Le commissaire Dupin refuse de retourner à Paris, il se plaît trop en Bretagne

-- Cultures --

Le romancier est allemand, la série TV a été réalisée en Allemagne, les acteurs sont Allemands mais jouent des personnages bretons car tout se passe en Bretagne dans les endroits les plus sublimes. Les six romans et la série TV qui a suivi ont bénéficié en Allemagne d'une popularité exceptionnelle. La Bretagne était déjà une destination de vacances pour beaucoup d'Allemands, elle l'est devenue encore plus.

Le commissaire Dupin au coeur de ces polars bretons, lui, est parisien comme sa petite amie. Il a été muté à Concarneau suite à une faute professionnelle lorsqu'il travaillait en région parisienne. Les lecteurs ou spectateurs découvrent donc la Bretagne avec lui. L'Ankou y est bien sûr très présent car il y a toujours plusieurs cadavres, mais aussi les légendes, les racines celtiques, les traditions et la politique locale où même des autonomistes font parfois partie du décor ou des personnages.

La version de France3, doublée en français, diffusée tous les dimanches soirs depuis le mois de juin, s'est terminée dimanche, du moins pour la première saison de six épisodes. Si les personnages joués par des acteurs allemands ne sont pas toujours très authentiques, les enquêtes de Dupin sont à suspense et bien construites. Mais pas que.

Ce qui fait plaisir c'est qu'on voit pour une fois du cinéma dépourvu de tous les stéréotypes habituels du Parisien au pays des Ploucs. C'est même souvent les Ploucs, la secrétaire de Dupin Nolwenn, très brillante, et les deux assistants bretons, qui apprennent les nuances bretonnes au commissaire. La vision européenne de la Bretagne vue par l'écrivain Jean-Luc Bannalec (de son vrai nom Jörg Bong, un éditeur et écrivain allemand qui passe tous ses étés en Bretagne depuis 20 ans) est rafraîchissante. Tout ce qu'il y a de plus positive. Avec une mer omniprésente, nourricière d'entreprises et de loisirs nautiques sous un ciel très souvent bleu que la météo de cet été ne fera pas mentir. Même si Dupin n'aime pas les fruits de mer, il aime cette Bretagne. Il ne retourne jamais à Paris, c'est sa petite amie qui fait le déplacement. Elle finit même par trouver du travail à Concarneau. Dans le dernier épisode «La morte rose», ils partent en vacances ensemble. Où ça ? A Ploumanac'h. Oui en Bretagne. Pourquoi partir ailleurs ?

Pendant ce temps Jean-Luc Bannalec vient de sortir une nouvelle aventure du célèbre commissaire, Bretonische Geheimnisse Secrets Bretons (*), ça se passe en forêt de Brocéliande. Une chose assez extraordinaire a lieu : Paris redemande les services du commissaire mais celui-ci se débrouille pour ne pas répondre. Il se plaît trop en Bretagne !

(*) tous les titres allemands ont le mot Bretonische, breton, mais le mot disparaît dans les titres français.

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philippe argouarch est un reporter multi-média abp pour la cornouaille. il a lancé abp en octobre 2003. auparavant il a été le webmaster de l'international herald tribune à paris et avant ça, un des trois webmasters de la wells fargo bank à san francisco. il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de stanford. (voir le site) et (voir le site)

Vos commentaires :

Jacques
Vendredi 27 juillet 2018

Oui, le succès en Allemagne de ces romans sur fond de Bretagne est réellement impressionnant.

Mais bon, on ne s'étonnerait pas d'un succès sur fond d'Irlande... or la Bretagne (mis à part son complexe actuel sur son identité) fait parti des pays qui séduisent... et cela ne date pas d'hier...il suffit pour cela de se souvenir que la légende occidentale la plus connue au monde est bretonne, la 2ème également... (un autre auteur allemand ayant sur la base de la 2ème fait l'un des opéra parmi les plus célèbre... enfin, je dis ça mais je doute qu'une majorité de Bretons entrevoient la légende à laquelle je fais référence... la percevant peut-être et suite à cet opéra comme allemande comme je parfois entendu...)

Une chose est sûre, cet écrivain allemand semble avoir moins de complexe avec la Bretagne que les Bretons eux-même...

Et le fait que le mot ''breton' disparaisse des titres est révélateur d'un irrespect (franco-breton) envers nous qui nous convient finalement très bien... n'oublions pas que notre chouchou politique nous qualifie de ''mafia'' et de ''dépassé'', c'est dire où nous en sommes...

J'ose seulement espérer que les très nombreux lecteurs venant en Bretagne pour revivre les passages de ces romans ne sont pas trop déçu par les Bretons qu'ils rencontrent... (faut ce rendre compte qu'en Allemagne ces romans font bien plus en terme de communication touristique que les campagnes de publicité...)

Et en espérant également que les années passant, la Bretagne ne devienne pas plus agréable à vivre dans les livres que dans sa réalité...

Helmerand
Vendredi 27 juillet 2018

"Il a été muté à Concarneau suite à une faute professionnelle lorsqu'il travaillait en région parisienne"

Point hautement irréaliste car la Bretagne est quasi un Saint-Graal dans la fonction publique française, encore plus les zones touristiques comme Concarneau.

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