Le breton arrive au musée de Pont-Aven
Dépêche de Philippe Argouarch

Publié le 9/08/17 21:14 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Après trois ans de travaux, le musée de Pont-Aven, avait réouvert ses portes en fanfare au mois d'avril 2016, pour devenir à juste titre un fleuron culturel breton de niveau international et une page de la mémoire collective autour de la célèbre école de peinture dite "école de Pont-Aven".

Pourtant il manquait quelque chose à cette mémoire : la langue bretonne que parlaient les paysannes que Paul Gauguin avait peintes dans toutes leur rondeurs et leur fraîcheur sous des costumes colorés et des coiffes de dentelles.

Notre confrère, Jacques-Yves Le Touze, avait signalé l'oubli regrettable ( voir l'article ). Il écrivait "Mais la visite de ce nouveau musée fait sauter aux yeux un vrai scandale : l'absence totale de la langue bretonne. Alors que tout est bilingue français - anglais, pas un mot, rien, en langue bretonne, netra. C'est absolument sidérant. Comment peut-on de nos jours concevoir un tel équipement sans y intégrer la langue bretonne ? Pas de textes en breton, pas d'audio-guides en breton, pas de dépliants en breton..".

Le 26 avril 2016, l'association Pregomp Asambles, une association de Moëlan-sur-Mer, qui enseigne et se bat pour la promotion du breton avait même organisé un cours de breton sauvage dans le tout nouveau jardin du musée. Une délégation avait été reçue par une élue, Laetitia Boidin, élue chargée de la culture à Concarneau et à la Communauté d'agglomération.

Laetitia Boidin et Benoît Bellec, directeur général des services, s'étaient alors engagés, lors d'une conférence de presse devant caméras et journalistes de France Bleu et Fanny Chauffin de l'ABP, à remédier à cette lacune ( voir l'article ).

Un an plus tard, en mars 2017, un grand pas est franchi puisque Concarneau Cornouaille Agglomération a signé la charte Ya d’ar brezhoneg

Finalement, depuis le 3 août, des audioguides sont désormais offerts en breton. La voix bretonne, claire et précise, n'est autre que celle de Claude Nadeau, une professionnelle de la radio. Arrivée du Québec il y a 15 ans, Claude Nadeau a réussi à maîtriser la langue bretonne en quelques années seulement. Les autres langues disponibles sont : le français, l'anglais, l'allemand, l'italien, l'espagnol, le japonais et le chinois.

Philippe Argouarch

Document PDF 42836-2017_8_3_cp_audioguides.pdf Audioguides en breton. Source : Musée de Pont-Aven
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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 2 commentaires
Michèle Le Bras
2017-08-09 22:08:34
Je me félicite que le Musée de Pont-Aven ait intégré la langue bretonne. Mais pourquoi utilisez-vous la photo de Bécassine pour le symboliser ? Avez-vous connaissance de l'image de la bonne bretonne inculte et un peu idiote qu'elle représente ? Je suis très triste de voir maintenant cette "bécassine" vendue comme souvenir de Bretagne. A mon avis, c'est faire injure aux milliers de jeunes bretonnes, parties très jeunes vers 14 ans, pour des raisons économiques, au début du XXème siècle comme "bonnes" dans des familles bourgeoises de Paris ou d'ailleurs et qui avaient bien sûr des difficultés à communiquer en Français. Ma grand-mère en faisait partie.
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Alan
2017-08-12 09:03:21
S'ils pouvaient aussi rectifier la carte de Bretagne à quatre départements qui occupe tout un mur avec les dates des mouvements picturaux. Ces dates s'arrêtent en 1937, ce qui ne les a pas empêché d'avoir enlevé la Loire Inférieure.
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