'amendement Molac-De Rugy qui proposait en deuxième lecture de réunifier la Bretagne.

L'explication est simple : chaque amendement doit « recevoir l'avis conforme » de une ou deux commissions et on peut en déduire qu'il a été mis en minorité dans sa propre commission. C'est là que la mécanique humaine prend le pas sur la politique. Soutenir un amendement rejeté par sa commission n'est pas ce qu'on attend d'un président, car, il peut y perdre son autorité. Il a donc mis ses pas dans ceux de l'homme politique, Ledru-Rollin, qui aurait dit « il faut bien que je les suive, puisque je suis leur chef ». C'est le grand malentendu qui mine la crédibilité des politiques : on ne sait plus au nom de qui ou de quoi ils parlent.

Jean-Jacques Urvoas a essayé de maintenir une ligne politique que nombre de ses mandants approuvent, mais, il a été broyé par la machine parlementaire qui ne tolère pas les « francs-tireurs ».

Vu de l'extérieur, il passe pour un contorsionniste et en paiera le prix par une défaite électorale, comme beaucoup de socialistes bretons.

Christian Rogel

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