Le coronavirus menace-t-il les festivals d'été bretons ?

-- Bio Santé --

Chronique
Par Philippe Argouarch

Publié le 2/03/20 10:12 -- mis à jour le 04/03/20 15:02

Pour le moment non puisque que seuls les rassemblements en milieu confiné de plus de 5 000 personnes sont interdits comme décidé samedi 29 février par le ministre de la Santé Olivier Véran. La Bretagne n'a pas de salles pouvant accueillir plus de 5 000 personnes (assises). Elles sont presque toutes à Paris, sauf une à Lille et une autre à Bordeaux. Le Zénith de Nantes est en dessous de la barre avec 4900 places assises. La Nuit de La Bretagne, programmée samedi prochain 7 mars à Paris La Défense Arena, est officiellement annulée.

Par contre des rassemblements en plein air peuvent aussi être interdits dans les zones contaminées surtout s'ils ont une affluence internationale. Donc les festivals bretons comme les Vieilles Charrues ou le Hellfest sont concernés sans parler du Festival Interceltique de Lorient.

Ce qui est inquiétant n'est pas tant le nombre de cas de contaminations connus mais la courbe de progression. Ainsi sur les 5 départements bretons, le nombre de personnes diagnostiquées contaminées par le coronavirus double en gros toutes les 72 heures. De 2 personnes contaminées le 27 février nous en sommes à 14 déclarées le 1er mars au soir (Finistère :2, Ille-et-Vilaine :2, Côte-d'Armor :0, Morbihan :9, Loire-Atlantique :1) . Hier un foyer de coronavirus a été mis au jour dans la zone d'Auray, Carnac et Crac’h avec 9 cas diagnostiqués. 

Le virus passera-t-il l'hiver ?

Certains affirment que le coronavirus est comme les virus de la grippe. Il disparaîtra en été car il n'aimerait pas la chaleur. Ce n'est certain du tout. Rien ne le prouve pour le moment même si peu de cas sont rapportés en Afrique équatoriale. Le virus est arrivé au Nigéria via un ingénieur venu d'Italie et son entourage a été mis en quarantaine. Les services de santé des pays africains ne sont pas, le plus souvent, équipés pour diagnostiquer ce virus. Il est probable que de nombreux malades existent mais ne sont pas diagnostiqués ou même pris en charge faute de moyens. En tous cas, l'Afrique n'est pas épargnée puisque le virus est arrivé en Bretagne à Brest par un couple de Bretons revenant d'une croisière sur le Nil.

L'impact économique

Le coronavirus n'est pas mortel dans la plupart des cas. Rien à voir avec la pandémie du virus de la grippe espagnole qui aurait tué entre 50 et 100 millions de personnes en 1918 à travers le monde. La grippe tue toujours 500 000 personnes tous les ans. Chaque année 15 millions de personnes sont tuées par des virus autres que le coronavirus. La variole aurait tué 500 millions de personnes au XXe siècle. Le virus de l'hépatite B tue 700 000 personnes par an. L'hépatite C en tue 350 000. Le virus Ebola est fatal dans 90% des cas.

Alors quoi ? Ce qui est nouveau avec le coronavirus c'est sa rapidité de propagation via les contacts tactiles ou aériens. Ses impacts sur l'économie d'un pays sont potentiellement bien plus graves que ses conséquences sur la santé.

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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