
Le poète chanteur, auteur-compositeur et musicien breton Melaine Favennec est décédé, laissant la Bretagne orpheline de l'une de ses voix les plus singulières.
Le poète chanteur, auteur-compositeur et musicien breton Melaine Favennec est décédé, laissant la Bretagne orpheline de l'une de ses voix les plus singulières.
Né à Quimperlé en 1950, Melaine Favennec avait marqué la scène musicale bretonne dès les années 1970, notamment comme membre du groupe Diaouled ar Menez avant de participer à la création de la coopérative Névénoé. Il avait ensuite mené une longue carrière personnelle, mêlant chanson, musique traditionnelle et créations pour le théâtre et le cinéma.
La tradition, comme la Bretagne, sont transmises d'abord par des gens qui rêvent. -Melaine Favennec
Artiste libre et profondément attaché à la Bretagne, il avait signé plusieurs albums devenus des références et continuait de se produire sur scène, notamment avec le trio EDF (Patrick Ewen, Gérard Delahaye et Mélaine Favennec ). Son œuvre, nourrie de poésie, d'humanisme et d'influences celtiques, a inspiré plusieurs générations de musiciens bretons.
« Si on parle de poésie, on se retrouve devant une machine à fabriquer du rêve, de la contemplation, de l'émerveillement, du trouble. » — Melaine Favennec
L'ensemble de la rédaction d'Agence Bretagne Presse adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l'ont accompagné au cours de sa carrière.
Commentaires (10)
RIP mon ami, je t'ai suivi tant de fois, avec tes compères !! Tu resteras dans nos pensées comme phare de notre culture, jamais assagie !!
À chaque séjour en Bretagne, je me suis débrouillé pour assister à un concert de Melaine et le saluer. Un chanteur qu’on n'oublie pas, un homme de cœur et de convictions. Un départ qui me rend triste.
Lui aussi ! Je suis fatigué de les voir tous partir, presque sans bruit, les uns après les autres. Même si je sais, de bonne source, que toute vie est perpétuelle, que le pays des Anaon n’est pas une invention culturelle... Qu’il faut donc de la patience pour supporter le provisoire de notre Terre ! Et goûter la finitude quotidienne en sachant qu’elle n’est qu’un tremplin... Chaque jour, je vais. Demain, je m’en irai. Jusqu’à ce grand jour d’éternelle continuité... où je verrai le présent. Comme un présent sans enchaînement. Sans chaîne, jamais plus. J’irai avec le chemin. Mont a rin gant an hent. D’indicible manière. Car tout ne peut pas être dit. Rak ne c’hell ket pep tra bezañ lâret.
C'est bien dit... Laret mat eo !
Très bel article. Je connaissais personnellement Melaine
J'ai fait la connaissance de Melaine début 70 alors qu'il étudiait la photo à Paris. Nous logions dans un foyer situé du côté de la Bastille, peuplé de jeunes étudiants et de jeunes travailleurs, tous issus de provinces. Il jouait alors de la guitare (12 cordes) et chantait pour nous. Il était mince et barbichu à l'époque, et c'était un bon pote. La vie nous a séparés, mais il y a quelques années, il m'avait envoyé une vidéo tournée autour de ses peintures de barques, me demandant ce que j'en pensais... Je suis très triste, car c'est toute une période de nos vies qui disparaît avec lui. Mes condoléances à sa famille et à ses proches. Salut le barde, tu t'es envolé vers d'autres aventures, mais tu seras toujours présent dans nos c(h)œurs. RIP Melaine.
C'était un véritable amoureux des mots, un transmetteur passionné, la langue française perd l'un de ses plus fervents chevaliers.
Kenavo dit, Mélaine, Tu viens de rejoindre le Grand Large avec ton talent et la simplicité qui m’ont touché. Barde et créateur de paysages, merci d’être passé parmi nous, de m’avoir accompagné dans ce Transocéan blues qui allait vers Brest. Et le train va sa vie... va sa vie.
Dans les années 70, un grand expérimentateur. Il m'avait étonné quand il avait chanté les chants de travail écossais durant un festival breton. Une vie bien remplie, mission accomplie, tu peux partir en paix, Melaine.
Un grand chanteur qui aurait mérité d'avoir la même renommée qu'un Scheller, Cabrel ou Souchon, pour prendre d'autres références plus "françaises" de sa génération. Mais Melaine était breton et c'est très bien ainsi. C'était mon dernier chanteur préféré encore en vie (Brel, Caradec, Glenmor sont partis il y a bien longtemps). J'avais eu l'occasion de prendre une bière avec lui après un concert à Louisfert, près de Châteaubriant. On avait échangé notamment sur sa fabuleuse chanson "Le scalpel de l'hiver" : souvenirs, émotions et tristesse.