Le boom de l'industrie des composites en Bretagne
Enquete de Philippe Argouarch

Publié le 18/02/12 13:14 -- mis à jour le 00/00/00 00:00
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Photo site Multiplast

Le savoir-faire breton avec les matériaux composites, la fibre de verre et la fibre de carbone pour les constructions navales monocoques et multicoques commence à migrer vers d'autres secteurs économiques et à y porter ses fruits, que cela soit dans la carrosserie automobile, dans l'aérospatiale ou dans l'industrie en général.


A Saint-Méloir-des-Ondes (35), Sotira 35 fabrique les panneaux carbones qui servent pour les carrosseries de la voiture électrique Roadster de Tesla Motors en Californie.

Multiplast à Vannes, spécialisée dans les matériaux composites et la fibre de carbone, s'est d'abord distinguée dans la construction de bateaux de course mais en 2011 a décidé de s'ouvrir à d'autres secteurs économiques, dont la fabrication de pièces en carbone pour l'industrie. En 2011 cette entreprise avait déjà livré deux antennes paraboliques pour Zodiac Aérospace. Elle vient de signer à nouveau pour deux nouvelles antennes pour le même client. Multiplast travaille aussi pour Airbus.

On peut aussi citer Barberet Composites à Le Rheu (35), qui fabrique des pièces en résine de polyester et composite. L'entreprise travaille en particulier pour la carrosserie automobile et l'industrie nautique.

Aéroforme à Saint-Hilaire-de-Chaléons (44) est spécialisée dans l'étude et la fabrication de pièces techniques, petites et moyennes séries, en matériaux composites de hautes performances. Cette entreprise travaille aussi pour Airbus.

NCD Composites à Brest, est un bureau de conseil indépendant spécialisé dans le domaine des matériaux polymères et composites. NCD apporte son expertise technique à divers secteurs d'activités : construction navale, éolien, biens d'équipements.

On pourrait aussi citer Latitude 180 à Herbignac (44), ID composite à Saint-Brieuc, High modulus à Vannes, Composite Distribution à Orvault (44), OJC Composites à Hennebont (56), Ouest Composites à Auray (56), Polybrez à Saint-Benoît-des-Ondes (35), Polyecim Composites à Trignac (44), Sicomim à Plonéour-Lanvern (29) ou Yorc Industrie à Arzal (56).

La bonne nouvelle c'est que l'équipementier aéronautique Daher vient d'inaugurer une nouvelle usine de 20.000 m² à Saint-Aignan-de-Grandlieu (44). Il y a déjà 250 salariés mais 400 employés sont prévus. Cette usine fabrique des pièces en matériaux composites pour l'usine voisine Airbus.

L'importance de l'industrie des matériaux composites en Bretagne est mal quantifiée car c'est un nouveau secteur transversal qui touche aux classifications traditionnelles des constructions navales, de l'aérospatiale et de l'automobile. Hormis le pôle de compétitivité EMC² à Bouguenais (44), spécialisé dans les grands ensembles composites et métalliques (voir le site) aucun autre pôle de compétitivité n'a été créé pour dynamiser cette nouvelle industrie bretonne et les estimations de chiffre d'affaire sont sur une région administrative Bretagne à 4 départements uniquement alors qu'il est évident que ce boom breton de l'industrie des composites est sur les 5 départements.

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
Vos 3 commentaires
Yann LeBleiz
2012-02-19 21:45:35
Merci pour cette article qui pour une fois, montre qu'en Bretagne nous ne sommes pas que des champions du cochon et de la patate!
Même si vous avez évoqué DAHER et EMC², Vous auriez pu ajouter clairement Airbus et Aérolia! Dont le manque de défence du "Made in Brittany", les met sous la menace de la première restructuration (française)!
Les Français ne se gènent pas pour qualifier Saint-Nazaire, de pôle "français", tout en retirant consciencieusement toute référence à la Bretagne!
Même, si les PME sont l'avenir de notre économie, il nous faut défendre aussi les groupes européens ou américains implantés en Bretagne.
Nous pourrions lancer le concours au premier qui parviendra à mettre un Gwenn ha Du sur le cockpit d'un Aibus, pour rappeler la nationalité des ouvriers et ingénieurs qui réalisent ces merveilles de technologie!
A noter que la revue française "Photoniques" fait ce mois-ci un Zoom sur l'industie de l'optique et des lasers en Bretagne!
(voir le site)
J'espère que nous aurons d'autres articles de cette lignée!
Tugarez bras!
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Ar Vran
2012-02-20 11:54:40
Effectivement, cela me rassure qu\'il existe en Bretagne autre chose que le cochon et les patates.
Avec la disparition d\'Armor Magazine (seul périodique qui pouvait faire ce type d\'inventaire), il n\'existe maintenant plus de journal papier en Bretagne qui parle de l\'excellence de la Bretagne en dehors de l\'agroalimentaire (ce n\'est pas la PQR actuelle qui reprendra le flambeau !!!). Donc, oui, ce type d\'articles est important s\'il peut faire comprendre aux Bretons que finalement ils ne sont pas si nuls....
En outre, afin de pouvoir réellement évaluer la conscience nationaliste bretonne et son intérêt dans l\'économie de la Bretagne, sait-on si ces entreprises basées en Bretagne communiquent sur le fait d\'être avant tout bretonne et non simplement française (je parle bien sûr des entreprises dont le siège est basé en Bretagne et non des sites de groupes basés en France). Y voient-elles d\'ailleurs une plus value ? Sinon, pourquoi ? et comment y arriver pour que ces entreprises soient fières d\'afficher leur bretonnitude !!!
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Danièle FLOC'HLAY
2012-02-22 10:11:43
Je plaide pour le concept
MADE IN BREIZH pour toute innovation réalisée en Bretagne. Concept précis positionnant clairement la Bretagne.
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ANTI-SPAM : Combien font 3 multiplié par 8 ?
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